AU FIL DES HOMELIES

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L'HOMME ET LA NATURE

Jon 3, 1-10 ; Mt 12, 38-50
Mercredi de la première semaine de carême - année C (7 mars 2001)
Homélie du Frère Christophe LEBLANC

 

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n homme riche, propriétaire de petit et gros bétail s'approcha de Jésus et lui demanda : "Seigneur donne-moi un signe afin que je me convertisse". Et Jésus lui répondit, je ne te donnerai qu'un seul signe, non pas celui de Jonas, ni celui de Salomon, mais le signe du roi de Ninive.

Quel est donc ce signe du roi de Ninive. Il y a une petite phrase dans le livre de Jonas qui représente pour moi une phrase importante pendant ce temps de carême c'est ce petit passage où l'on nous dit que le roi de Ninive fait jeûner les gens et les bêtes. Cela peut paraître bizarre, que nous pouvons trouver comme assez amusant. En effet, comment un roi peut-il décréter que les bêtes lui appartenant soient obli­gées de jeûner comme les hommes. Pourtant ce petit détail met le doigt que quelque chose de très impor­tant, c'est le lien entre le repentir et le salut. Dans ce temps de carême, nous avons l'habitude de dire que ce n'est pas un temps où nous devons uniquement nous flageller et où le dialogue se ferait entre Dieu et moi, moi et Dieu ce qui finit souvent à devenir moi et mon Dieu, moi et moi ! Les textes utilisés pour le mercredi des cendres nous invitent plutôt à tourner notre carême vers la relation à l'autre homme, moi et mon prochain, moi et le lointain. Aujourd'hui, notre attention peut être attirée sur une autre dimension qui est celle de la relation de l'homme avec l'univers, avec les autres créatures.

C'est un petit peu d'actualité avec les questions de santé et de maladies des bêtes, mais on peut croire que ce texte a pour but de nous montrer plusieurs choses. D'abord, quand on lit le petit livre de Jonas, on se rend compte très vite que la nature et les animaux y ont une bonne place : il y a la mer, il y a ce poisson qui engloutit Jonas, il y a ce ricin qui pousse et se dessèche à la fin de l'épisode. C'est donc un uni­vers où il n'y a pas que des hommes et une ville, mais il y a aussi une nature, bonne ou mauvaise, et une nature que Dieu utilise pour parler à l'homme. Le livre de Jonas nous livre une nature qui est le lieu de communion entre l'homme et Dieu. Et reste ce petit passage dans lequel le roi de Ninive voulait faire jeû­ner les hommes et les bêtes.

Frères et sœurs, ce signe du roi de Ninive est comme une conséquence du signe de Jonas. Le signe que Jésus veut éclairer pour nous dans cet évangile, est que Lui aussi, en tant que Fils de Dieu, passe par la souffrance et la mort, mais que ce n'est pas une fin, la mort en fait ouvre au Salut de l'homme. Jésus, Fils de Dieu en nous rappelant le signe de Jonas nous redit que l'homme n'est pas fait pour mourir, mais que l'homme est fait pour entrer en communion avec son Créateur.

Avec Jonas et le roi de Ninive, je vous invite à méditer sur une autre dimension de communion avec Dieu, qui est celui de la nature et des autres créatures que l'homme.

 

 

AMEN

 

 
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