AU FIL DES HOMELIES

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RENCONTRE SOUS UN CHÊNE

Gn 18, 1-14

(7 avril 1992)

Homélie du Frère Jean-François NOEL 

 

Dinant : la rencontre 

L

e texte de l'apparition du Seigneur au chêne de Mambré est situé dans la Genèse entre deux autres textes, celui de l'Alliance de la circoncision, (de la façon dont Dieu inscrit dans notre chair humaine son passage, sa signature) et celui de l'intercession d'Abraham lorsque, avec Dieu, arrivant aux portes de Sodome, Abraham ose intercéder et parlementer avec Dieu pour sauver la ville de Sodome en comptant le nombre de justes qui peuvent y vivre.

       Le fait que Dieu "rend visite" à l'homme, à l'homme qui a commencé à répondre "Oui" à son appel, Abraham, est déjà une réponse au refus d'Adam de vivre dans l'harmonie et dans l'intimité de Dieu. Adam s'est en quelque sorte chassé lui-même du Paradis qui était de vivre dans cette proximité divine. Dieu se fait réinviter et c'est en Abraham qu'à lieu cette nouvelle rencontre. Un texte sur l'hospitalité humaine à l'égard de Dieu, plus encore un texte sur l'apprentissage de l'intimité de Dieu puisque nous allons de la circoncision, de la présence dans l'intimité même de l'homme, à un homme qui va rentrer dans le "conseil divin" pour discuter avec Dieu et en Dieu du salut.

       Ainsi l'apparition de ces trois anges, de ces trois hommes, au plus chaud du jour, est l'apparition d'un Dieu qui donne à se connaître dans son intimité propre. Il ne vient pas comme un Dieu qui conduit les armées d'Israël, qui conduit la conquête, mais Il vient comme trois hommes qui veulent manger, qui veulent se restaurer, qui veulent se reposer auprès de l'homme. Dieu demande à être reçu par l'homme et c'est l'homme qui prépare son propre festin. Et ce magnifique passage précise : "Abraham se tenait debout, près d'eux, sous l'arbre et Ils mangèrent." Car l'homme est encore debout, il n'est pas encore invité à s'asseoir à la table divine, à la table trinitaire.

       Donc nous sommes invités, en cette cinquième semaine de carême, alors que le Christ a annoncé qu'Il était "la Résurrection et la vie", à avancer dans l'intimité divine, à avancer pour que nous devenions "les invités aux Noces de l'Agneau". Et c'est nous qui avons à dresser la table en notre cœur pour recevoir cette présence divine, pour que nous puissions La goûter. Et d'ailleurs, ce texte de l'intimité divine a un retentissement immédiat dans l'intimité humaine puisque c'est la fécondité de la femme d'Abraham qui est la réponse à la visite divine. "Sara, ta femme, aura un fils !" Cela veut dire qu'il n'y a pas de demeure hors de la demeure en Dieu, qu'il n'y a pas de chemin hors du chemin vers Dieu, qu'il n'y a pas de vie hors de la vie en Dieu. Le reste est néant, le reste est stérilité, le reste est vide. Nous n'avons pas à choisir entre un chemin, une vérité, une vie autre que Dieu puisqu'Il est le chemin, la vérité, la vie.

       C'est pourquoi Jésus parlant aux juifs qui croyaient en Lui, qui le reconnaissaient et tentant encore de les convaincre plus avant, leur dit : Vous n'êtes pas vraiment les fils de cette intimité car vous vous situez en dehors de ma demeure. Je suis la demeure et je suis la seule porte d'entrée pour découvrir le mystère total de Dieu. Et c'est à notre tour d'inviter le Seigneur dans notre demeure intérieure, c'est à notre tour d'être invités à sa table, de servir le Seigneur de ce que nous sommes, pour que nous puissions, un jour, au jour de notre mort, de la Pâque éternelle, nous asseoir avec le Père, le Fils et l'Esprit Saint au banquet des noces éternelles.

       AMEN


 

 
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