Imprimer

DIEU JUSTE ET MISÉRICORDIEUX

Ez 18, 21-28+30-32 ; Lc 9, 43 b-45+51-56
Mardi de la première semaine de carême - année C (27 février 2007)
Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

L

'attitude de Jacques et de Jean est une attitude que l'on pourrait rapprocher de ce que nous avons entendu dans la première lecture concernant ce qu'Ézéchiel dit au sujet de la justice. 

L'homme veut souvent se faire justice ou peut-être même sous prétexte de bien faire, veut faire justice à la place de Dieu. Ainsi en est-il de Jacques et de Jean qui demandent sans peur si Jésus veut qu'ils fassent tomber le feu du ciel sur le bourg des samaritains qui ne les accueille pas. En tout cas, Jacques et Jean ne semblent pas douter, si ce n'est de leur capacité à invoquer que le feu descende, du fait que du coup Dieu veuille accéder à leur demande puisqu'il s'agit d'une pure justice. Mais, Jésus les réprimande. Quel est le sens de cette réprimande ? C'est la justice de Dieu qui prédomine sur l'ensemble de tous les actes humains, mais personne ne peut se prévaloir d'être juste aux yeux de Dieu. 

       Dans le passage de la première lecture, c'est ce qui nous est dit profondément. Pourquoi voulons-nous remplacer ce que Dieu a décidé de faire, la manière dont Il a décidé d'être juste, miséricordieux. Aussi si le méchant se détourne de ses méchancetés, de son péché et qu'il pratique la justice, il sera sauvé. Mais certains trouvent injuste que le juste qui peut-être pendant toute sa vie a pratiqué la justice, finalement, commet le péché, celui-ci  sera condamné. Et ceux qui s'auto justifient voudraient remplacer ce que le Seigneur a décidé aussi bien pour le bon que pour le méchant. Le Seigneur dit : "Je ne veux pas la mort du méchant".

       En effet, nous finalement quand nous abordons la justice nous la voyons toujours comme une justice qui doit punir, qui doit condamner, qui doit rabaisser l'autre, qui doit détruire l'autre dans ce qu'il est par rapport à ce qu'il a fait. Et nous réduisons toujours ainsi l'autre à ses actes. Or le Seigneur fait exactement l'inverse. Il ne regarde pas tant d'abord les actes que la personne elle-même et Il croit, Il espère et il veut que le méchant se convertisse, et c'est sa justice. Il ne veut pas la mort du pécheur ou du méchant, car ce qui prime en Dieu, c'est que son amour soit proposé à tous, quel qu'il soit et que cet amour puisse resplendir dans le cœur de chacun, qu'il soit le précieux trésor de toute l'activité humaine et qu'ainsi, nous ne pouvons pas être juges de notre frère. Mais en revanche, le Seigneur nous appelle à collaborer à son œuvre de justice qui est de revêtir de la miséricorde et de l'amour du Seigneur, tout ce que l'autre est et fait. 

       Ainsi, en participant à cette œuvre du Seigneur, nous participons vraiment avec lui non seulement à cette œuvre de miséricorde, mais à une œuvre de vie et de résurrection que nous désirons, que nous espérons et que nous voulons pour l'autre. Si Dieu ne veut pas la mort du pécheur, pourquoi la voudrions-nous ? 

 

       AMEN