AU FIL DES HOMELIES

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DE FAIBLESSE EN FAIBLESSE

Lv 19, 1-4+11-18 ; Mt 5, 20-30+38-48
Samedi de la première semaine de carême - année A (19 février 2005)
Homélie du Frère Yves HABERT

 

O

n fait bien de se prosterner devant la croix avant de prononcer un évangile pareil, pour demander que le Seigneur nous enseigne. Rude exigence, terrible exigence, folle exigence ! Par où commencer ? Je trouve très beau dans l'évangile quand le Christ rappelle notre faiblesse, quand le Seigneur par ses exigences nous rappelle la profondeur de son amour et celui que nous devons avoir pour nos frères. Il n'y a pas une once de condamnation, Il sollicite notre liberté, il sollicite des ressorts qui sont en nous, des ressorts quelquefois inutilisés, certaines choses qui mériteraient d'être sollicitées à nouveau. C'est pour cela qu'Il nous rappelle ses terribles exigences.

Il nous rappelle aussi notre faiblesse. Je méditais ce matin avec les catéchumènes de notre paroisse sur un texte de saint Augustin à propos de la samaritaine dans lequel il dit : "Ta force m'a créé, et ta faiblesse m'a recréé". Je crois que c'est tout l'enjeu du carême. C'et pour cela que j'aime particulièrement faire le carême avec les catéchumènes, pour eux et avec eux. Pour eux, parce que nous sommes au service de cette fois qu'ils découvrent, avec eux, parce que nous sommes embarqués dans la même aventure, l'aventure de la découverte de la faiblesse de Dieu, et de la faiblesse qui est la nôtre.

Nous allons aller dans ce carême vers le plus en plus faible. Souvenez-vous dimanche dernier, de la tentation de Jésus, demain dimanche, sa transfiguration, cette chair, notre chair qui est rendue semblable au soleil, et puis la faiblesse de Jésus sur la margelle du puits avec la samaritaine, ensuite l'aveugle-né, et puis Jésus qui pleure son ami Lazare, et puis Jésus qui est acclamé aux Rameaux par les plus faibles, les enfants, et puis le jeudi-saint où Jésus connaît l'extrême douleur d'être trahi par un ami, et puis, la faiblesse de la croix et la faiblesse du tombeau. Nous allons aller de faiblesse en faiblesse, et le Seigneur va peut-être nous révéler notre propre faiblesse, mais c'est pour ressusciter. Faire le carême avec les catéchumènes, c'est découvrir que c'est dans la faiblesse de Dieu que nous sommes recréés. C'est dans la nuit de Pâques, dans l'extrême faiblesse du Christ qui est au fond de la tombe, que ces catéchumènes vont ressusciter avec lui.

Il faut aller jusqu'au bout de ce chemin, pour pouvoir ressusciter avec lui. Il faut aller au bout de ce chemin pour entendre ses exigences, parce que si nous reconnaissons humblement notre faiblesse, alors nous avons toutes les chances de ressusciter avec le Christ, lui dont la force nous a créés, et la faiblesse nous a recréés.

 

 

AMEN

 

 
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