AU FIL DES HOMELIES

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NOTRE PROPRE STATUT DE CROYANT

Jon 3, 1-10 ; Mt 12, 38-50
Mercredi de la première semaine de carême - année A (11 mars 1987)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

L

e passage de l'évangile que nous venons d'en­tendre était lu traditionnellement dans l'Église de Rome au cours des exorcismes préparatoi­res au baptême. Aujourd'hui le carême ne représente plus ce cheminement catéchuménal, sinon en la per­sonne de ceux qui seront baptisés en la nuit de Pâ­ques, mais cela nous touche au plus intime de nous-mêmes car l'ensemble de ces trois paroles du Christ constitue une sorte de réflexion sur notre propre statut de croyants et de baptisés.

La première chose en ce qui concerne le signe de Jonas, c'est le fait qu'à partir du moment où le Christ vient au milieu de son peuple, ce peuple ne vit plus selon une économie de signes, d'indices, de preuves du Royaume qui vient, mais il accueille le Royaume Lui-même. L'Église, le peuple nouveau que nous sommes, est le peuple qui n'a pas seulement reçu les signes de la présence de Dieu, mais qui accueille Dieu Lui-même en personne. Désormais le cœur de l'homme, dans la joie du surgissement et du jaillisse­ment de l'Église, le cœur de l'homme est capable d'ac­cueillir la vie éternelle, la présence même de Dieu dans ce cœur d'homme apparemment trop petit. Le changement de l'économie de l'Ancien au Nouveau Testament consiste à passer des figures et des signes à la réalité elle-même. Dieu Lui-même, Dieu en per­sonne se donne sans restriction, et cela crée l'Église.

C'est la raison pour laquelle la parole sur la démarche des esprits mauvais est si importante. Il ne suffit pas de chasser le mal et le péché de notre cœur. Cela ne donnerait tout au plus qu'un appartement bien propre, bien nettoyé, mais ce ne serait pas encore le salut. Et précisément, comme les démons se le disent, à partir du moment où ils sont chassés par le Christ, si le cœur des croyants devient simplement un cœur bien reluisant cela ne suffit pas. Les démons peuvent y trouver un lieu de séjour plus agréable qu'auparavant, parce qu'il faut que le cœur de l'homme soit vraiment rempli de Dieu pour que le démon n'ait plus aucune possibilité de s'y installer.

Et la troisième parole de l'évangile que nous venons d'entendre nous l'explique plus profondément encore. Lorsque vient annoncer à Jésus la présence des membres de sa famille, délibérément, Jésus re­garde toute la foule en disant que tous ceux qui sont là sont sa mère, ses frères et ses sœurs. Jésus savait, surtout à propos de sa mère, ce que signifiait cette intimité de la présence, du cœur à cœur et même du corps à corps puisqu'Il avait vécu dans le sein de sa mère Marie, Il savait ce que voulait dire la présence charnelle de l'autre. Et bien, ici même, Il montre qu'en réalité, si nous n'avons pas le cœur rempli de Dieu, si nous ne sommes pas à la fois mère, frère et sœur du Christ, alors effectivement, nous manquons le but profond du projet de Dieu sur nous, ce qu'Il voulait réaliser, : que nous soyons la demeure de Dieu parce qu'II est venu chez les hommes.

 

AMEN

 

 

 
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