AU FIL DES HOMELIES

Photos

SIGNE DE CONTRADICTION

Jon 3, 1-10 ; Mt 12, 38-50
Mercredi de la première semaine de carême - année B (4 mars 2009)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

Mozac : chapiteau de Jonas

Q

uel est donc ce signe de Jonas ? Maintenant, nous sommes tellement habitués à écouter cette parole, que pour nous, le signe de Jonas, c'est Jonas, trois jours et trois nuits dans le ventre du monstre, et Jésus trois jours et trois nuits dans le tombeau. 

Il semble bien qu'à l'origine, le signe de Jonas ait été légèrement différent. Ce n'est pas contradictoire, mais quand on lit cet évangile, on s'aperçoit que ces hommes demandent un signe. Ce sont les pharisiens qui demandent un signe. Je ne pense pas que les pharisiens aient demandé explicitement un signe sur l'avenir de Jésus, mais ils ont voulu un signe pour savoir pour quelles raisons ils devaient croire à la parole de Jésus et y adhérer. La demande du signe est faite pour susciter ou conforter la foi. C'est comme cela dans tout l'évangile. Par conséquent, Jésus ici répond d'une manière très habile. Après avoir fait l'incise sur Jonas qui passe trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson, il reprend : "En vérité, je vous le dis, les Ninivites se lèveront avec cette génération et ils la condamneront parce que eux ont cru à la parole de Jonas". Et Jésus redouble : "Et la reine de Saba se lèvera avec cette génération et la condamnera parce qu'elle est venue écouter Salomon. Or, il y a ici plus que Salomon et plus que Jonas".

       Le premier signe de la parole de Jésus c'est que croient ceux qui apparemment ne devraient pas croire, les Ninivites, signe de Jonas, et la reine de Saba, celle qui vient de l'étranger et pas du peuple juif pour écouter la sagesse de Salomon, et que ceux qui devraient croire, ne croient pas. Autrement dit, le signe de Jonas est d'abord un signe de contradiction. Ce signe renvoie à la parole de Jésus et Jésus prend bien soin de noter : "Pourquoi vous qui êtes les plus proches par votre enracinement dans le peuple d'Israël par votre écoute et votre méditation de la Loi, par tous les éléments qui font de vous de bons religieux pharisiens, pourquoi ne croyez-vous pas alors que les Ninivites ont cru ?" 

       Ce que Jésus veut souligner dans cette affaire, c'est que le signe le plus fort et le plus extraordinaire, c'est le fait que sa parole déroute les auditeurs qui s'en croient près, alors que cette même parole touche et convertit ceux qui apparemment ne s'y attendaient pas. C'est quand même depuis toujours le paradoxe de la parole de Jésus, de l'évangile, que d'agir de cette façon. C'est vrai le plus souvent tant pour les Ninivites, que sur les zones pharisiennes ou de nous-même dans laquelle la plupart du temps nous sommes empêtrés. 

       Si donc la liturgie d'aujourd'hui choisit ce signe de Jonas, ce n'est pas simplement, même si c'est évident pour nous, de nous tourner vers le signe de la résurrection comme le but de notre carême, mais c'est d'abord pour nous ramener à cette dimension première et essentielle de notre carême et l'écoute de la parole du Seigneur de l'annonce du salut. C'est là peut-être que notre écoute est bien distraite, bien lointaine, et que cette parole n'a pas l'emprise qu'elle pourrait avoir véritablement pour nous si nous étions tout simplement comme les Ninivites ou comme la reine de Saba ! 

 

       AMEN


 

 

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public