AU FIL DES HOMELIES

DIEU SERVITEUR DE L'HOMME

Jr 18, 18-20 ; Mc 10, 32-45

Mercredi de la deuxième semaine de carême – A

(20 février 2008)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

C

ette discussion entre Jacques et Jean et puis Jésus et tous les apôtres est introduite par l'annonce de la Passion. "Ainsi, le Fils de l'Homme doit-il monter à Jérusalem, et là être livré au Grand-Prêtre, là Il doit être bafoué et puis tué". Il est vrai qu'ensuite, nous avons l'impression de tomber dans des petites querelles si ce n'est des querelles byzantines, des querelles de pouvoir. Jacques et Jean qui demandent la place de droite et de gauche dans la gloire du Seigneur. Mais quand les apôtres s'indignent devant ce que demandent Jacques et Jean, il ne faut pas s'en faire, parce qu'ils sont peut-être furieux eux-mêmes de ne pas avoir pensé à demander cela à Jésus avant eux. Donc on voit bien qu'il y a là un conflit d'influence, une volonté de domination sur l'autre, un conflit de pouvoir. Jésus répond d'abord en introduisant par le mystère de la Passion et en disant explicitement qui Il est : "Même le Fils de l'Homme n'est pas venu pour être servi mais pour servir".

Frères et sœurs, ce que dit le Christ ne peut être lu qu'au regard même du mystère pascal dans son entier. Car l'histoire de Dieu avec l'humanité est une histoire où Dieu vient servir l'homme. Tout le contexte religieux précédent a toujours développé le contraire. Comment l'homme peut-il se mettre au service de Dieu pour que ce Dieu soit content et qu'ainsi Il protège l'homme la cité ou les peuples ? Nous croyons en un Dieu qui prend plaisir à nous servir.

C'est pourquoi dans l'existence de Jésus lui-même, c'est bien le moment clé où Dieu montre jusqu'à quel point, celui qui est grand se fait le serviteur. Celui qui veut être le premier ce qui est le cas de Dieu se fait l'esclave de tous. L'évangile lui-même pourrait être relu comme à travers les actes et les paroles du Christ, sans cesse un abaissement et un relèvement, un service et une gloire, déjà ne serait-ce que dans le mystère même de l'Incarnation, où le Christ se fait tout petit et c'est pourtant cette gloire-là qui est chantée par les anges. C'est la parabole du semeur où c'est la graine qui est plantée comme la graine de sénevé qui doit pousser selon le terrain mais qui doit devenir un grand arbre. C'est le fait que le Christ lui-même le Jeudi Saint se met aux pieds de ses disciples, leur lave les pieds et leur dit : "Vous m'appelez Maître et Seigneur et vous faites bien car je le suis, si donc, je vous ai servis, faites de même les uns pour les autres". Et bien sûr, l'abaissement par excellence, celui de l'humiliation dans la Passion et pourtant le relèvement sur la croix. Cette croix qui devient l'objet même de la gloire où Dieu s'abaisse encore plus et accepte la mort et dans cette mort, le principe même du relèvement, la résurrection, ce que veut dire d'ailleurs le mot grec.

Ainsi nous le voyons, le Christ lui-même en parlant à ses apôtres et à Jacques et Jean en particulier leur parle de cette longue histoire où Dieu n'a qu'une seule envie, c'est d'aimer l'homme et de le servir. Mais faisons attention parce que l'homme est retors et non pas sous prétexte que nous servons d'en faire un pouvoir sur les autres. Il s'agit toujours d'un abaissement et d'un relèvement. Or, servir ne nous appartient pas et l'abaissement, il nous est donné. Le relèvement ou la résurrection est alors une grâce.

 

AMEN

 

 

 

 
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