AU FIL DES HOMELIES

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LA FEMME ADULTÈRE

Dn 13, 1-9+15-60 ; Jn 8, 2-11

Lundi de la cinquième semaine de Carême – C

(24 mars 1980)

Homélie du Frère José FABRE

S

 

i un jour il nous arrivait de nous décourager de nous-mêmes, devant notre péché, nos chutes, nos rechutes, s'il nous arrivait même de douter ou de désespérer du pardon de Dieu, ce serait le moment de nous souvenir de ce merveilleux jour où le Christ a pardonné à la femme adultère.

Comme nous l'avons entendu, c'est un procès en cinq tableaux pendant lesquels s'affrontent la grande tendresse de Jésus et la mesquinerie des hommes.

Comme premier tableau, on amène à Jésus une femme surprise en flagrant délit d'adultère. Et ils interrogent le Seigneur : "Pour toi, qu'en penses-tu ?" Pour nous c'est clair, selon Moïse, elle doit être lapidée.

Le second tableau. Silence. Le Seigneur joue avec le sable. Et pendant ce silence, qui est lourd, chacun attend. Et c'est dans ce silence qu'Il renvoie la balle à l'adversaire.

En effet, troisième tableau, c'est le désarroi chez ces accusateurs. Ils attendaient une réponse, quelle qu'elle soit, mais qui aurait fait tomber Jésus dans le piège. Ou Il était pour la lapidation et se mettait en marge de la foule qui attendait de Lui tant de tendresse et bonté, ou Il était contre le fait de lapider cette femme et se dressait contre la Loi de Moïse. Il faut absolument une réponse.

Quatrième tableau. Jésus les regarde. Ils sont là, devant Lui, les véritables adultères, eux qui font semblant d'aimer, mais qui ont perdu tout vrai amour, de Dieu et du prochain, eux qui ont rompu tant de fois l'alliance. Il les connaît ceux qui n'ont qu'une façade. Et Il leur dit : "Que celui qui se sent sans péché, la lapide le premier."

Et le dernier tableau, c'est Jésus seul, serein, lumineux. Il regarde avec ce regard calme cette femme humiliée, apeurée qui lève les yeux vers le Christ. "Moi non plus, je ne te condamne pas." J'allais presque dire que la dernière phrase est superflue. Car, ayant rencontré le regard du Christ, elle a très bien compris qu'il ne fallait plus qu'elle pèche. Elle n'en a même plus envie. Comme Zachée n'avait plus envie de voler. Comme Pierre était désireux de racheter son triple reniement. Cet épisode nous parle à un double titre.

Bien souvent c'est nous les accusateurs. Nous portons de faux jugements sur autrui. Nous condamnons, nous jugeons. Nous avons envie de lapider les autres avec des mots, des jugements rapides parfois même des calomnies ou des médisances. Nous avons envie de lapider le prochain avec notre regard, notre bouderie, notre mépris. Et chaque fois, il faut nous rappeler que, pour nous aussi la phrase a été dite. "Que celui qui se sent sans péché lui jette le premier la pierre."

Et puis parfois, nous sommes la coupable. Nous nous sentons pécheurs. Nous nous sentons adultères devant l'immense amour de Dieu. Nous avons rompu l'alliance. Nous ne sommes plus capables d'aimer le Seigneur et les autres. Et prêts à nous décourager, c'est le moment de nous rappeler que sur nous aussi la phrase a été dite : "Je ne te condamnerai pas."

Alors, au moment où nous allons rencontrer le Seigneur, dans la communion, ce Dieu d'amour et de tendresse, puisse-t-il porter sur nous son regard de pardon qui non seulement nous pardonne mais nous invite aussi à pardonner.

 

AMEN

 
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