AU FIL DES HOMELIES

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L’UNIVERSALITÉ DU SALUT

Gn 37, 3-28 ; Mt 21, 33-46

Vendredi de la deuxième semaine de carême – B

(10 mars 2006)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et soeurs, cette parabole est si claire, si transparente, elle annonce si exactement le rejet de Jésus par son peuple, sa mort, que tout commentaire semble inutile. De la même manière, la façon dont les frères de Joseph veulent le mettre à mort et le vendre, est aussi une annonce prophétique de la passion du Christ.

Je voudrais m’arrêter seulement sur un détail de ces textes, qui est plein de signification. Vous l’avez peut-être remarqué au passage : quand le maître de la vigne envoie son fils, les vignerons se disent : voici le fils, l’héritier, tuons-le, et ils le jetèrent hors de la vigne. L’équivalent dans l’affaire de Joseph, c’est qu’il est lui aussi rejeté par ses frères hors de la famille, vendu comme esclave à des étrangers, et déporté hors d’Israël, jusqu’en Égypte ; Jésus sera lui aussi crucifié hors de la ville, aux portes de Jérusalem, sur la colline du Golgotha. Hors de la vigne, hors de la famille, fors d’Israël, hors de la ville, cela signifie deux choses : premièrement, le rejet. Jésus est rejeté par le peuple d’Israël, en tout cas, par ses grands-prêtres, ses chefs et ses scribes, Il est mis à mort comme un blasphémateur, comme quelqu’un qui ne fait plus partie du peuple élu, du peuple choisi. Il est rejeté comme Joseph a été rejeté par ses frères, Il est mis au nombre des païens, des étrangers. Il est hors de la ville, hors de Jérusalem, la demeure de Dieu.

En même temps que ce rejet, ce détail de Jésus comme le fils de la parabole, comme Joseph rejeté hors de sa famille, de sa parenté et de son pays est aussi une prophétie de salut universel. Hors de la vielle, Jésus donne son sang non seulement pour Israël, mais pour l’univers tout entier. Désormais, c’est le monde entier, ce sont les peuples étrangers, les peuples païens, dont l’Égypte était le symbole quand Joseph est vendu comme esclave dans ce pays étranger, les païens sont aussi appelés au salut. Le salut n’est plus réservé à la vigne choisie, entourée d’une clôture, mise à part, élue, et qui s’est crue à tort seule bénéficiaire de l’amour de Dieu, à l’exclusion des autres, il n’y a plus de clôture désormais, c’est hors des limites d’un peuple choisi que Jésus donne son sang, sa vie, pour le salut non pas seulement d’Israël, mais du monde entier.

C’est une des affirmations, peut-être seulement suggérée, cachés dans le détail du texte, mais une des affirmations de l’universalité du salut apporté par Jésus. Jésus n’est pas le sauveur seulement de quelques-uns, il est le sauveur d’Israël, bien sûr, mais d’Israël comme manifestant que l’amour de Dieu s’attache à travers lui à tous les hommes. Nous sommes nous aussi de ces égyptiens, de ces païens, de ces gens qui ne faisaient pas partie du peuple choisi, mais désormais, nous aussi, nous sommes sauvés, et tous les hommes de l’univers tout entier sont appelés au salut. Nous ne devons renouveler cette erreur d’Israël, de croire que parce que nous sommes dans cette église, parce que nous sommes baptisés, parce que nous venons à la messe, nous avons le privilège du salut. Non, le salut s’adresse à tous les hommes, même à ceux qui ne font pas partie encore de l’Église, car l’Église a pour vocation d’être le rassemblement de l’univers entier, et même si pour l’instant, elle ne rassemble qu’une part assez restreinte de l’humanité, elle est le témoin du salut pour tous les hommes de toutes les races, de toutes les langues, de toutes les religions que Dieu veut tous rassembler dans son Royaume.

 

 

AMEN

 

 

 
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