AU FIL DES HOMELIES

Photos

L'APPEL

Is 58, 9 b-14 ; Mt 9, 9-15
Samedi après les Cendres - année B (28 février 2009)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL


Pontarlier : Saint Matthieu

F

rères et sœurs, nous venons donc de lire dans l'évangile cette page extrêmement célèbre de l'appel de Matthieu, dans l'évangile de Matthieu lui-même. C'est donc de son propre appel qu'il nous parle. Ce passage est illustré, vous l'avez peut-être vu à Rome, à l'église Saint Louis des Français, le magnifique tableau du Caravage, c'est l'appel donc de Matthieu par Jésus.

Matthieu était publicain, c'est-à-dire collecteur d'impôts. N'imaginons pas un fonctionnaire comme aujourd'hui qui prend les impôts calculés solennellement par l'État, et qui n'est qu'un fonctionnaire transmettant ces sommes, à l'époque, l'impôt était affermé, c'est-à-dire que le gouvernement chargeait tel ou tel civil généralement fortuné, de s'occuper de recueillir l'impôt, à charge à lui de remettre à l'État une somme dont ils convenaient à l'avance. Vous comprenez tout de suite que celui à qui était affermé l'impôt cherchait à en ramasser le plus possible, puisqu'une fois payé ce qu'il avait convenu avec l'État, le reste était pour lui. C'était donc un véritable gang. Les petits collecteurs d'impôts étaient au fond, des petits malfrats au service d'autres malfrats. Nous comprenons toute de suite le sens de cet évangile, et d'un autre passage dans saint Luc, où Jésus arrivant à Jéricho va loger chez le chef des publicains. Jésus appelle pour être un des douze apôtres, un de ces petits bandits qui ramassait l'argent des pauvres et des riches pour le compte d'un chef de gang. Cela nous explique la réaction des pharisiens, d'autant que Jésus ne se contente pas d'appeler Matthieu pour être un apôtre, il accepte d'être invité au repas que Matthieu donne à ses anciens compagnons de fraude, et ce repas où se pressent effectivement des publicains, des pécheurs comme nous le dit Matthieu lui-même.

Les pharisiens se scandalisent, nous les comprenons un peu, nous ferions pareil si le pape venait aujourd'hui faire la même chose et manger avec des petits bandits, les pharisiens donc sont scandalisés, et Jésus leur répond : "Vous croyez être bien portants, mais c'est pour guérir les malades que je suis venu"? Sous-entendu, vous devriez peut-être reconnaître votre maladie pour bénéficier vous aussi de la guérison.

C'est donc un passage qui est comme le résumé de tout l'évangile. L'évangile, c'est la venue d'un sauveur, qui n'est pas venu pour punir les méchants et récompenser les bons, mais qui est venu pour sauver ceux qui sont perdus. C'est ce que Jésus dira à propos de Zachée, le Christ est venu pour sauver ce qui était perdu. C'est dans la mesure où nous savons discerner en nous ce qui est péché, car qui est sans péché ? qui peut prétendre être pur de toute faute ? quelle illusion, quel aveuglement, c'est dans la mesure où nous savons regarder notre propre cœur et y découvrir nos fautes, nos péchés, tout ce qui nous éloigne de Dieu et de nos frères, tout ce qui nous met loin de l'amour fraternel et théologal, c'est dans cette mesure où nous pouvons découvrir cela dans notre cœur, que nous pouvons nous approcher de Jésus pour recevoir de lui le pardon.

C'est le sens du carême, c'est pourquoi nous lisons cet évangile au début du carême et vous avez entendu dans Isaïe, comment il faut comprendre le jeûne qu'on nous propose pendant le carême. Le jeûne véritable consiste à ouvrir notre coeur à nos frères, pour leur venir en aide dans leur détresse.

 

AMEN


 

 

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public