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RETROUVER L'ESSENTIEL

Jl 2, 12-18 ; 2 Co 5, 20 - 2 Co 6,2 ; Mt 6, 1-6+16-18
Mercredi des Cendres - Messe de midi - année A (6 février 2008)
Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

Dans une de ses homélies, l'évêque Augustin parlant du carême dit que ce temps du carême, comme d'ailleurs le suggère l'Écriture, est un temps de grâce. Il parle ainsi de cette joie que peut procurer le temps du carême.

Je crois que quel que soit le temps liturgique que l'on peut préférer, le temps du carême reste certainement le temps le plus riche parce qu'il nous appelle à goûter ce que saint Paul disait dans cette deuxième épître aux Corinthiens : "Voici le temps favorable, voici le jour du salut". Il est vrai que si le carême devait être un temps, il serait le temps de Dieu, c'est-à-dire de la possible émergence d'un Dieu éternel dans la réalité la plus simple de notre quotidien. Ce qui fait que chaque jour, pour le chrétien est un possible jour de salut, mais comme nous ne sommes pas dans le fil d'un temps ordinaire, le carême veut nous faire percevoir tout particulièrement la grâce que le temps de Dieu nous donne pour nous ouvrir à son salut. Autrement dit, le carême est un jour favorable, est un jour du salut, car il veut manifester au cœur de l'homme ce qu'il y a d'essentiel: la rencontre, l'Alliance, le lien, la communion avec Dieu.

Cet essentiel va se retrouver donc à travers justement la reconsidération de ce qui fait notre quotidien, le regard sur ce qui fait que tous les jours semblent passer et se ressembler. Aussi peu importe ce qui sera mis en exergue : la prière, le jeûne, l'aumône, telle ou telle pénitence ! Il s'agit toujours de prendre le temps de retrouver l'essentiel. Il s'agit toujours de se donner la possibilité de se poser cette question : qu'est-ce qui me fait vivre? Qu'est-ce qui a du sens dans ce que je fais ? Qu'est-ce qui a du prix parmi toutes les choses que j'ai ? Qu'est-ce qui illumine ma vie par rapport à tout ce qui est sombre dans mon existence ? Qu'est-ce qui est vital dans ce qui semble être la surabondance ? Qu'est-ce qui fait le cœur de l'existence dans un monde plein de bruit et de divergence ? Qu'est-ce qui fait l'essentiel de tout ce que je dis, de tout ce que je pense et de tout ce que je fais ? l'Écriture dit : "Là où est ton trésor, là aussi est ton cœur ".

Le temps du carême est un temps où l'on peut redécouvrir ce trésor de notre existence, de notre vie chrétienne, de percevoir la vraie richesse de tout ce qui est vécu. Il s'agit bien du temps favorable et du jour du salut. C'est d'ailleurs ce que l'évangile lui-même proclame. Jésus ne dit pas qu'il ne faut pas jeûner. Jésus ne dit pas qu'il ne faut pas faire aumône. Jésus ne dit pas qu'il ne faut pas prier. Il stigmatise la manière extérieure dont cela peut se vivre. Il dit simplement : "Prier, jeûner et faire aumône dans le secret". Pourquoi ? Parce que le secret c'est justement cette relation et cette intimité avec Dieu, c'est le trésor même de notre vie, ce qui ne peut appartenir qu'à cette relation privilégiée entre Dieu et ce que je réalise et ce que je vis.

Alors s'il n'y avait qu'une chose à faire, qu'une seule pénitence, ce serait de retrouver ce salut et cette grâce qui nous est proposée, ce serait simplement de percevoir au jour le jour combien le carême est un jour de joie. Redécouvrir la joie de la vie et de Dieu dans notre vie. Quel beau programme de carême : "Voici le temps favorable, voici le jour du salut, jour d'allégresse et jour de joie".

 

 

AMEN