AU FIL DES HOMELIES

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LA VIE ÉTERNELLE

Is 58, 1-9 a ; Lc 10, 25-37
Vendredi après les Cendres - année B (24 février 2012)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS


Bon samaritain (Reuilly)

Q

ue dois-je faire pour avoir la vie éternelle ?" Frères et sœurs, ce légiste, ce scribe a à peu près la même attitude que le jeune homme riche qui demandait à Jésus ce qu'il fallait faire pour avoir la vie éternelle. Dans le monde juif de l'époque, le fait de la visée ultime, du but ultime de la vie, était sans cesse présent. On nous montre parfois un judaïsme tatillon, s'occupant d'observances, de détails et perdant de vue le fait de vivre, d'exister et finalement de rechercher Dieu, ici au moins ces deux exemples nous en fournissent une preuve inverse. Ces deux personnages, le jeune homme riche qui finalement renoncera, et le scribe dont on ne sait pas exactement ce qu'il fera après, ces deux personnages se préoccupent immédiatement de ce qu'on appelle en théologie la fin ultime, le but dernier, le fait d'orienter toute sa vie pour Dieu.

C'est la réponse de Jésus qui est déconcertante. La plupart du temps, on ne fait pas attention suffisamment à cela, on interprète la parabole comme une sorte d'entité qui n'a pas eu ce prologue, alors que précisément, les deux choses sont enchaînées.

Quel est donc le sens de cette parabole ? Il faut aussi la relire à lumière de la recherche de la vie éternelle. Quand le prêtre ou le lévite passent à toute vitesse à côté de l'homme tombé sur le bord de la route sous les coups des brigands, ils cherchent la vie éternelle. Ce sont des gens qui vont directement au but, ils vont directement au temple, eux, ils ont des vrais soucis religieux, ils s'occupent de ce qu'il faut : comment allons-nous obtenir la vie éternelle ? Ce sont des gens tout à fait louables, ils veulent être à l'heure à la messe, ils n'ont pas le temps de s'occuper des blessés. Le scribe a posé la question de savoir comment il fallait faire pour avoir la vie éternelle, et sans s'en rendre compte, en posant la question du prochain, lui pour se justifier, nous dit le début de la parabole, d'un air de dire : cela je le savais déjà; ou bien, aimer son prochain, as-tu une idée là-dessus ?

Le but de la parabole c'est de montrer que pour atteindre la vie éternelle, il faut accepter de temps en temps d'être arrêté en chemin. Pour chercher Dieu, il faut faire comme lui qui écrit droit à travers des lignes courbes. Ce samaritain lui, ne s'est peut-être pas posé la question de savoir comment atteindre la vie éternelle. Il a fait l'école buissonnière en s'arrêtant, en chargeant l'homme sur sa monture, en le soignant, en s'arrêtant à l'hôtellerie, il a beaucoup perdu de temps et s'il voulait arriver à la vie éternelle, il aurait peut-être eu des moyens plus directs. En réalité, c'est quand il a trouvé l'homme sur le bord du chemin, qu'il a trouvé la vie éternelle, car à ce moment-là il a rencontré vraiment son prochain.

Frères et sœurs, la vie éternelle n'est pas si loin que cela, il suffit de regarder sur le bord des chemins, il suffit de musarder un peu, de regarder à droite et à gauche et il y a plein d'occasions de rencontrer la vie éternelle. C'est peut-être pour cela qu'on fait carême !

 

AMEN

 

 

 

 

 

 
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