AU FIL DES HOMELIES

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L'INFINIE MISÉRICORDE DE DIEU

Is 1, 11-18 ; Mt 20, 1-16

(10 mars 2009)

Homélie du frère Jean-Philippe REVEL

Samarie : Tour de vigne

F

rères et sœurs, deux textes qui nous invitent une fois encore, car depuis le début du carême c'est à plusieurs reprises que cela nous a été signalé, qui nous invitent encore une fois à comprendre le sens de notre relation avec Dieu.

Les ouvriers de la première heure ont cru que la grâce et l'amour de Dieu étaient un salaire. Jésus volontairement a prononcé cette parabole choquante, car il est bien entendu qu'au niveau relationnel professionnel, une attitude comme celle du maître de la vigne serait tout à fait condamnable et provoquerait des émeutes. Mais précisément, ce que Jésus veut dire, c'est que le Royaume de Dieu n'a rien à voir avec une tractation commerciale. Il ne s'agit pas de payer à égalité un cadeau, un don qui nous est fait gratuitement. Dieu nous donne son amour non pas parce que nous l'avons mérité, mais parce qu'il veut nous aimer jusqu'au bout.

C'est pourquoi, même ceux qui se sont convertis au dernier moment de leur vie, comme le larron sur la croix, même ceux qui n'ont rien à faire valoir comme qualification, même ceux-là sont emportés dans l'amour de Dieu s'ils se laissent faire par lui, s'ils disent comme le larron sur la croix : "Souviens-toi de moi dans ton Royaume". Ce n'est donc pas une comptabilité par "doit et avoir" que notre relation avec Dieu. C'est nous laisser émerveiller, séduire, emporter, par cette gratuite et infinie miséricorde de Dieu.

De la même manière, le texte d'Isaïe qui est d'une violence inattendue, condamne une attitude purement matérielle dans la relation avec Dieu. Accomplir les commandements, célébrer les fêtes, les néoménies, les sacrifices, tout ce qui semble être la ritualisation normale et nécessaire de ce qu'on appelle la religion, Isaïe nous dit que Dieu l'a en horreur. "Quand vous venez vous présenter devant moi, qui vous a demandé de fouler mes parvis ? N'apportez plus d'oblations vaines, c'est pour moi une fumée insupportable. Vos néoménies, vos réunions, mon âme les hait !" Quelle violence de la part de Dieu. Il ne veut pas une religion purement extérieure, une religion où l'on accomplit seulement son devoir. Ce qu'il veut c'est que l'amour nous prenne tout entier, car nos mains sont pleines de sang : "Lavez-vous, purifiez-vous. Otez de ma vue vos actions perverses, cessez de faire le mal, apprenez à faire le bien, plaidez pour la veuve. Alors, quand bien même vos péchés seraient comme l'écarlate, ils deviendront blancs comme la neige".

Frères et sœurs, il faut que nous vivions ce carême dans cette perspective. Non pas pour acquérir des mérites, non pas pour comptabiliser les sacrifices ou ce que nous appelons de ce nom, que nous ferions par le jeûne, la pénitence. Ce n'est pas le sens du carême. Le sens du carême c'est de découvrir la gratuité de l'amour de Dieu et de nous laisser prendre entièrement par cet élan que Dieu nous propose.

 

AMEN


 

 

 

 
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