AU FIL DES HOMELIES

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FOI ET LOI

Lv 19, 1-4+11-18

(2 mars 1985)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS 

N

ous avons entendu la Loi promulguée par le Seigneur, donnée à Moïse au Sinaï. Nous avons entendu ensuite le Christ commenter cette Loi, et cela nous ramène à nous demander : Pourquoi la Loi ? A quoi sert-elle ? Pourquoi a-t-elle été donnée ?

La plupart du temps, quand nous pensons à la Loi, nous pensons au règlement, nous pensons à des exigences qui nous sont imposées : "Il faut faire ceci ! Il faut faire cela !" Puis nous pensons aussi au châtiment ou à la punition qui peuvent nous arriver si on se fait prendre en flagrant délit de désobéissance à la Loi. Or il y a déjà quelque chose d'important dans l'Ancien Testament. C'est que la Loi n'est pas formulée en disant : "Il faudra faire cela ou il ne faut pas faire cela". La Loi est formulée par le Seigneur qui dit chaque fois, comme un refrain : "Je suis ton Dieu !" et qui ensuite parle à son peuple : "Tu feras ceci, tu feras cela, tu ne feras pas ceci". Autrement dit, la Loi ce n'est pas une série d'ordres qui est donnée comme le couperet tranchant, qui vient décider d'une situation. La Loi c'est d'abord Dieu qui vient en disant : "Je suis ton Seigneur et je veux te faire partager quelque chose ! Tu vivras comme ceci. Les moindres actes, les moindres gestes que tu fais dans ta vie, tout ceci a une importance à mes yeux, parce que c'est toi qui le fais et que toi, je t'aime".

       Et c'est pourquoi la Loi était déjà une Loi d'amour, ce n'était pas une Loi pour faire peur. C'était une Loi que le Seigneur avait donnée pour que chacun des gestes que l'homme fait, il puisse le faire pour y découvrir la tendresse et l'amour de son Dieu. Mais, voilà, la plupart du temps, nous nous servons de la Loi comme d'un commandement. Parce que notre cœur est dur, nous nous en servons durement, et le Seigneur a dû venir pour mettre les choses au point. Qu'a-t-Il dit ? Il a dit : "Je ne suis pas venu abolir la Loi mais l'accomplir !" Peut-être aurions-nous tendance à être découragés. Lorsque le Seigneur dit : "Vous avez entendu dit qu'il a été dit : tu ne commettras pas l'adultère !" Si c'est simplement le commandement de ne pas tromper son partenaire dans un foyer, heureusement encore de nos jours, cela arrive. Mais lorsque le Seigneur ajoute : "Quiconque regarde simplement une femme pour la désirer, a déjà en son cœur commis l'adultère avec elle". Là, nous sommes beaucoup plus démunis, car qui d'entre nous, à un moment ou l'autre de notre vie, n'a pas regardé quelqu'un, en face de lui, avec un certain désir sur lui ? Et à ce moment-là nous avons l'impression que le Seigneur nous présente la Loi comme quelque chose de si difficile, de si exigeant et que Lui-même prend le parti pour cela, que nous avons envie de lui dire : Tout cela n'est pas possible. Quand c'était des commandements assez faciles, on pouvait encore espérer y arriver, mais quand Tu nous dis que ces commandements vont jusqu'au moindre détail de notre propre existence, et que chaque fois c'est toute notre vie et tout notre cœur qui est engagée, il y a de quoi succomber et perdre cœur.

       Et c'est précisément là que le Seigneur nous montre tout ce que la Loi exige de nous. Si nous voulions vivre parfaitement comme des justes, voilà ce qu'il faudrait faire. Mais en même temps Il nous montre à quel point nous sommes incapables de le faire. Mais Il est avec nous, au milieu de nous, et ce programme impossible à l'homme est possible à Dieu. Quand Dieu vient dans le cœur d'un homme par la grâce du baptême, par le don de l'Esprit, Dieu s'empare du cœur de cet homme et lui donne de vivre ce qui est humainement impossible à réaliser.

       En ce temps du carême Dieu nous remet devant cette exigence profonde qu'Il a pour nous parce qu'Il est saint et qu'Il nous veut saints. Il nous veut beaucoup plus grands que nous ne le croyons. Parce que Dieu nous veut très grands, dimensionnés à sa taille, parfaits comme Il est parfait, Dieu exige beaucoup de nous. Mais si nous croyons que nous arriverons seuls à réaliser cela, nous risquons de nous désespérer nous-mêmes. En ce carême, le Seigneur nous prend par la main et nous conduit : Viens, je te conduirai sur le chemin de ma Pâque et je te ferai découvrir tout l'amour que j'ai pour toi, mais en même temps que je te montrerai mon exigence. Je te donnerai la force, je te donnerai mon Esprit Saint, je te donnerai ma tendresse. Tu ne lutteras pas tout seul, mais je serai à tes côtés, et tu ne désespéreras pas, car je suis ton guide et ta force.

       Vivons dans cette foi véritable au Seigneur qui peut tout, même avec nous qui ne pouvons rien.

       AMEN


 

 
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