AU FIL DES HOMELIES

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 SEIGNEUR, ÉCOUTE …

Dn 9, 3-6+15-19 ; Lc 18, 9-14

Lundi de la deuxième semaine de carême - C

(1er mars 2010)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Deux hommes montent vers le Temple …

F

rères et sœurs, les textes que nous avons entendus aujourd'hui continuent le thème qui a été développé la semaine dernière, celui de la conversion. Très précisément les deux textes que nous venons de lire nous disent quelque chose de tout à fait essentiel et fondamental pour notre vie spirituelle. Ce qu'ils nous disent, c'est que le problème n'est pas d'être sans péché, mais de reconnaître que nous sommes pécheurs. Si nous nous croyons sans péché comme le pharisien, nous nous illusionnons. Certes, le pharisien donnait la dîme de tous ses biens, il jeûnait deux fois par semaine, mais cela n'en faisait pas un saint, un juste pour autant, car nous sommes tous profondément pécheurs, et lui l'était en tout cas par sa vanité et son orgueil et aussi par son manque de respect et d'amour pour son frère, ce publicain qui était couvert de péchés.

Le problème n'est donc pas de nous féliciter de ce que, par la grâce de Dieu, nous avons pu commettre de bien, mais de reconnaître tout ce que nous avons commis de mal, tout ce qui manque à notre vie pour être une vie selon Dieu. Devant cette prise de conscience, avec le prophète Daniel, nous pouvons nous écrier, c'est la seule solution : "Seigneur écoute, Seigneur, pardonne". Toute notre foi, toute notre vie chrétienne repose sur cette confiance éperdue dans la miséricorde de Dieu dont nous avons besoin, car nous devons comprendre que nous sommes pécheurs, pécheurs peut-être pas parce que assassins, pas parce que voleurs, mais pécheurs tout de même parce que manquant de charité pour les autres, de ne pas voir dans l'autre ce qu'il y a de bon.

Voyez-vous, le texte de cette parabole nous le dit clairement, quand nous jugeons nos frères, ce n'est pas simplement un manque de charité, mais c'est un manque d'intelligence, car nous ne voyons en eux qu'une caricature de ce qu'ils sont, nous ne voyons en eux que ce qui nous arrange de voir de négatif, nous ne voyons pas tout ce qui est l'œuvre de la grâce en eux. Nos frères, pécheurs comme nous sont inondés eux aussi, et peut-être plus que nous, par la grâce de Dieu dans la mesure même où ils savent qu'ils ne méritent pas d'être sauvés, mais que ce salut vient de la gracieuse, gratuite miséricorde de Dieu.

Vivons ce temps du carême dans cette conviction que nous sommes pécheurs, sachons le reconnaître, non pas simplement d'une manière globale et générale, mais en essayant par un regard plus pénétrant, de débusquer en nous tout ce qui est manque d'amour, tout ce qui est manque de confiance, tout ce qui est manque d'espérance, tout ce qui est prétentieux, tout ce qui est solitude, qui finalement nous enferme dans notre conviction d'être seul au monde. Que le Seigneur nous fasse cette grâce de découvrir notre péché, de le confesser, de le regretter et ainsi de nous mettre sous la présence du pardon de Dieu.

 

 

AMEN

 

 
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