AU FIL DES HOMELIES

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LE CHRIST VIENT JUGER

Ez 34, 11-22 ; Mt 25, 31-46
Lundi de la première semaine de carême - année A (1er mars 1993)
Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

I

l est donc question du Christ qui viendrait juger et qui prendrait place sur son trône de gloire pour rassembler autour de Lui tous les hommes, de tous les temps et de tous les pays. Deux éléments sont à souligner dans cette prophétie. Le premier est la question des "bénis" et des "rejetés". "Quand, Sei­gneur, nous est-il arrivé de Te voir nu ou assoiffé, etc... ?" ou "Quand, Seigneur, nous est-il arrivé de Te rejeter ?" le deuxième élément est le fait choisi par le Christ de parler comme un Pasteur, un pasteur qui témoigne, à l'égard de ses brebis, de la compassion, de l'attention que peut avoir un pasteur lorsqu'il ras­semble son troupeau et tente de séparer les bons élé­ments des mauvais éléments, comme le dit Ezéchiel.

Le premier élément nous permet de compren­dre que nous serons jugés sur la miséricorde qui est en notre cœur. Autrement dit, nous serons jugés sur la conformité de notre cœur à celui de Dieu. Dieu n'agit pas avec une justice implacable qui semble suspendue sur notre tête, mais Il agit exactement avec la miséri­corde qui est dans notre cœur. Le jugement qui se retournera contre nous sera l'absence de miséricorde dont nous aurons témoigné et fait la preuve dans notre vie. Ce n'est pas le Christ qui maltraite les maudits, mais ils sont séparés de Dieu afin de subir la peine accumulée dans leur cœur endurci tout au long de leur vie.

Le second élément est la question de ces bé­nis. "Quand, Seigneur ?" Il y a comme un secret du Royaume que nous ne pouvons pas comprendre dès maintenant. Il y a même un secret de notre destinée céleste que nous ne pourrons pas découvrir ici-bas et que nous ne pourrons découvrir que lorsque le cœur de Dieu et le cœur de l'homme, notre cœur en l'occur­rence, se trouveront si près l'un de l'autre que la lu­mière de l'un se heurtera à la ténèbre de notre cœur ou au contraire se reflétera dans notre propre cœur qui aura tenté, par la miséricorde, de lui ressembler. C'est pourquoi nous n'avons pas à tenter de faire, dès maintenant, ce que le Christ fera, et seul Lui le fera, à séparer ce qui est mauvais de ce qui est bon. Cela rejoint la parabole du bon grain et de l'ivraie. Il y a, et même en nous, un enchevêtrement inextricable entre ce qui est bon et ce qui est mauvais. Et nous ne se­rions que de mauvais moissonneurs si nous voulions, dès maintenant, moissonner, voir clair, voir, en quel­que sorte, à quoi je suis destiné. Le secret de cette destinée nous renvoie aussi au secret de notre au­mône.

Nous avions inauguré notre carême en lisant dans les évangiles l'exhortation du Christ qui nous demande de faire l'aumône de façon que notre main droite ignore ce que fait notre main gauche. Il serait magnifique que nous puissions être miséricordieux sans en prendre vraiment conscience car la conscience même de notre bonté risque de se retourner en orgueil contre nous. Il y a donc à établir avec Dieu une rela­tion à établir coûte que coûte, un relation plus forte même que notre charité et dont une vraie charité pour­rait découler.

Il est Pasteur, et même dans le jugement, Il sera "notre" pasteur. Nous avons donc, dès mainte­nant, dans le temps, la question des bénis relève du temps, nous avons dès maintenant à ouvrir notre cœur pour qu'il se transforme et rejoigne celui de Dieu, afin de l'imiter et de lui ressembler. Ainsi le pasteur de notre cœur et de notre vie atteindra notre vie et l'apai­sera selon sa miséricorde.

 

 

AMEN

 

 
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