AU FIL DES HOMELIES

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LA JOIE DE LA RÉCONCILIATION

Jr 31, 16-20 ; Lc 15, 11-32

Samedi de la deuxième semaine de carême – B

(22 mars 2003)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

S

ur la route de notre carême, voilà que s'avance le fils prodigue, qui a tout au long de notre carême, de si belles figures, la samaritaine, l'aveugle-né, il y a le bon samaritain, et tant d'autres de ces personnages, de ces figures de l'évangile qui ont pris la route avec Jésus, la route de sa Pâque, la route de l'Exode, la route du carême.

Je ne trouve rien de plus crispant que ceux qui font du carême un temps de tristesse et de grisaille, un temps qui est tellement lourd à porter, qu'ils en font aussi peser le poids sur les autres. Parce qu'en somme, à bien y regarder, tous ces personnages de l'évangile sont remplis de vie, ils sont remplis de joie, ils sont remplis de grâce. Ils ne nous sont pas donnés comme des figures macabres, ils n'ont pas un visage squelet­tique, ils n'ont pas un visage triste. Ils disent tous la joie d'avoir rencontré Jésus, ils disent tous la grâce qui les inonde. Ils disent tous le dynamisme qui, maintenant les fait accéder à ce que nous allons célé­brer : la Résurrection. Il y a du mouvement, il y a de la vie, il y a du dynamisme dans le chemin de carême. Peut-être faudrait-il retenir cela, peut-être qu'aujour­d'hui le fils prodigue nous dit cela. C'est celui qui regardant les cochons manger des choses meilleures, temps de grâces, que ce qu'il avale, se met en route, et c'est sur la route qu'il rencontre le père de miséricorde. Comme l'homme a rencontré sur sa route la grâce de celui qui vient soigner ses blessures, le bon samaritain avec le baume et l'huile. Comme la samaritaine rencontre sur sa route celui qui va lui donner la source d'eau vive, comme l'aveugle-né rencontre sur sa route celui qui va lui donner la lumière.

Oui, pour le chrétien, le carême est un temps de grâce. Nous avons commencé le carême en disant : "Voici le temps du salut, voici le temps de la grâce". Mon Dieu, comme nous sommes loin de cette joie et de cette grâce en ce temps particulier qui nous est donné. Surtout que nous chrétiens nous sommes en plus appelés à vivre profondément cette réconciliation durant le temps du carême, et là encore, la réconcilia­tion n'est pas morbide, n'est pas triste. Lisons à travers le récit de l'enfant prodigue toute la joie qui éclate dans cette réconciliation, tous doivent participer à cette joie, toute chose participe à la grâce qui est don­née : le lin qui a poussé, pour devenir la robe de fête, l'or qui a été façonné va devenir l'anneau au doigt du prodigue, le cuir va être traité pour devenir les chaus­sures lui permettant de marcher, le geste va devenir la danse au son de la musique de fête, le veau gras a grandi pour manifester la joie du retour et de la ré­conciliation. Tout participe, de la plus petit à la plus grande des choses, eu retour du fils que son père a vu arriver de loin sur la route de son carême et qui, même s'il dit : je ne suis plus ton fils, a entendu qu'il était son fils, et qu'il l'aime toujours, et c'est sa plus grande joie.

Alors, assez d'un carême triste, assez d'une réconciliation triste. Comment se fait-il que les chré­tiens n'aient pas au cœur la joie de pouvoir annoncer cette joie qui ne nous appartient pas parce qu'elle vient du Père et à laquelle tous sont appelés à partici­per.

 

 

AMEN

 

 
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