AU FIL DES HOMELIES

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LE PASSAGE PAR LA MORT

Dt 30, 15-20
Jeudi après les Cendres - année A (5 mars 1981)
Homélie du Frère Serge JAUNET

 

C

ette parole qui nous est donnée aujourd'hui, dans le livre du Deutéronome, et dans l'évangile, cette parole, certes doit être proclamée dans l'Église pour être entendue, mais il faut aussi qu'elle soit recueillie par chacun pour être méditée, dans le silence et dans le secret de sa chambre, comme le Christ nous y invitait hier. Cette parole doit être reprise par chacun car, vous l'avez compris, elle nous invite à un choix. Or un choix est toujours une affaire personnelle. Ce n'est pas un fait qui se traite en réunion ou même en méditation communautaire. Un choix est quelque chose qui nous touche au plus profond de nous-mêmes et qui doit être fait librement, dans le seul à seul, devant Dieu.

       Et ce choix est d'importance puisqu'il s'agit, pour chacune d'entre nous d'une affaire de vie ou de mort. "Aujourd'hui, je te propose la vie ou la mort, le bonheur ou le malheur." Si tu acceptes mes commandements, si tu marches sur mes voies, ce sera la vie pour toi, sinon ce sera la mort.

       Accueillir la loi du Seigneur, marcher sur sa voie, c'est certes accueillir cette Loi qu'il donna à son peuple, inscrite sur les tables de pierre et qui encore nous fait vivre, cette Loi toute divine mais en même temps cette loi tout humaine pour le bonheur et l'épanouissement de chacun.

       Mais si la Loi est venue par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. Et maintenant, nous seulement la Loi nous est donnée, ce code pour nous aider à nous épanouir véritablement dans notre vie d'homme, mais la grâce est venue par Jésus Christ. Il est, lui, la seule voie, la seule vérité et la seule vie. La seule vie offerte en face de la mort que si souvent nous choisissons dans nos actes de chaque jour.

       Et vous savez quel ce chemin cette grâce nouvelle du Christ Cela est dit clairement dans l'évangile de ce jour, cela que nous célébrerons au temps même de la Pâque et que nous commençons déjà à célébrer : "Le Christ doit souffrir, être tué et ressusciter le troisième jour". Et désormais, pour nous, après lui, nous avec lui, car s'il a vécu ainsi c'est pour nous montrer le chemin, c'est pour que nous allions sur ses traces, pour nous aussi, il n'y a pas de vie sans le passage, sans la Pâque à travers la mort.

       Et le Christ a des paroles fortes. C'est bien pour cela qu'il nous faut les reprendre, seul à seul, dans le secret : "Celui qui ne prend pas sa croix ne peut être mon disciple." Prendre sa croix, je crois qu'un jour ou l'autre, on y est acculé dans notre vie humaine. Il faut bien prendre ce fardeau qui nous est donné à chacun, cette croix qui est la nôtre et il faut bien avancer avec elle. Mais le Christ va plus loin. "Celui qui ne se renie pas lui-même, ne peut me suivre."

       Se renier soi-même, cela va très loin, cela nous fait peur. Et c'est vrai. Cela disons-nous et peut-être avec raison, a été mal vécu a été mal compris par des générations de chrétiens. Aujourd'hui, nous parlons plutôt d'épanouissement à tout prix de notre personnalité, de ce que nous sommes. Avons-nous aussi raison que ceux qui, peut-être se sont trompés sur le sens à donner à ce mot de reniement de soi ? Je crois qu'il n'y a pas de discours à faire sur ces paroles du Seigneur, mais qu'il y a à entrer dans sa chambre, seul, ou dans le coin de l'église, et de recueillir, d'accueillir ces paroles du Christ en ce début de carême. Il en va de notre vie ou de notre mort. Et le paradoxe est là : c'est que pour aller vers la vie, il nous faut, avec le Christ, et en lui, passer par la mort. Vous l'avez compris dans les termes mêmes que Jésus emploie. La vie chrétienne, à la suite de Jésus est un jeu à qui perd gagne.

 

       AMEN

 

 
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