AU FIL DES HOMELIES

Photos

JÉSUS AU MILIEU DES PÉCHEURS

Is 58, 9 b-14 ; Mt 9, 9-15
Samedi après les Cendres - année A (24 février 1996)
Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

F

rères et sœurs, j'espère que vous êtes pécheurs et malades car dans son eucharistie, Jésus lui-même, avant que l'eucharistie soit un acte reli­gieux (c'est à dire avant que les hommes décident de poser un signe pour entrer en relation avec Dieu, c'est cela l'acte religieux), Jésus se fait l'hôte, le convive d'un repas où Il invite les pécheurs et les malades à venir communier à sa vie.

Frères et sœurs, avez-vous dans ces cas-là, décidés de vous reconnaître pécheurs et malades ou bien pharisiens et bien-portants. Qu'avez-vous décidé ? Que déjà le salut pour vous était tellement bien huilé et acquis que vous n'aviez plus que vos sacrifices à faire. Alors que le Seigneur dit : "Apprenez cette parole : Ce n'est pas des sacrifices que je veux mais la miséricorde que je veux". Notre assemblée est une assemblée de pécheurs, notre assemblée est une as­semblée de malades. Si tel ou tel d'entre nous croit être un pharisien ou bien un bien-portant capable de juger son frère et de dire "un tel ou un tel a fait telle chose", si l'un de nous est capable de colporter des ragots, d'être mesquin dans sa vie, de tuer par la ca­lomnie, alors il n'est pas digne de cette assemblée. Le Seigneur a invité les pécheurs et les malades et nous en sommes les premiers. Et quand dans Isaïe, nous entendons que le Seigneur nous mène au triomphe, c'est bien parce qu'Il a eu à combattre et à être victo­rieux de notre péché. Et ce qu'Il nous demande c'est de lever le joug qui pèse sur le poids de l'homme. D'enlever le mal qui anéantit l'existence de mon frère. Alors dit la prophétie : "Se lèvera la lumière, alors ta lumière sera comme le midi en plein jour".

Frères et sœurs, plutôt que d'accabler l'autre, plutôt que de juger toujours l'autre, plutôt que de lui faire porter un poids qu'il ne peut plus porter, l'eucha­ristie nous rappelle que, parce que nous sommes sau­vés, parce que le Christ nous invite, nous, pécheurs et malades, alors nous pourrons être conduits à son triomphe. Je crois que le Carême, comme l'eucharistie vécue comme le pain de la route nous aide à vivre cette réalité et que le Seigneur ne désire pas manger avec les pharisiens. Il n'a pas envie de manger avec les bien-portants. Il invite son Église à la miséricorde.

Frères et sœurs, c'est-à-dire à un retournement complet de notre vie. A ce que nos entrailles frémis­sent de la joie d'être sauvés. L'Église doit être vrai­ment le Temple de l'Esprit Saint, la maison du Sei­gneur. Alors il nous faut avoir assez de souffle, assez de désir de la vie de Dieu. Il ne faut plus que nos ac­tions soient toutes réduites. Il faut au contraire que nous ayons du cœur, de la maturité, de la grandeur de vie. Il faut que nous ayons de la miséricorde et le cœur large. Que l'Église ne soit pas "petite maison" mais que l'Église soit "maison de Dieu". C'est tout à fait différent. Qu'elle n'enferme pas, qu'elle n'empri­sonne pas, qu'elle ne juge pas, qu'elle ne calomnie pas. Alors notre assemblée sera dans la joie. Retour­nons-nous, convertissons-nous. Ayons ce cœur ai­mant. Accueillons en fait le Seigneur qui vient nous sauver.

 

 

AMEN

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public