AU FIL DES HOMELIES

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NE PAS REFUSER LE CHRIST QUI PASSE

Ez 18, 21-28+30-32 ; Lc 9, 43 b-45+51-56
Mardi de la première semaine de carême - année A (2 mars 1993)
Homélie du Frère Michel MORIN

 

E

zéchiel nous rappelle une façon que nous avons de commettre le péché. C'est le fait de succomber aux tentations. Le prophète dé­nonce celui qui commet toutes sortes d'infidélités, d'abominations, de crimes, celui qui ne pratique pas le droit et la justice, celui donc qui se laisse complète­ment submerger par ces forces du mal, par ces tenta­tions, qu'elles viennent de circonstances extérieures ou de dispositions intérieures. Et c'est une notion du péché qui nous est bien familière. D'ailleurs c'est pour cela que dans le Notre Père, nous supplions Dieu de ne pas nous laisser succomber à cette tentation.

Le passage de l'évangile nous révèle une autre espèce de péché. "Jésus envoya devant Lui des disci­ples pour préparer sa venue dans un village, mais on ne le reçut pas dans ce village." Ceci désigne cette espèce de péché qui est la résistance au passage du Christ dans notre vie, qui est non pas de succomber à telle ou telle tentation mais qui est de refuser la grâce de Dieu, qui est de se fermer sur soi-même, qui est peut-être d'accueillir ceux qui parlent et préparent la venue du Christ, mais quand c'est Lui qui vient en personne, Lui qui passe, on lui ferme la porte de son cœur comme ces samaritains ont fermé les portes de leur bourg.

Succomber aux tentations fragilise notre ca­pacité d'accueillir le Christ. Résister à l'accueil de la grâce du Christ fragilise notre capacité de ne pas suc­comber aux tentations. Au début de ce carême s'il faut bien sûr nous convertir à propos de nos crimes, de nos infidélités, de nos méchancetés, il faut encore plus, si ce n'est davantage et en premier lieu, ne pas refuser, ne pas résister à la grâce, à la venue du Christ dans le village bien étranger de notre vie. Car nous pouvons toujours mettre toutes nos énergies, et nous en avons beaucoup, c'est vrai, à combattre le mal, nous nous y épuiserons, mais Dieu ne sera pas épuisé sur nous. Il nous faut donc mettre toute notre énergie à ne pas résister ou à résister de moins en moins à la venue du Christ, au don de sa grâce, à son passage dans notre vie. Et c'est cette force-là qui nous permettra d'être plus résistant aux forces et aux tentations qui viennent du mal.

Seigneur, tu ne veux pas, même si les hom­mes t'en supplient, détruire celui qui commet le mal ou qui Te refuse. Tu ne veux pas que se fasse, sur ce plan-là, ce que l'homme fait dans la justice c'est-à-dire punir ou détruire celui qui a commis le mal. Peut-être que Jean et Jacques n'avaient pas tout à fait tort aux regards humains de vouloir que le feu du ciel détruise tout mal, tout refus et même ceux qui ne t'ont pas accueilli. Mais le regard que Tu poses sur nous n'est pas celui-là. Aide-nous donc pour qu'en fixant nos yeux sur les tiens nous retrouvions le sens de ton voyage vers Jérusalem, puisque c'est là que Tu feras descendre sur nous le feu de ta passion, de ta souf­france et de ton amour qui ne descendras pas pour nous détruire mais pour consumer nos résistances et nos péchés, afin que nous puissions non pas en mou­rir, ce qui en serait la logique, mais en vivre à cause de Toi.

 

 

AMEN

 

 
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