AU FIL DES HOMELIES

Photos

LA CONDAMNATION

Jon 3, 1-10 ; Mt 12, 38-50
Mercredi de la première semaine de carême - année A (28 février 1996)
Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

F

rères et sœurs, je crois qu'avec l'évangile, il ne faut jamais aller par quatre chemins. Cette génération c'est nous. Les hommes de Ninive se lèveront avec nous et nous condamneront. Il ne faut pas avoir de faux-fuyants avec la parole de Dieu. Le Seigneur est très clair. Il ne veut donner aux hommes que le signe de Jonas c'est-à-dire pour lui-même le signe que l'homme est appelé à passer de la mort à la vie, du péché à la grâce. Nous sommes ici pour vivre du salut de Dieu et il faut savoir que si Ninive a été capable de comprendre la conversion que lui annon­çait Jonas, il n'y a pas de raison fondamentale pour que nous-mêmes nous ne puissions vivre cette conversion pour que l'ensemble de l'Église ne soit capable de vivre ce salut de Dieu.

On a parfois tendance à désespérer de notre propre progrès dans la foi ou dans la conversion et à rejeter parfois la faute sur des structures plus grandes quand on considère que la structure qui nous dépasse est celle de l'Église. Mais il faut se rendre compte d'une chose : Ninive est une grande ville, Aix est moins grande que Ninive. Il faut trois jours pour par­courir Ninive, On traverse le centre d'Aix d'un bout à l'autre en un quart d'heure. A Ninive, il n'y avait que Jonas. A Aix, il y a Jésus. Alors il nous faut nous convertir. Il nous faut entendre le message qu'a en­tendu Ninive Mais Ninive ce n'est pas seulement la ville d'Aix en Provence tout à fait réduite c'est aussi nous-mêmes. Nous-mêmes, il faut parfois trois jours pour nous parcourir tout en entier. Et il faut au moins une journée pour atteindre le cœur de notre cœur afin que le message de conversion ne s'arrête pas à la sur­face de notre superficialité, de notre façade. Ce qui est important c'est que le cœur soit atteint. Que le roi de notre vie, comme le roi de la ville de Ninive, comme le cœur de la cité entende le message. Et qu'à l'inté­rieur de Ninive, à l'intérieur de notre ville, de notre communauté, de notre vie et de notre personne, homme et bête se convertissent. Qu'hommes et bêtes fassent pénitence. Que l'agneau et le loup qui m'habi­tent soient aussi ceux qui se convertissent. En somme, ce à quoi le Seigneur nous appelle c'est bien à ne plus considérer que nous-sommes autosuffisants. Nous vivons une vie de suffisance. Nous en avons trop, nous en avons parfois plus qu'il nous en faut et nous nous croyons autonomes et suffisants. Peut-être, non seulement la ville, la cité que nous habitons, je ne porterai pas de jugement sur cette cité mais notre communauté elle-même ne se croit-elle pas parfois auto-suffisante ? Notre vie elle-même de chrétien ne se croit-elle pas suffisante parfois ? Or, si on est suffi­sant cela signifie que nous n'avons plus besoin de rien, ni de personne et que nous écrasons de notre morgue celui que nous croyons comme incapable de comprendre rien à rien et à la création et au salut et à ce que nous vivons, il faut bien se rendre compte qu'il ne nous sera pas donné d'autres signes que Jonas. Il faut avoir peur, frères, du monstre que nous sommes car le monstre de Jonas c'est nous et à l'intérieur il y a Jésus, il y a notre vie, notre salut qui est en jeu. Et sortir du monstre que nous sommes c'est s'ouvrir, c'est bien accueillir l'autre, c'est accepter de faire le pas, de sortir du monstre pour entrer dans la vie, dans la ré­surrection. Pour suivre le Seigneur, il nous donne ce signe, Il s'adresse à nous, il faut que nous allions jus­qu'au cœur. Que nous acceptions au moins de faire une journée de marche au centre même de notre vie pour que la génération que nous sommes ne soit pas condamnée par les hommes de Ninive, une grande ville ambitieuse, orgueilleuse, auto-suffisante qui a accepté d'écouter l'un des messages de Jonas : "Convertissez-vous".

 

 

AMEN

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public