AU FIL DES HOMELIES

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CE QUE VOUS AVEZ FAIT

Ez 34, 11-22 ; Mt 25, 31-46
Lundi de la première semaine de carême - année A (12 mars 1984)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

C

 

e qui est tout à fait étonnant dans cet évangile, c'est que les justes, comme les méchants, ne reconnaissent pas la présence du Fils de l'Homme. "Seigneur, quand nous est-il arrivé de Te voir nu, malade ou prisonnier et de T'avoir secouru ? " ou bien "de ne pas T'avoir secouru ?"

Ce qui est étonnant dans notre vie, c'est précisément cette incapacité à découvrir le visage de Jésus-Christ. C'est quelque chose d'étonnant pour plusieurs raisons. Mais je crois que c'est surtout parce que Dieu est étonnamment discret et humble. Il est celui qui vient demander. Il est celui qui n'a pas tellement bonne mine. Il est celui dont le visage ne s'impose pas. Il y a, dans cette attitude de Dieu, au cœur de nos vies, quelque chose de bouleversant. Nous comptons nous-mêmes toujours sur notre suffisance, sur notre auto-satisfaction, sur le fait que nous n'avons, ou nous ne voudrions avoir besoin de rien, ni de personne. Et le visage de Dieu, tel qu'il se présente à nous, c'est le visage d'un Dieu qui a besoin de nous.

Par rapport à toutes les représentations qu'on peut se faire de Dieu et qui sont la plupart du temps des transpositions de notre propre désir de puissance, de satisfaction, de jouissance ou de plaisir qui nous permettrait de vivre seuls, le Christ vient casser ce moule et vient nous dire simplement que Dieu est quelqu'un qui a besoin de nous. C'est cela le grand mystère de notre existence tout entière. Ce n'est pas que Dieu nous regarde de haut. Il est à nos côtés, je dirais même plus qu'à nos côtés. Il a besoin de nous, Il vient quémander notre amour. Il vient quémander notre cœur et notre charité.

Et ce qui est plus extraordinaire encore, c'est qu'Il met dans notre cœur de quoi donner, Il met dans notre cœur de quoi être généreux, Il met dans notre cœur de quoi vêtir celui qui est nu. Et, la plupart du temps, ce don, nous n'en connaissons ni la source, ni le destinataire. Ni la source, parce que nous ne voulons pas reconnaître que "tout est grâce". Ni le destinataire, car nous ne voulons pas reconnaître que, dans cette grâce, tout est pour Dieu. En réalité, nous essayons nous-mêmes de vivre comme des espèces de parasites de la grâce de Dieu, de la court-circuiter, de nous l'approprier. Et, ce faisant, nous tuons le Christ, nous tuons la grâce et nous tuons nos frères.

Frères et sœurs, que ce temps de carême soit vraiment pour nous, le temps de la véritable conversion. Que nous sachions d'où vient la grâce, d'où vient le don de Dieu. Que nous sachions reconnaître ce visage de ce Christ humble et pauvre qui s'approche de nous pour demander le don le plus précieux, une chose qui, en réalité n'est rien du tout comparée à la grâce que nous avons reçue. Il vient simplement nous demander nous-mêmes pour Lui.

 

AMEN

 
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