AU FIL DES HOMELIES

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LE SERPENT D'AIRAIN, IMAGE DE LA CROIX DU CHRIST

Nb 21, 4-9

(17 mars 2003)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Fourberie et duplicité

F

rères et sœurs, nous sommes entrés dans la deuxième partie du carême qui est tout entière centrée sur la préparation au baptême des catéchumènes. Après avoir dans une première partie du carême entendu un certain nombre de paroles évangéliques tirées des synoptiques, maintenant, c'est l'évangile de saint Jean qui va nous conduire jusqu'à Pâques. Dimanche dernier déjà nous assistions à la rencontre de Jésus avec la samaritaine, et depuis jeudi nous suivons pas à pas cet évangile de saint Jean qui nous a d'abord présenté Jésus chassant les vendeurs du temple, et puis hier, Jésus annonçant à Nicodème ce baptême d'eau et d'Esprit dans lequel nous recevons l'Esprit Saint. Aujourd'hui, c'est le mystère de la croix qui nous est proposé dans cette page d'évangile. Jésus s'applique à lui-même cet événement étrange que nous avons entendu dans le livre des Nombres : "Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'Homme". Le Fils de l'Homme a été élevé sur la croix comme un signe au milieu des nations et cette croix fait à travers la mort, la Passion du Christ, communiquer le ciel et la terre. C'est d'un même mouvement que Jésus est élevé sur la croix, élevé dans la gloire, saint Jean fera lui-même ce rapprochement : "Quand je serai élevé de terre, fait-il dire à Jésus, j'attirerai tout à moi".

Ce qui est tout à fait particulier de cet événement du livre des Nombres, quand Moïse élève un serpent d'airain sur un étendard, c'est que ce serpent qui est l'image de Satan, puisque dans le récit de la création c'est sous l'image d'un serpent que le tentateur s'est adressé à Ève et à Adam pour les conduire à se détourner de Dieu, ce sont les serpents donc qui dans le désert mordent les fils d'Israël et les font mourir. C'est un symbole de ces puissances du mal, représentées ainsi par le serpent, qui veulent nous détourner de Dieu.

Or, curieusement Moïse pour vaincre cette morsure mortelle des serpents a élevé sur l'étendard une image de serpent. Cela reste très mystérieux. Pourquoi l'image même du tentateur serait-elle ce qui va nous sauver des morsures des démons ? Jésus va plus loin, il se compare et s'identifie à ce serpent élevé en disant que lui-même sera élevé sur la croix. C'est donc que Jésus non pas prend la forme du tentateur et du démon, mais assume en lui tout le péché des hommes qui est ainsi symbolisé depuis l'origine du monde par cette figure du serpent. Jésus assume en lui toutes les conséquences du mal. Saint Paul nous dira : "Il a été fait péché", c'est ce que nous disions tout à l'heure dans le Kyrie, Jésus a été fait péché, lui qui est sans péché, il a pris sur lui toute l'horreur, tous les manques d'amour de notre péché pour au plus profond de son cœur, vaincre ce refus d'amour par un amour plus grand. Il a accepté d'être défiguré, torturé, bafoué, méprisé, flagellé, transpercé, mis à mort pour que par cet amour qu'il a pour nous, il nous délivre de la mort corporelle par la résurrection, mais plus gravement encore de la mort spirituelle, cette mort du péché qui détruit notre cœur et qui est symbolisée par ce serpent. Jésus a accepté de prendre sur lui toute la souffrance humaine, et tout le péché des hommes, pour le vaincre pas sa puissance divine d'amour.

Devant ce mystère de la Pâque du Christ qui nous rachète et nous délivre de la mort, ouvrons notre cœur à cet appel du Christ qui veut nous manifester dans ce si grand amour le chemin de l'amour que nous devons prendre pour être nous-mêmes avec lui, délivrés de la mort par sa résurrection.

 

AMEN

 

 

 
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