AU FIL DES HOMELIES

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RELEVER LES YEUX

Dn 9, 3-6+15-19 ; Lc 18, 9-14

Lundi de la deuxième semaine de carême – A

(12 mars 1990)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

C

ette seconde semaine de carême sera illumi­née de part en part par la lumière du Thabor. Il aurait été bon de rester sur la montagne et d'y planter, dans la béatitude de la vie divine les tentes d'attente. Mais le Seigneur redescend sur Jérusalem et nous sommes descendus avec Lui sur Jérusalem car il nous faut reprendre le chemin de la vie, le chemin de la ville. Cet éclat éphémère, provisoire qui annonce déjà la Pâque, annonce le terme, le pourquoi de cette vie, de ce chemin de carême. Nous avons été touchés par la grâce qui ranime en nous l'espérance. Et en ce premier de cette seconde semaine, le premier élément qui nous transfigure c'est la miséricorde de Dieu. De jour en jour, un nouvel élément viendra transfigurer notre cœur et nous mènera un petit plus loin dans l'intimité même du cœur de Dieu.

Dans la prière du prophète Daniel que nous avons entendue à l'instant il était question de honte. La honte, c'est l'inverse de la Transfiguration. La honte, c'est le visage fermé, c'est le visage noir, som­bre, replié sur lui-même, qui se refuse à être éclairé à être regardé, à être contemplé. Et Daniel demande au Seigneur : "que toute honte s'efface de nos visages". Nous avons péché, nous reconnaissons notre péché mais il demande que "notre visage se relève et re­garde vers Lui !"

Dans l'évangile de ce jour, l'erreur du phari­sien, avant même de se placer en première ligne et de se situer différent des autres est de ne pas avoir en­tendu cette phrase qui court tout le long des proverbes : "Quelqu'un murmure : y a-t-il vraiment un juste ? Quelqu'un murmure : y a-t-il vraiment un juste devant Dieu ?" le seul qui pourra se tenir face à la lumière, face au Père, sera le Christ qui, aujourd'hui, nous in­tégrant à Lui, nous permet de relever les yeux.

L'erreur de ce pharisien c'est d'avoir voulu, par lui-même, lever les yeux vers le Seigneur et de ne pas avoir attendu que la miséricorde de Dieu le rejoi­gne là ou il est, et que, mû par cette force redoutable qu'est la miséricorde de Dieu, il puisse alors en vérité relever la tête.

Si le publicain ne relève pas la tête, c'est qu'il attend que Dieu l'invite à lever ses yeux vers Lui, c'est qu'il attend que cette miséricorde le rejoigne pour que ses yeux ne voient pas Dieu par eux-mêmes mais à cause de Dieu.

Demandons que notre visage se relève rayon­nant, non pas de notre certitude intérieure, mais de la puissance même de la miséricorde qui, venant nous rejoindre là où nous sommes, et là où nous avons confessé notre péché, notre erreur ou notre ténèbre, que ce soit Lui qui, par la force même de son amour, nous relève et nous attire à Lui.

"Quelqu'un murmure : Y a-t-il un juste devant Dieu ?" Il n'y a pas de juste devant Dieu, il n'y a que des gens qui apprennent la miséricorde, car Dieu est tout-puissant en cette miséricorde.

 

 

AMEN

 

 
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