AU FIL DES HOMELIES

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TROIS ET QUARANTE

Jon 3, 1-10

(7 mars 1990)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

Solre-le-Chateau : Le prophète Jonas 

D

ans la première partie de cet évangile, il est fait allusion au livre de Jonas. La pénitence des Ninivites est un prototype de la pénitence des chrétiens pendant le carême. "Encore 40 jours et la ville sera détruite". Cela fait partie du thème des 40 jours, de Jésus au désert, de Moïse et d'Élie au Sinaï. La deuxième allusion porte sur les trois jours et trois nuits que Jonas passa dans le ventre du monstre et qui dont, de la bouche même de Jésus, un signe du séjour de Jésus dans le tombeau. C'est le temps qui sépare la mort du Christ sur la croix de sa Résurrection des morts. Ceci est important puisque tout ce temps de carême est une préparation à la Pâque du Christ.

       Ces deux événements qui n'appartiennent pas d'ailleurs à des livres historiques, sont intéressants. Les Ninivites sont des païens, des pécheurs ne faisant pas partie du peuple de Dieu. Ils ne connaissent pas Dieu. Et Jonas est un prophète, mais un prophète rebelle puisqu'il ne veut pas accomplir la mission que Dieu lui confie et qui est de prêcher la conversion à Ninive. Parce que les Ninivites sont païens, Jonas ne veut s'occuper que du peuple d'Israël. Or Jésus s'identifie à travers Jonas à tous les pécheurs, à tous ceux qui refusent d'obéir à Dieu, qui se révoltent contre Dieu. Jésus prend sur Lui non seulement les petits péchés mais aussi ce péché de révolte.

       En même temps, nous sommes identifiés aux Ninivites. Nous faisons partie du peuple de Dieu, mais nous sommes identifiés à ces païens pour qui il y aussi pénitence, conversion et pardon de Dieu. Nous ne devons pas croire que la pénitence, la rédemption que porte Jésus concerne uniquement ceux qui sont en relation avec l'Église. Le pardon de Dieu est un pardon universel. Le pardon de Dieu s'adresse à tous les hommes, non seulement aux chrétiens mais aussi à ceux qui ignorent Dieu, qui éventuellement refusent Dieu. Quiconque accepte d'ouvrir son cœur comme l'ont fait les Ninivites est susceptible d'être pardonné.

       Alors nous devons nous sentir profondément solidaires de tous les hommes, de tous les pécheurs, des grands pécheurs car si nous ne sommes que des petits pécheurs c'est parce que la grâce nous a été faite d'être épargné par des tentations plus grandes. Nous devons nous sentir solidaires des païens, de ceux qui n'appartiennent à aucune religion. L'appel à la conversion, l'appel au pardon, Dieu l'adresse absolument à tous les hommes. Nous devons nous avancer vers le Seigneur en portant certes le poids de nos péchés mais aussi en portant le poids des péchés des autres. La conversion du carême n'est pas une conversion chacun pour soi mais c'est un immense chemin de conversion universelle où nous devons nous avancer en nous tenant tous par la main, comme le Seigneur sur la croix s'est présenté devant son Père avec tout le péché du monde, avec les péchés de tous les hommes.

       Que ce carême soit un temps de prière, de pénitence, portant, comme le dit saint Paul, les péchés les uns des autres, portant les fardeaux les uns des autres.

       AMEN

 

 
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