AU FIL DES HOMELIES

Photos

DISTANCE ET PROXIMITÉ

Jr 17, 5-8+13-18 a ; Lc 16, 19-31

Jeudi de la deuxième semaine de Carême – A

(28 février 2002)

Homélie du Frère Yves HABERT

 

P

arabole visuelle ... parabole image ... parabole qui dans sa description même nous fait passer de la scène la plus humble, la plus quotidienne, avec tous ces pauvres que l'on voit dans nos rues, et qui nous fait grimper dans le sein d'Abraham, qui nous parle de résurrection, qui nous fait embrasser quelque chose de très large. Cette parabole a été vue comme celle de la distance, la distance extrêmement ténue entre deux personnes qui se voient, mais ne se regardent pas, comme on peut voir une émission de télévision qu'on ne regarde pas, qui est simplement en bruit de fond. Distance extrêmement ténue entre ces deux personnages, et distance très grande entre celui qui voit de loin, Lazare, dans le sein d'Abraham. On se demande pourquoi Abraham ? Figure de la Genèse, figure de celui qui est assis au plus chaud du jour devant sa tente, de celui qui arrêtait les passants pour les recevoir chez lui, figure qui un jour, à force d'arrêter des hommes et des femmes qui passaient devant sa tente, a arrêté des anges, que représente cette fameuse icône de Roublev, la Trinité.

Parabole de la distance, mais je voudrais re-traduire par : parabole de la proximité. C'est moins la distance qui est en jeu ici que la très grande proximité entre le ciel et la terre. Il y a un enjeu terrible à ce que nous vivons sur terre. Il y a non pas une répercussion, mais il se passe quelque chose au ciel quand nous faisons quelque chose sur terre. Il y a une grande intimité entre les deux, entre le ciel et la terre, depuis que Dieu s'est incarné. Un rabbin disait : pour que le ciel vienne sur terre, il faudrait que Dieu prenne chair. Mais ce qu'un rabbin pouvait annoncer, c'est Jésus qui l'a réalisé depuis qu'il a passé parmi nous, la distance s'est comme réduite au maximum, et que l'enjeu du Salut, c'est l'homme qui le prend et le tient, c'est l'homme qui l'a à portée de main. Tout ce qui pouvait apparaître comme distance, maintenant, cette distance s'est raccourcie.

Grignon de Montfort, dans les rues de Nantes, quand il avait trouvé un pauvre couvert d'ulcères, dans les rues pluvieuses de Nantes, il frappait à une porte, et il disait : "Ouvrez à Jésus-Christ". Je crois qu'il avait saisi combien la distance depuis que Dieu s'était fait homme, la distance s'était réduite, et en voyant le pauvre à notre porte, on voit le Christ à notre porte aussi.

 

 

AMEN

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public