AU FIL DES HOMELIES

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LA FIDÉLITÉ

Ez 18, 21-28+30-32 ; Lc 9, 43 b-45+51-56
Mardi de la première semaine de carême - année C (10 mars 1992)
Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

N

ous ne pouvons pas nous vanter d'avoir la fidélité de Dieu, c'est-à-dire cette perma­nence que Dieu manifeste à notre égard et par laquelle Il nous conduit par des liens d'amour, par son pardon, jusqu'au salut. Nous n'avons comme pos­sibilité personnelle que cette pauvre fidélité humaine qui n'est que d'éternels, d'incessants recommence­ments. Notre action, notre façon d'être, notre com­portement ne tient jamais longtemps la route par lui-même. Nous n'avons qu'une solution qui est de re­commencer. Et s'il est un devoir dans le carême, ce devoir est de nous relever de nos péchés, de nous relever incessamment même si nous tombons encore, de n'avoir comme seule fidélité que celle de nous remettre debout devant Dieu. Nous n'avons pas celle de Dieu, nous n'avons pas celle de sa durée, de sa puissance, mais nous avons celle de croire c'est-à-dire de nous remettre face à Lui, de prendre résolument le chemin du visage de Dieu autant de fois qu'il est né­cessaire, autant de fois que nous sommes arrêtés, im­mobilisés, en raison du péché, sur le chemin de la vie.

Dieu, alors, en nous sachant si résolument dé­cidés à nous tourner vers Lui, saura atténuer, effacer ce péché, ces embûches, ces entraves pour nous conduire plus près de Lui, dans son intimité. S'il est donc un "je dois", un devoir, c'est celui de ne jamais désespérer, de ne jamais accepter que le péché fasse son œuvre en nous. Or l'œuvre du péché est comme une mécanique extrêmement bien huilée qui, de péché en péché, nous replie nous enferme, nous fait mourir. Au moindre écart, au moindre vent contraire, au moindre visage détourné de Dieu, nous pouvons de nouveau, parce que nous croyons, parce que nous espérons en Lui, nous remettre dans le vent de Dieu, nous remettre dans le sens de l'harmonie de Dieu, retrouver sa trace, quoi qu'il arrive, pour que Dieu, s'appuyant sur notre résolution, nous attire à Lui.

Ainsi ce n'est pas le feu qui va descendre, mais c'est ce pardon que Dieu propose ce pardon qui est la façon dont, jour après jour, Dieu va tisser une relation nouvelle avec nous. Et de fidélité en fidélité, nous découvrirons non pas un nouveau Dieu, mais nous découvrirons en nous un nouveau regard sur Lui, faisant tomber de nos yeux des écailles qui nous em­pêchent, en fait, de le reconnaître ou qui nous donnent l'habitude de le reconnaître à l'endroit où Il n'est déjà plus. Effaçons de nous ces idoles, ces images toujours figées, décrépies et flétries que nous avons de Dieu pour que surgisse cet amour nouveau comme ce prin­temps d'amour immédiat, urgent que Dieu offre inces­samment à notre cœur, à notre vie.

Ainsi, que l'eucharistie que nous allons rece­voir réveille en nous un dynamisme réel pour nous tourner vers Lui comme au premier jour.

 

 

AMEN

 

 
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