AU FIL DES HOMELIES

Photos

SOURCE CACHÉE DE L'AMOUR DU PÈRE

Jr 17, 5-8+13-18 a ; Lc 16, 19-31

Jeudi de la deuxième semaine de Carême – B

(23 mars 2000)

Homélie du Frère Yves HABERT

 

I

l y a comme un contraste d'opposition entre ces deux textes, le premier qui parle d'une terre salée, d'une terre aride et un arbre planté au bord de l'eau avec son feuillage toujours vert, cette source d'eau vive. Et le contraste est ce riche sans nom nommé qui n'a même pas d'eau pour mettre sur le bout de sa langue et qui demande à Abraham d'en­voyer Lazare tremper le bout de son doigt pour lui rafraîchir le bout de sa langue.

Il y a un problème ... que fait la Compagnie Générale des Eaux ? D'un côté l'eau coule à flots et de l'autre côté c'est la sécheresse la plus absolue. Il y a comme un contraste aussi parce que nous on se dit que le vieux testament, c'est le désert, l'aridité, c'est une relation un peu forte et brûlée avec Dieu, en quel­que sorte et avec tous ces allumés, ces prophètes qui ont été saisis pas cette immensité de Dieu, et en contre-partie, on a l'évangile où c'est le parfum qui coule, c'est cette miséricorde qui est répandue en abondance, on a l'impression que tous les arbres de­viennent verts sur le passage du Sauveur, mais là le contraste est renversé. Sans doute qu'il faut saisir que la révélation n'est pas un problème de robinet, ce se­rait trop facile. Nous sommes habitués à voir une eau qui coule régulièrement, on tourne un robinet et l'eau coule comme ça, mais la grâce ce n'est pas un pro­blème de robinet, ce n'est pas un problème comme on faisait quand on était gamin, ce problème de mathé­matique en disant : si tant d'eau coule du robinet, dans combien de temps la baignoire sera-t-elle, elle Mais la grâce, ce n'est pas cela. La grâce, c'est un autre pro­blème. La grâce, c'est un problème de source, une source d'eau vive : "Ils m'ont abandonné, moi la source d'eau vive". ils m'ont abandonné, ils ont peut-être cessé de la chercher. Comment fait-on pour trou­ver une source ? Comment fait-on pour saisir toutes les résurgences d'une source, comment fait-on pour saisir combien une source peut toucher de territoire ?

Il y a une solution qui n'est pas la bonne qui consisterait à partir de la mer et essayer de remonter jusqu'à la source, mais on risque de se perdre, de ne pas saisir telle ou telle résurgence mystérieuse, car la source est cachée, la source, c'est le Père.

Le Christ est monté sur le calvaire, et en quelque sorte, le Christ a coloré la source non pas avec du bleu de méthylène, mais avec son sang. Il est le sourcier qui est parti de la montagne, alors qu'on l'avait perdu : "Ils m'ont abandonné, moi la source d'eau vive". Alors qu'on avait perdu la trace de cette source, il est parti comme un sourcier, avec sa croix, et là il a laissé ouvrir son cœur et la source a com­mencé à couler, et cette source coulera tout le temps, jusqu'à la fin des temps, elle coulera même quand le temps ne sera plus du temps, quand il n'y aura plus de temps. Cette source a été allumée sur calvaire. C'est à cette source qu'on s'apprête maintenant à boire, et l'on fera plus que simplement y tremper le bout de notre doigt, nous allons y boire à grandes lampées, nous allons communier au Corps et au Sang de Celui qui s'est livré pour nous révéler où était la source cachée, l'amour du Père.

 

 

AMEN

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public