AU FIL DES HOMELIES

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UN SERPENT D'AIRAIN

Nb 21, 4-9

(2 mars 2009)

Homélie de Monseigneur Claude Feidt

 

Walcourt : Le serpent d'airain 

A

u cours de sa marche dans le désert, le peuple d'Israël est à bout de courage, il récrimine contre Dieu et contre Moïse. Le peuple d'Israël dans sa marche dans le désert connaît la tentation de l'amertume, de la mort, avec les serpents à la morsure brûlante. Dans sa marche dans le désert, finalement, le peuple d'Israël reconnaît son péché. Moïse intercède auprès du Seigneur, et c'est alors qu'il fait un serpent de bronze et qu'il le dresse au sommet d'un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, nous dit le livre des Nombres, et que cet homme regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie.

       Frères et sœurs, c'est un texte assez étonnant, que ce passage du livre des Nombres dans l'Ancien Testament. Un texte qui nous dit les épreuves, les souffrances, les doutes, les blessures du peuple de Dieu, tout au long de son histoire. C'est aussi un texte d'espérance pour tous ceux qui au lieu de regarder ce qui se passe à la hauteur de leur pauvre vie, lèvent les yeux vers ce serpent de bronze, serpent mystérieux qui leur conserve la vie. Jésus connaissait bien ce texte. Je ne voudrais pas laisser divaguer mon imagination, mais, lorsqu'il lisait ce texte, comment ne pouvait-Il pas penser, à la synagogue de Nazareth ou ailleurs, qu'Il serait ce serpent de bronze élevé à la face du peuple d'Israël, et à la face des nations pour être source de vie, source de foi, d'espérance et d'amour. Oui, sans doute Jésus avait-Il médité souvent ce texte. En tout cas, ce qui est sûr c'est que c'est bien en référence à ce texte qu'il s'adresse à Nicodème, ce chercheur de Dieu, ce mal-croyant, venu le voir la nuit en cachette, pour parler avec Lui. A Nicodème, Jésus dit : "De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'Homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par Lui la vie éternelle".

       Frères et sœurs, ce temps du Carême que nous vivons chaque année nous fait revivre les quarante ans du peuple d'Israël au désert, les quarante jours de Jésus au désert. Les quarante ans du peuple d'Israël traversant le désert au milieu des épreuves et des doutes pour entrer dans la terre Promise. Depuis le mercredi des cendres, la liturgie met sur nos lèvres ces mots : "Les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons dans le combat de Dieu". Dans quelques jours, nous célébrerons le Vendredi Saint et nous entendrons l'évangile de saint Jean : "Ils lèveront les yeux vers Celui qu'ils ont transpercé". Le Vendredi Saint, nous sommes invités, et nous nous y préparons, à lever les yeux vers le serpent de bronze auquel Jésus s'est identifié, qui est source de vie, de renaissance, de renouveau dans notre santé spirituelle. Oui, le serpent de bronze élevé par Moïse au sommet du mât préfigure le Fils de l'Homme élevé en croix, pour que nous soyons guéris de nos morsures, de nos blessures, et que nous obtenions par Lui la vie éternelle.

       L'histoire du peuple d'Israël traversant le désert, c'est l'histoire du Peuple de Dieu à travers tous les évènements de son histoire, c'est aussi notre histoire personnelle, nous qui sommes de ce Peuple de Dieu. Recevons ce matin de cette liturgie de la Parole, une invitation à sortir de nos morsures, de nos blessures, à fixer nos yeux sur Jésus-Christ, sûrs que par lui nous vient la vie.

       Dans l'évangile d'aujourd'hui, reprenons chacune et chacun pour notre compte, cette parole de Jésus à Nicodème : "Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique. Ainsi, tout homme qui croit en Lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle". Oui, Dieu aime le monde, notre monde, Il donne son Fils unique, livré, transpercé, le Fils qui donne son corps et qui verse son sang pour le salut du monde. Ces paroles de Jésus à Nicodème : "Dieu a tant aimé le monde", Il les a adressées à cet homme inquiet, tracassé, timide, angoissé qui était venu le rencontrer pendant la nuit. Ce sont des paroles pour Nicodème, elles sont aussi pour nous.

       J'ai toujours regardé cette parole de Jésus à Nicodème comme éclairant l'histoire du monde, lui donnant un sens, une espérance, et éclairant aussi notre histoire à nous, chrétiens, ou catéchumènes, en nous traçant le devoir de témoigner que le Sauveur est bien venu parmi nous, qu'Il est amour, que toute vie chrétienne doit témoigner de cet amour, et que toutes nos vocations chrétiennes, quelles que soient leurs itinéraires, doivent à leur tour, les yeux fixés sur Jésus-Christ, être une histoire d'amour pour nous-mêmes et pour les autres.

       AMEN


 

 
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