AU FIL DES HOMELIES

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QUAND LE MUET PARLERA

Est 13, 8-11 +15-17; Lc 11, 14-23
Jeudi de la première semaine de carême - année A (21 février 2002)
Homélie du Frère Christophe LEBLANC

 

C

omme dirait Monsieur de la Palisse, un muet par définition est quelqu’un qui ne peut pas parler, mais pour continuer la pensée de ce Monsieur, je dirais qu’il y a aussi beaucoup de gens qui parlent pour ne rien dire. Il y en a qui parlent pour ne rien dire, et il y en a qui parlent pour détruire aussi la Parole. Parler, c’est rentrer en communication avec quelqu’un, c’est permettre qu’un discours, que quelque chose, qu’un échange se passe entre deux personnes.

Cette réflexion peut nous aider à comprendre ce qu’est le miracle. Le miracle, c’est vrai que pour nous, très souvent, se résume à être un prodige, un acte surnaturel, quelque chose qui n’est pas explicable par la science, et n’étant pas explicable, on en conclut que cet acte tient du tient du miracle, jusqu’au jour où la science aura fait des progrès, et nous dirons que grâce à la science, ce n’est pas, ou que ce n’est plus un miracle.

Dans la scène de l’évangile, de l’expulsion du démon de cet homme, de ce muet, ce qui me semble intéressant, c’est de remarquer que comme dans la plupart de ces miracles, ce qui se passe après ce miracle ? Quelle est la fonction du miracle ? Qu’est-ce qui a changé après ce miracle ? Si quelque chose a changé, c’est la Parole. C’est-à-dire qu’après un miracle, on nous dit généralement que les foules étaient dans l’admiration, c’est vrai que pour nous, l’admiration est plutôt positive, et nous découvrons bien souvent que le miracle n’est pas une preuve de la divinité de Jésus, puisque bien souvent, le miracle est suivi d’une parole, d’une parole négative, d’une machination, pour reprendre le terme de la première lecture. La conséquence du miracle est une sorte de machination de ceux qui sont contre Jésus, de ceux qui ne reconnaissent pas le miracle, et qui vont utiliser la Parole non pas pour entrer en relation avec Jésus, mais pour entrer en opposition avec Jésus, et fermer la Parole en disant sur un ton péremptoire : en fait, Jésus fait cela parce qu’Il est du côté de Béelzéboul, point final. Pas de dialogue possible et à ce moment-là pas de révélation possible non plus du Royaume de Dieu. Et que dit le muet ? Là aussi, bien souvent nous n’avons pas la parole de celui qui a été guéri et libéré. Et j’ai envie de dire que ce muet quand il s’est mis à parler, a certainement repris les paroles de Mardochée dans ce souvenir de ce que Dieu a fait pour son peuple, et de finir par cette prière que nous pouvons tous reprendre ensemble, de prier et de louer le Seigneur afin que jamais la bouche du muet ne se taise.

 

 

AMEN

 

 
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