AU FIL DES HOMELIES

Photos

CHOISIR LE BON SACRIFICE

Jr 20, 7-18 ; Jn 11, 45-57

Vendredi de la cinquième semaine de Carême – B

(14 avril 2000)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

I

l vaut mieux qu'un seul homme meure pour tout le peuple". L'Écriture dit de Caïphe qu'étant Grand-Prêtre cette année-là, il prophétisait. Oui, je crois qu'il prophétisait essentiellement sue le fait que sa prophétie portait sur la notion même de ce qui est à accomplir quand on est le Peuple de Dieu, c'est le sacrifice pur, saint et agréable, que Dieu pourra ainsi recevoir. Caïphe avait le choix entre deux sacri­fices. Comme il le dit si bien : "Si nous le laissons faire, tous croirons en Lui, et les romains viendront et ils détruiront ce lieu saint et notre nation". C'est le premier sacrifice auquel Caïphe aurait pu consentir. Seulement, il préfère le second sacrifice : "Il vaut mieux qu'un seul homme meure pour tout le peuple". Et l'évangile ajoute qu'effectivement, il prophétisait, puisque Jésus ne meurt pas pour lui-même, Jésus ne meurt pas parce que cela lui fait plaisir et qu'il doit sauver les hommes,Jésus n'accepte pas de mourir parce qu'il sait qu'il va ressusciter, mais si c'est bien une Parole de Dieu, ce qu'est la prophétie, c'est parce qu'il meurt pour son peuple, et que le peuple même sans le savoir, fait acte prophétique, car qu'y a-t-il de plus grand que le lieu saint, si ce n'est la présence de Dieu au milieu de nous, c'est-à-dire Jésus lorsqu'Il dit : "Il y a ici plus que le Temple, plus que Salomon". Il y a plus que tout, il y a le Fils de Dieu présent au mi­lieu de son peuple. Qu'y a-t-il de plus que la nation ? Il y a le chef de la nation, il y a le Maître et Seigneur, il y a celui qui bâtit et construit son Royaume, le Peu­ple de Dieu nouveau, et Jésus est Maître, Seigneur et Roi, de ce peuple nouveau, de ce Royaume qu'Il édi­fie.

C'est vrai qu'il y avait le choix entre sacrifier ce qu'on pouvait considérer comme le tout, la nation et le lieu saint, ou l'unité, ce qui est au cœur même, au centre, au sommet de ces réalités, le Créateur, celui qui est capable d'être présent au cœur de tout homme, celui qui est le Seigneur et maître du Peuple.

Frères et sœurs, Caïphe pensait que la nation et le lieu saint étaient plus importants et il a préféré préserver le Temple qui de toute façon sera détruit sans parler de son peuple et de ce qui lui arrivera. Il aurait mieux valu miser sur le Seigneur et Maître, sur le seul homme qui a accepté de mourir pour son peu­ple. Il nous est peut-être du coup, renvoyé la balle, comment dans notre vie posons-nous les choix ou les sacrifices nécessaires ? Préférons-nous le lieu saint et la nation, ou comme Caïphe disons-nous : il vaut mieux qu'un seul homme meure pour tout le peuple ? Sommes-nous certains de toujours sacrifier ce qu'il faut vraiment sacrifier, ne préférons-nous pas encore choisir éternellement ce que nous considérons comme notre centre, notre "ego" alors que ce n'est ni cela le sens ni la vie de ce que nous faisons.

Ne nous trompons pas de sacrifice, et si nous nous trompons, je ne suis pas sûr que comme Caïphe, nous soyons alors des prophètes.

 

 

AMEN

 

 
Copyright © 2020 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public