AU FIL DES HOMELIES

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L'APPEL A LA CONVERSION

Jon 3, 1-10

(16 février 2005)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

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rères et sœurs, comme vous avez pu le constater l'évangile et la lecture qui précède se correspondent, ou plus exactement, comme on ne peut pas lire tout le livre de Jonas, le passage que nous avons lu est une des deux références que Jésus utilise dans l'évangile. 

Le livre de Jonas en effet est un livre tout à fait intéressant, il se présente comme un prophète, même si Jonas n'a vraisemblablement jamais existé, et qu'il s'agit plutôt d'un petit roman. Jonas est envoyé par Dieu pour prêcher la conversion aux païens de Ninive, il se révolte contre cette mission que Dieu lui donne, parce qu'il trouve anormal qu'on demande aux païens de se convertir, c'est seulement les juifs qui ont droit à la miséricorde de Dieu. Jonas s'en va loin de Ninive au lieu d'accomplir sa mission, et dans ce petit roman contenu dans la Bible, une tempête se déchaîne, puisqu Jonas désobéit à Dieu, les marins du navire se rendent compte que Jonas est la cause de cette tempête, ils le jettent à la mer. Jonas est alors dévoré par un monstre marin, une baleine, ou je ne sais trop quoi, et il va rester trois jours et trois nuits dans le ventre du monstre qui ensuite le recrache sur le rivage juste à côté de Ninive. Jonas du coup, est obligé de s'incliner et d'accomplir cette mission que Dieu lui a donné, c'est là que commence la lecture que nous avons faite, il va prêcher aux Ninivites de se convertir, sinon dans quarante jours, Dieu détruira la ville à cause de ses péchés. Les Ninivites se convertissent, ils sont donc sauvés de la destruction qui avait été programmée. 

       De ce petit roman l'intérêt est de montrer que dans l'Ancien Testament, Dieu, par les prophètes, les écrivains sacrés, affirme que la conversion n'est pas réservée à Israël. Quand Jonas s'imagine que c'est cela le droit chemin, et qu'il faut qu'il redresse les missions que Dieu lui propose, Dieu le condamne parce qu'il ne veut s'occuper que d'Israël tandis qu'il faut aussi s'occuper des païens. Comme le dit le texte, dans cette grande ville il y a plusieurs milliers de personnes dont Dieu veut qu'ils soient ses enfants, et eux aussi doivent rencontrer la révélation de Dieu. C'est donc très intéressant de voir que ce n'est pas Jésus qui a inventé l'idée que le Salut est aussi pour les païens, c'est déjà vrai dans l'Ancien Testament. 

       De ce petit roman, l'évangile a retenu deux choses. La première, c'est que les Ninivites ont fait pénitence pour convertir leur cœur devant la Parole de Dieu, ils ont fait quarante jours de pénitence. C'est évidemment une image de notre carême pendant lequel nous sommes invités comme les Ninivites à retourner notre cœur par la pénitence parce que Dieu n'accomplira pas les punitions que nous mériterions, mais si nous nous tournons vers lui, car c'est là le sens profond de la pénitence, c'est retourner notre cœur vers Dieu, alors à ce moment-là, Il nous sauvera. C'est la première image que ce texte fournit à notre temps de carême : nous convertir, changer notre cœur. Je vous signale que la suite de l'évangile développe ce thème : si nous avons obtenu que Satan et les esprits mauvais s'éloignent de nous, si Dieu nous a pardonné nos fautes, il faut faire attention que Satan est capable d'aller chercher sept autres esprits plus mauvais que lui, pour revenir dans notre cœur et notre état sera pire que le précédent. Cela veut dire que la conversion n'et jamais finie, si nous nous sommes convertis, cela ne veut pas dire que nous sommes sauvés pour toujours. Il faut toujours se convertir, sinon on risque de retomber et de se retrouver pire qu'avant. 

       Et encore, l'évangile nous dit dans la bouche de Jésus que si nous voulons être les proches de Jésus, être pour lui comme un frère, comme une sœur, comme une mère, il faut que nous écoutions la Parole, car c'est le Parole de Dieu qui nous convertit. Ce qui retourne notre cœur, c'est la Parole de Dieu comme la Parole transmise par Jonas a retourné le cœur des Ninivites. 

       Il y a une deuxième image dans ce livre de Jonas qui est retenue dans l'évangile, nous n'avons pas lu cette partie, mais je viens de vous la raconter, c'est que Jonas, quand il était dans le péché, dans la désobéissance par rapport à Dieu, a été dévoré par un monstre. Ce monstre, c'est l'image de Satan, encore une fois, de l'enfer, qui va dévorer Jésus, parce que Jésus même s'Il n'a pas péché, s'est chargé de nos fautes et a accepté d'en porter le poids, le tragique, toute l'horreur. A cause de nos péchés, Jésus a accepté d'être dévoré par ce monstre qui est Satan, la mort, l'enfer, et qui l'a retenu trois jours et trois nuits, le vendredi saint, le samedi saint, et l'aurore de Pâques,qui l'a retenu trois jours et trois nuits, après quoi, Il est sorti vivant, vainqueur des enfers. 

       Vous le voyez, ce petit livre de Jonas si intéressant par son contenu, nous offre aussi plusieurs images qui peuvent nourrir notre prière et notre méditation pendant ce temps du carême, convertir notre cœur, quarante jours avec persévérance, car ce n'est jamais fini. Comme les Ninivites, et ceci en écoutant la Parole de Dieu qui touche le profond de notre cœur et qui nous transforme, d'une part cela, et puis marcher vers ce mystère du Christ qui a accepté de descendre aux enfers, comme nous le disons dans le Credo, qui a accepté d'être dévoré par le monstre du mal à cause de nos péchés, mais qui en est sorti vainqueur le troisième jour, le jour de Pâques, vers lequel nous allons nous aussi. 

 

       AMEN   

 

 

 
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