AU FIL DES HOMELIES

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LA LIBERTÉ DES ENFANTS DE DIEU

Gn 18, 1-14 ; Jn 8, 31-46 a

Mardi de la cinquième semaine de carême – B

(22 mars 1994)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

A

travers ce débat très complexe de Jésus avec les juifs, apparaît une chose très importante pour notre vie, la question de la naissance de notre liberté.

Jésus parle à ses auditeurs et leur explique que c'est sa Parole qui les rend libres, que c'est ce qu'Il dit qui les fait accéder à un mode d'existence nouveau celui de la liberté des enfants de Dieu. Et Il en tire la conclusion : si on n'écoute pas cette Parole, si on ne vit pas selon ses paroles, on n'accède pas à la vérité et l'on n'accède pas à la liberté et l'on reste es­clave. Les juifs se rebellent contre cet enseignement en disant : de toute façon, pour vivre dans la liberté, il suffit d'être fils d'Abraham. "Nous avons Abraham pour père" donc nous ne sommes pas des esclaves, nous n'avons pas un statut d'esclave dans la maison du peuple d'Israël. Puisque nous sommes fils d'Abraham, nous avons la liberté, nous ne sommes pas esclaves. Et Jésus leur explique d'où vient en réalité la liberté d'Abraham.

La liberté d'Abraham vient elle aussi de l'obéissance à la Parole de Dieu, de la confiance dans la promesse. La liberté d'Abraham repose elle aussi sur le fait qu'il a "entendu la vérité", la vérité de la Promesse, et que cette vérité de la promesse l'a rendu libre. Et par conséquent Jésus dit : "Si vous voulez être fils d'Abraham, vous ne pouvez pas simplement vous réclamer de la génération charnelle d'Abraham, mais il faut que vous accomplissiez les œuvres de votre père Abraham et que donc vous écoutiez impé­rativement ma Parole". Et si vous n'écoutez pas ma Parole c'est que votre liberté n'est pas encore née et que vous êtes encore les fils du diable c'est-à-dire que vous êtes encore liés à l'esclavage du péché.

Cette manière dont Jésus propose à ses audi­teurs de méditer sur la genèse de leur liberté nous touche encore aujourd'hui au plus haut point. Quelles sont dans la vie de chacun d'entre nous, les racines de notre liberté ? Est-ce simplement notre attachement ou notre fierté, voire notre gloriole, dans des réalités de ce monde ? Est-ce que nous n'acquérons la liberté que parce nous avons du pouvoir ou du savoir ou de l'argent ? Est-ce que la liberté est le fruit des moyens mis en œuvre dans l'économie, dans la gestion des réalités de ce monde, une sorte d'agencement de soi ? Cette tentation-là, nous l'éprouvons à tout instant. La liberté des enfants de Dieu ne peut pas naître à partir uniquement des réalités de ce monde. Il faut qu'elle naisse d'En-Haut. C'est un "fil rouge" qui court tout au long de l'évangile de saint Jean, depuis le Prologue "ceux qui sont nés non pas de la chair et du sang mais de Dieu". Ensuite ceux qui naissent d'en haut comme Jésus le dit à Nicodème qui vient le voir de nuit. Et maintenant la naissance de notre liberté par la Parole de Dieu.

Au moment où nous allons entrer dans la li­turgie de la Semaine Sainte, à travers cette figure d'Abraham et à travers la prédication de Jésus, nous est posée cette question qui est essentielle pour nous. Qu'est-ce qui est la source, le dynamisme et la vie profonde de notre liberté ? Est-ce que c'est la Parole de Jésus ? Est-ce que c'est la promesse du salut qu'II est venu nous apporter ? Est-ce que c'est l'espérance en Lui, mort et ressuscité ? Ou au contraire, est-ce que nous ne nous fabriquons pas une fausse liberté paral­lèle qui est simplement un esclavage ou une manière de nous assurer une fausse liberté qui n'est pas fondée dans la seule racine possible de la liberté filiale des enfants de Dieu, la mort, la résurrection du Christ, la Vie du Verbe éternel en nous ?

 

 

AMEN

 

 
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