AU FIL DES HOMELIES

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L'HERITAGE SPIRITUEL DE NOS FRERES DEFUNTS

Lv 19, 1-4+11-18 ; Mt 5, 20-30+38-48
Samedi de la première semaine de carême - année A (15 mars 2014)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS


Frères et sœurs c’est un peu un hasard que la lecture des textes de la liturgie de la Parole, que nous entendons aujourd’hui, soit comme une sorte  de défis ou de tableaux qui se correspondent : en effet, vous l’avez entendu, la première lecture c’est ce qu’on appelle le Décalogue, c'est-à-dire ce sont les dix commandements que Dieu a donnés à Moïse et qui révèlent les exigences fondamentales de Dieu, ne pas voler, ne pas tuer, ne pas tromper, ne pas mettre un bâton devant les pieds de   l’aveugle pour le faire tomber, ne pas manifester de méchanceté vis-à-vis de son prochain, de son époux… des choses simples, qui paraissent évidentes, mais il fallait à un moment donné que l’humanité prenne conscience de cela.

Et puis, dans le deuxième  texte : Jésus radicalise ces exigences de la loi : Il nous dit : ce ne sont pas simplement les lois en général, mais même dans les moindres détails, à certains moments nous ne sommes pas capables d’aller jusqu’au bout des exigences de la bonté, de l’amour des autres, de la compassion, de l’attention aux autres ; Jésus ajoute qu’ il ne faut pas seulement voir ce qu’il faut  satisfaire pour répondre aux exigences de la loi, mais que même les exigences de la loi, on peut  les dépasser : mais à ce moment là, si on arrive à les dépasser ce n’est pas parce qu’on est plus doué, plus fort, plus grand, plus intelligent,  mais parce qu’on reçoit la gloire de Dieu . Donc le message est simple : ce qui constitue le tissu de la vie, c’est d’abord cette réponse  aux grandes exigences de la vie en commun, de l’amour des autres, de l’amour de Dieu et aussi de l’amour légitime de soi, et puis ensuite essayer de voir comment Dieu peut nous aider à vivre ces exigences avec une radicalité et une profondeur qui va de soi.

 

Je trouve très beau qu’aujourd’hui où nous faisons spécialement mémoire des couples et des  familles qui ont connu  un deuil récent, qu’on nous rappelle des choses aussi simples. Réfléchissez-y un instant: quel est le visage de ceux qui nous ont quittés aujourd’hui, dans notre cœur  et dans notre mémoire, sinon des hommes et des femmes que nous aimions parce que sans faire de grand coup d’éclat sans faire de grands discours, ils ont essayé simplement par les gestes les plus simples et les plus humbles de leur vie de vivre cela, et le trésor qu’ils nous laissent, et  le portrait que nous avons d’eux et qu’ils nous laissent d’eux-mêmes,  c’est qu’ils ont, ou qu’elles ont su aimer avec délicatesse et répondre finalement, même si chacun d’entre nous y répond plus ou moins bien, à l’invitation première « soyez saint comme je suis saint ». La sainteté ce n’est pas quelque chose en surplus, ce n’est pas du luxe, c’est la nécessité de bien vivre sous le regard de Dieu et cela c’est généralement ce que l’on retient de ceux qu’on a perdus, qui nous ont aimés et que nous avons aimés. Ils ont su  très simplement, par des gestes qui, à certains moments,  nous remontent à la mémoire, nous bouleversent et nous arrachent encore des pleurs, ils ont su manifester quelque chose de cette sainteté et de cette profondeur de l’amour de Dieu et c’est cela le véritable trésor, et c’est cela la vraie communion avec ceux qui sont maintenant auprès de Dieu ils ne communiquent pas simplement par le souvenir, les photos, l’héritage, le patrimoine et les actes chez le notaire, je ne crois pas que ce soit le meilleur moyen de communiquer en général, mais ils communiquent d’abord  par ce trésor spirituel qu’ils nous ont légué et dont nous sommes les héritiers, et cela, ce trésor spirituel tout simple c’est généralement les actes les plus ordinaires de leur vie : être là au service de leur famille, de leurs amis, apporter un peu de bonheur constamment, apporter un peu de délicatesse et d’attention quand tout parait bouché et bloqué, et bien, c’est cela qu’ils ont vécu, je n’ose pas dire qu’ils ont vécu les dix commandements, cela voudrait dire qu’ils ont vécu comme des militaires aux ordres, non ce n’est pas cela ; c’est ce que Dieu leur a suggéré et murmuré au creux du cœur et au creux de l’oreille durant toute leur vie,  tout cela, ils l’ont réalisé à leur façon  et c’est parce qu’ils ont su le réaliser,  pas pour se mettre au gabarit, pas pour se mettre au cordeau ou pour s’aligner dans le même tronc, mais là où ils étaient, pour nous, avec nous, en le partageant avec nous, tout cela c’est le trésor que Dieu leur a donné et que Dieu leur a demandé de partager avec nous. Alors si aujourd’hui nous communions, comme nous disons quand nous allons recevoir le corps et le sang du Christ, je crois que quand nous recevons le corps et le sang du Christ et que nous prions pour nos défunts, nous recevons en même temps, bien sûr, l’amour infini de la vie du Christ, du Ressuscité, mais nous recevons aussi quelque chose de l’amour de ceux qui nous ont aimés sur la terre et qui continuent à nous aimer dans le cœur de Dieu et dans le cœur du Christ. Alors frère et sœurs, que cette eucharistie, ce geste tout simple de partager le pain comme un temps ils le partageaient avec nous à la table familiale, que ce geste tout simple de partager le pain et de boire à cette coupe, nous rappelle tout le trésor humain, spirituel et chrétien dont nous sommes riches par ceux là mêmes qui nous ont précédés dans la vie et dans la mort. Amen

 
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