AU FIL DES HOMELIES

Photos

L’UNITE DU PÈRE ET DU FILS

Dn 3, 13-20+46-52+91-92+95 ; Jn 10, 17-39

Jeudi de la cinquième semaine de carême – B

(6 avril 2006)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

D

e jour en jour, la tension ne cesse de croître entre Jésus et les chefs du peuple, les princes des prêtres qui l’entourent et qui le harcèlent. Le passage de l’évangile que nous venons de lire fait allusion à la guérison de l’aveugle-né que nous lisions il y a deux dimanches, fait allusion aussi à ce moment où Jésus se proclame le bon pasteur, celui que les brebis connaissent et qu’elles suivent. Dans le texte d’aujourd’hui, deux éléments majeurs viennent s’ajouter à cette discussion de Jésus avec les juifs.

D’abord, il affirme hautement que sa passion, sa mort, sa résurrection, il ne va pas seulement les subir de la part de ses bourreaux, de la part de ses ennemis, mais c’est librement qu’il s’avance vers la mort. C’est pour cela que le Père lui donne tout son amour. "Ma vie, personne ne me l’enlève, je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de donner ma vie et le pouvoir de la reprendre ». Jésus s’offre librement en sacrifice par amour pour le Père et par amour pour nous, et c’est pourquoi il a le pouvoir aussi de sortir vainqueur de ce sacrifice, pouvoir de reprendre la vie. Il est lui-même principe de sa propre résurrection.

Le deuxième élément qui sous-tend cette affirmation et qui sous-tend toutes les affirmations de Jésus et qui suscitent la haine des juifs, et qui vont de plus en plus approfondir le fossé entre lui et eux, c’est l’affirmation de son union avec le Père." Personne ne peut arracher les brebis de ma main" dit Jésus, et immédiatement après il ajoute : "Personne ne peut arracher les brebis de la main du Père". Autrement dit, la main du Fils et la main du Père, c’est la même chose. C’est pourquoi saint Irénée nous dira que Jésus est lui-même la main du Père. C’est par Jésus que le Père se manifeste, c’est par Jésus que le Père a créé le monde, c’est par Jésus que le Père nous sauve. Et la phrase qui vient sceller toutes ces affirmations de Jésus : "Le Père et moi, nous sommes un". Affirmation la plus profonde, la plus décisive de la divinité du Christ : il ne fait qu’un avec le Père. Les juifs comprennent très bien, ils apportent des pierres pour le lapider. Ce sera le motif le plus profond de la mort de Jésus : cet homme a prétendu qu’il était Dieu, il s’est fait "un" avec Dieu.

Désormais, il n’y a pas d’accord possible. Les juifs considèrent que cette affirmation du Christ est un blasphème, il est un homme qui se prétend Dieu, mais c’est le fondement de toute notre foi : il est Dieu qui s’est révélé comme homme afin de nous conduire jusqu’au Père.

Frères et sœurs, le mystère de la Pâque du Christ est en train de se nouer, et nous allons de nouveau faire mémoire de ce mystère, nous allons le revivre sacramentellement pendant cette semaine sainte qui va s’ouvrir. Que nous comprenions toute la profondeur de cet événement, le Christ meurt parce qu’il affirme son unité avec le Père. Nous croyons en lui, nous sommes sauvés par lui, par sa résurrection, parce qu’Il ne fait qu’un avec le Père.

 

AMEN


 

 

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public