AU FIL DES HOMELIES

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RECONNAÎTRE L'ORIGINE DU SIGNE

Est 13, 8-11 +15-17; Lc 11, 14-23
Jeudi de la première semaine de carême - année A (4 mars 1993)
Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

I

l y a premièrement le signe, mais le signe ne suf­fit pas en lui-même si l'on n'arrive pas à recon­naître d'où il vient. D'où toutes les questions qui se posent par rapport à cette guérison du sourd-muet. En fait l'étonnement des foules et la question que se posent les foules c'est la "bonne question", c'est de savoir finalement qui se cache derrière ce signe, qui le fait, quel en est l'auteur, d'où vient cette œuvre. Seu­lement les réactions sont différentes. Si la foule, comme elle le pressent, reconnaissait que c'est l'œuvre de Dieu derrière la guérison du sourd-muet, elle serait obligée de croire en Jésus. Donc il est plus facile d'aller contre la vérité, de mentir et de pécher presque contre l'Esprit saint en ne reconnaissant pas que, comme va le montrer Jésus, ce qui est à l'origine même de son œuvre c'est le doigt de Dieu c'est-à-dire l'Esprit saint qui agit. Si donc l'Esprit saint agit aux yeux des foules, elles sont obligées de constater que le Royaume de Dieu est là, qu'il est en train de se cons­truire devant leurs yeux. C'est à une véritable prise de position et de reconnaissance que Jésus pousse les foules.

Et par la petite parabole qui suit, Jésus veut montrer que selon le choix que l'on fait, on va contre Dieu ou pour Dieu. Cette parabole qui est en fait une parabole militaire montre un gardien de palais. Si quelqu'un de plus fort que lui survient, cet arrivant prendra le dessus sur ce gardien. Les Pères de l'Église ont aimé y lire la victoire du Christ sur ce gardien qui n'est autre que Satan, Prince de ce monde possesseur d'un royaume temporel, et que le Christ vient abattre dans ses positions. Donc le Christ se montre aussi bien dans le signe qu'Il pose que dans l'origine du signe. Il tend à montrer que, effectivement, le salut de Dieu émerge dans le cœur de chacun de ceux qui voient le signe et qui sont donc capables d'en recon­naître la provenance.

La phrase qui conclut ce passage est célèbre : "Qui n'est pas avec Moi est contre : Moi. Qui n'amasse pas avec Moi dissipe !" Elle montre finale­ment la radicalité de l'évangile, la radicalité de la prise de position que chaque homme doit faire face à Dieu, face au signe qui lui est donné.

Que ce carême soit pour nous, non pas tant peut-être un exercice de piété qu'un temps de déci­sion, celui de reconnaître effectivement que le Christ a véritablement vaincu dans toutes les réalités humai­nes ce qui est en nous de mal ou de péché, pour que nous puissions reconnaître que nous sommes des êtres graciés, que nous sommes des êtres sauvés. Je crois que c'est le leitmotiv de ce carême, de nous rendre compte que nous devons, en ce moment, prendre no­tre décision. Finalement, sommes-nous pour ou contre le Christ ? Nos actes ne sont que des répercussions de ce sens donné à notre vie de cette direction prise en fonction d'un donné fondamental, celui de reconnaître que Jésus est véritablement le Fils de Dieu qui vient nous sauver. Si nous savons reconnaître en nous cette action, cette œuvre de Dieu, pourquoi pas ce "signe de Dieu", nous serons rendus à la Parole de Dieu, nous serons rendus à l'action même de l'Esprit saint en nous. Nous serons ainsi capables de construire et de bâtir sur le roc, d'être véritablement solides avec le Seigneur. Il nous reste donc à savoir qui nous avons mis gardien de notre cœur. Est-ce le Prince de ce monde ou le Christ qui l'a vaincu ?

 

 

AMEN

 

 
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