AU FIL DES HOMELIES

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ANNONCE DE LA PASSION

Dt 30, 15-20; Lc 9, 22-25
Jeudi après les Cendres - année A (25 février 1993)
Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

N

ous avons dans ce texte la première annonce de la Passion (il y en a deux autres en saint Luc), qui marque en quoi ce temps liturgique du carême nous prépare à célébrer la Pâque du Sei­gneur, c'est-à-dire sa mort et sa résurrection.

Déjà dans ce texte les deux éléments, mort et résurrection, sont marqués pour que dès le début nous ayons un objectif de carême. Notre carême n'est pas d'un ordre strictement privé et personnel pour acquérir pour soi-même le salut, mais il est d'ordre liturgique c'est-à-dire qu'il nous fait rentrer dans la plénitude de vie du Seigneur qui est une relation c'est-à-dire un échange. Et cet échange a lieu si, effectivement, nous savons correspondre à la démarche que le Seigneur Lui-même réalise lorsqu'Il va vers sa Passion.

"Qui veut sauver sa vie la perdra !" Il y a donc un paradoxe. Cela signifie que nous n'avons pas par nous-mêmes les moyens de nous sauver et qu'il ne s'agit pas, même si nous sommes croyants et si nous pratiquons les commandements, si nous venons régu­lièrement à la messe et si nous aimons Dieu, il ne s'agit pas simplement pour nous de vouloir sauver notre vie, même avec Dieu, comme si on voulait sau­ver sa peau. C'est d'un tout autre ordre. Pour nous, il s'agit que le salut s'inscrive réellement dans toutes les réalités quotidiennes et que tout ce qui compose notre vie personnelle, notre vie relationnelle ou sociale, notre vie au sens large, soit rempli de ce que le Sei­gneur est venu nous apporter, la vie en plénitude.

C'est pourquoi la première lecture nous de­mandait de choisir la vie parce que nous sommes des êtres nés pour la vie et non pour la mort. Mais si la mort et la passion comme le péché sont inscrites dans notre vie, c'est tout simplement pour pouvoir com­prendre et espérer que le destin de l'homme va bien plus loin que ces limites que sont la mort et le péché. Ainsi donc notre corps, notre chair, toute notre vie doit devenir un lieu de salut. Et ce lieu de salut c'est la présence du Seigneur que l'on découvre à chaque événement de notre vie. Pour être sauvé, il ne faut donc pas essayer de mettre la main sur la vie de Dieu pas plus que nous ne pouvons posséder notre vie, pas plus que nous ne pouvons nous posséder entièrement car nous ne sommes pas à nous-mêmes un monde, car nous ne sommes pas les propres créateurs de notre vie. Mais il s'agit de s'ouvrir à cette vie de Dieu. Et la logique de la vie de Dieu passe par cette acceptation des réalités humaines qui vont nous conduire bien plus loin si nous savons y discerner la réalité de la puissance de la Résurrection qui est déjà à l'œuvre. Que notre corps et notre âme deviennent ainsi le lieu de salut et de présence du Christ dont l'eucharistie est déjà le germe. Qu'ainsi notre chair vivifiée par la chair du Christ soit déjà resplendissante de sa gloire. C'est ainsi qu'on gagne le monde, c'est ainsi que nous gagnons aussi la gloire du Christ.

Ainsi donc notre carême c'est de nous laisser posséder par le Christ pour le plaisir d'être à Lui. Ce n'est plus simplement de le regarder et d'aller vers Lui, mais c'est de le suivre sur le chemin de sa mort, de sa Passion et donc de sa résurrection.

 

 

AMEN

 

 
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