AU FIL DES HOMELIES

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VOIR POUR ÊTRE LIBRE !

Is 42, 6-7+14-18 ; Ep 5, 8-14 ; Jn 9, 1-41
Quatrième dimanche de carême – année C (25 mars 2001)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS


Serions-nous des aveugles, nous aussi ? Et vous venez d'entendre la réponse de Jésus : "Si vous étiez vraiment des aveugles, vous seriez sans péché. Mais vous dites : nous voyons, et votre péché demeure."

Frères et sœurs, si on nous posait la question, que devrions-nous répondre ? N'y a-t-il pas un côté de nous-mêmes qui est aveugle et qui est accentué par le fait que nous disons et que nous pensons : "Nous chrétiens, nous voyons!" Permettez-moi de retourner le problème : dans la plupart des homélies concernant l'aveugle-né, nous avons toujours tendance à nous situer spontanément du côté de l'aveugle, (c'est nor­mal quand on écoute des histoires de se mettre du côté du héros), mais n'y a-t-il pas une part de nous-mêmes qui est du côté de ces pharisiens ? En effet, ces phari­siens suivent l'affaire, observent et veulent prendre Jésus au piège, ils disent : "Nous voyons, nous som­mes capables de voir, nous pouvons faire passer un examen judiciaire à ceux qui se prétendent guéris". Mais, en réalité, quels sont ceux qui ont la vue un peu "basse" ?

En fait, il faut revenir à cette question essen­tielle pour comprendre le récit : qu'est-ce que Jésus donne à voir à l'aveugle ? Le problème se situe peut-être là. Vous allez me dire : "Mais c'est évident, ce que Jésus donne à voir à l'aveugle en lui ouvrant les yeux, c'est pour qu'il le voie !" bien sûr qu'il le voit, "et puis, qu'en le voyant, il croie !", bien sûr qu'il y croit : "Et se prosternant il l'adora en disant : je crois Seigneur". Donc, pourquoi sommes-nous des aveu­gles-né guéris de notre péché ? C'est pour croire en Jésus, pour nous tourner vers Lui, pour faire partie de son Église, pour nous préoccuper de nous-mêmes et de notre salut. Vu de cette façon, c'est tout simple. Il suffit que Jésus nous ouvre les yeux, et après selon nos états de vie, selon les actes courageux d'ascèse et la ténacité de nos efforts, nous verrons Dieu, plus ou moins, évidemment, car il y a parmi nous de grands mystiques, mais très souvent, nous le commun des mortels chrétiens, nous nous contentons de ramper en faisant l'entretien courant de notre âme, mais la pré­occupation principale de notre vie est de voir Dieu, comme l'affirmait un ouvrage classique de spiritualité : "Je veux voir Dieu".

C'est vrai, et pourtant, si vous lisez ce récit d'un peu plus près essayez de cerner ce que voit l'aveugle ? Que lui est-il donné de voir ? Comment Jésus se comporte-t-Il vis-à-vis de cet homme ? C'est difficile à admettre dans un premier temps, mais per­sonnellement, cela m'a sauté aux yeux. Jésus ne lui ouvre pas les yeux d'abord pour qu'il le voie, mais Il lui dit : "Va-t-en à la fontaine de Siloé". C'est comme si Jésus lui disait : "Voilà, je t'ai mis la boue sur les yeux, maintenant, débrouille-toi. Je t'ai redonné ta capacité de t'en tirer tout seul dans la vie". C'est sur­prenant, mais c'est bien pourtant ce qu'il fait. Il ne lui dit pas : "Mon cher aveugle, viens, je te prends par la main, Je vais te conduire à Siloé et Je te laverai les yeux." Non, Il lui dit : "Va ".

Et ensuite, que fait l'aveugle ? Tout seul, il est obligé d'affronter les voisins, c'est supportable, mais peu après, il y a les pharisiens, et l'interrogatoire des parents qui le lâchent pour ne pas avoir d'ennui. L'aveugle est guéri par Jésus et pourquoi ? Apparem­ment il est littéralement lâché dans le monde. Sur quoi ouvre-t-il les yeux ? Il ouvre les yeux sur le monde tel qu'il va, ce monde tel que vous et moi, nous le connaissons, avec ses discussions interminables, avec ses mesquineries religieuses : "Est-ce que c'est un signe de Dieu, ou bien n'en est-ce pas un ? T'a-t-il ouvert les yeux ? es-tu le même qu'avant ? etc ..." Et dans ces diverses situations, l'aveugle est seul, et j'ai bien envie de croire que la première chose sur la­quelle l'aveugle est appelé à ouvrir les yeux c'est sa propre destinée, sa propre liberté au milieu de la so­ciété dans laquelle il est appelé à vivre. C'est intéres­sant, car les aveugles dans l'antiquité n'avaient pas les moyens de se débrouiller tout seul, ils étaient réduits à mendier, dans une relation de totale dépendance vis-à-vis de la société. C'est pourquoi d'ailleurs il était à l'entrée du Temple, là où il avait beaucoup de pas­sage. On connaît le système, c'est vieux comme le monde et cela dure encore aujourd'hui. Mais à partir du moment où il a les yeux ouverts, l'aveugle sort de ce système de dépendance, il est obligé d'en sortir et de recouvrer sa liberté. Pas de découverte de Jésus sans découverte préalable de sa propre liberté. Voilà un sens possible de ce récit. C'est à partir du moment où cet homme a commencé ce difficile combat pour assumer sa liberté, dans la confiance qu'il a en Jésus, aller seul à la fontaine, affronter toutes les discus­sions, les injures les excommunications et les quoli­bets, et que rendu à sa liberté par cette lutte, il peut rencontrer le Christ qui lui demande : "Est-ce que tu crois ?" A ce moment-là seulement, il peut répondre vraiment librement : "Qui est-il pour que je croie ?" croire en toute liberté, "C'est Moi qui te parle, répond Jésus. Et se prosternant, il l'adora". Et vous, les caté­chumènes, c'est la première chose que vous devez retenir de cet évangile, ce qui vous est donné dans cet évangile de l'aveugle-né et la célébration de votre scrutin, ce ne sont pas des espèces d'intuitions mysti­ques par lesquelles vous allez planer sur votre petit nuage au-dessus des contingences et des difficultés quotidiennes auxquelles vous êtes affrontés jusqu'à ce jour : le soir de Pâques, et le lendemain, la vie sera comme avant, mais ce que Dieu vous aura rendu, c'est la plénitude de votre liberté et la possibilité de la voir lucidement.

Je vous disais au début, les pharisiens ne sont pas tout à fait de ce côté-là. Et c'est vrai qu'ils sont plutôt du côté du contrôle, de la discipline, de l'auto­rité, dans le domaine clair et précis du "permis et du défendu". Ce qui s'affronte avec rudesse dans ces deux conceptions, c'est d'une part la conception de l'homme pour la liberté, ou au contraire l'homme pour le contrôle permanent. Vous remarquerez que les apôtres eux-mêmes ne sont pas tout à fait indemnes de cette perspective, puisqu'au moment où ils voient l'aveugle-né, ils ne peuvent s'empêcher de poser la question qui leur brûle les lèvres : "D'où vient le châ­timent ? Qui a péché, lui ou ses parents pour qu'il soit né aveugle ?" Comment a-t-il fait pour en arriver là, comment n'a-t-il pas été docile ? Et Jésus répond de façon aussi ferme : "C'est pour que soit manifestée la Gloire de Dieu." Et qu'est-ce que ce que la manifesta­tion de la Gloire de Dieu ? La Gloire de Dieu c'est le fait pour cet homme de recouvrer un regard libre sur sa propre vie. Apôtres et pharisiens, avec des nuances évidemment, n'ont-ils pas un peu le même réflexe ? En tout cas ils raisonnent dans des cadres de pensée identiques.

Permettez-moi d'en venir à un exemple concret. Vous n'êtes pas tous venus à l'assemblée pa­roissiale l'autre soir, c'est dommage, parce que vous y auriez appris beaucoup de choses intéressantes. No­tamment, nous y avons réfléchi sur le problème de l'évangélisation, on reconnaissait que c'était difficile. Mais, ensuite, on a fait cette réflexion qui peut éclai­rer notre lecture du récit évangélique en disant : "Mais au fond, la question de l'évangélisation, ne tient pas uniquement à nous, elle est aussi le fait que nous soyons aujourd'hui en face d'hommes et de femmes pour qui le problème de Dieu n'apparaît pas du tout". La vie chrétienne, la dimension religieuse de la vie, ou encore le problème de l'immortalité, du salut, d'entrer dans l'amitié de Dieu, ne semble pas les at­teindre. Tant qu'on n'a pas réalisé cela on ne mesure pas les enjeux de la question actuelle de l'évangélisa­tion.

J'arrête là pour l'assemblée paroissiale, et j'en reviens à mon commentaire. D'où vient cet état de fait, que lorsqu'on parle à l'homme moderne de reli­gion, de Dieu, de l'immortalité de l'âme, etc... la résur­rection ce serait trop demander, ces questions susci­tent une sorte de méfiance, finalement assez polie parce qu'on a dépassé l'anticléricalisme virulent et militant du petit père Combes, mais cela ne suscite pas beaucoup d'intérêt ni d'enthousiasme. D'où cela vient-il ? J'ai une hypothèse, et je vous la livre. A mon avis, cela vient d'une chose assez simple : nous comme chrétiens, et depuis pas mal de temps, nous avons un tout petit peu trop encouragé, et quand je dis un tout petit peu trop, vous allez voir que je suis "gentil", nous avons un tout petit peu trop encouragé la religion-soumission ou la religion démission de la liberté : il s'agit de cette idée fausse qui laisse suppo­ser que l'adhésion à un foi, à une religion, et je le dis aussi pour les catéchumènes parce qu'ils ont besoin de l'entendre avant de faire le pas décisif, il s'agit d'une obéissance inconditionnelle, il faut courber la tête, se tenir à carreaux, ne plus bouger et être passivement dociles. Et c'est vrai que dans l'Église catholique, notamment, il est arrivé de pousser dans ce sens de façon excessive, par un prétendu souci de sécularisa­tion des croyants, de la foi et de la cohésion du corps écclésial. A certains moments, on a transformé le régime qui devrait être le service de la liberté de cha­que chrétien en une caricature disciplinaire basée es­sentiellement sur l'autorité d'un pouvoir terriblement sourcilleux dans son contrôle de la conscience des croyants. Evidemment, et heureusement, on n'est plus à cette époque-là ! Voire ! ... Comme chrétiens quel­que peu familiarisés avec l'aggiornamento" provoqué par Vatican II : mais on est surpris de voir le nombre de nostalgiques d'une certaine époque, et quant-à ceux qui ont "décroché" par rapport à l'Église il est vrai qu'ils n'ont d'autre image et référence pour concevoir le sens de l'Église catholique que ces catégories d'un organisme de pensée religieuse totalement contrôlée par un système magistériel qui dit ce qu'il faut dire et penser.

Et nous-mêmes, honnêtement, avons-nous ré­fléchi et pris quelque distance vis-à-vis de cette ma­nière de voir ? Qu'est-ce que signifie pratiquement aujourd'hui la liberté qui nous a été donnée par le Christ dans notre baptême ? Est-ce que nous croyons que le Christ s'est fait le Serviteur de la vraie liberté de l'homme ? Ou bien n'avons-nous pas le réflexe de raplatir cette liberté humaine pour la couler dans un comportement disciplinaire face à une autorité toute-puissante ? Cela pose une question. Si je la pose c'est parce que je viens de faire une lecture un peu surpre­nante, je viens de lire le "Journal d'un théologien" (1946-1956), c'est le journal personnel du Père Congar, dominicain, qui comme vous le savez, a eu quelques démêlés avec les autorités romaines entre les années 1946 et 60. Ce qui est intéressant dans ce journal, c'est précisément, de ne pas ressembler à une gazette, et l'on s'aperçoit d'ailleurs que les gazettes à l'époque y compris "le Monde" disaient pas mal de stupidités, et la tradition se maintient. Congar raconte dans ce Journal, comment en tant que théologien il est pris dans une véritable souricière : en 1954 éclate l'affaire des prêtres-ouvriers, et alors qu'il avait été très prudent sur cette question, il se retrouve embar­qué dans une sorte d'opération de silence et de mise au pas assez musclée de la part de Rome. Il se re­trouve seul puisque son aîné, le Père Chenu est déjà condamné depuis 42. Il essaie de comprendre pour­quoi on en est arrivé là. Le passage que je vais vous lire a été écrit, il y a moins de cinquante ans (47 exactement). C'est éclairant parce qu'on n'a pas sim­plement le détail des faits, mais il en propose une analyse personnelle. Comme il ne pensait pas que ce serait publié, il s'exprime très librement, il arrive même que ce soit assez vitriolé, mais il dit vraiment le fond de sa pensée : il est vrai qu'à l'époque il a démis­sionné de sa charge de professeur, il doit pour publier le moindre texte passer par la censure romaine. Une censure assez sympathique, dont les censeurs, quand ils recevaient un manuscrit le déposaient sur une éta­gère et le laissait prendre la poussière pendant plu­sieurs mois. C'est un moyen très efficace et quand vous demandiez des nouvelles, on vous répondait que justement, il est en examen chez un autre censeur et qu'il n'a pas encore rentré son rapport. Le livre est rempli de ce genre de détails. Il faut préciser que qua­rante ans plus tard, l'Église post-conciliaire lui a rendu justice, car il a été créé cardinal. Si je vous cite ce texte c'est parce que j'y vois une bonne illustration du problème de l'aveugle-né. A cette époque, Congar se demande ce qu'on est en train de faire de la liberté des croyants dans l'Église, et il est le seul à poser la ques­tion. Écoutez:

"Si on passe au fond ecclésiologique des questions, voici me semble-t-il ce qu'il en est. Vu du côté des évêques français, nous (les dominicains), nous sommes une résistance. C'est-à-dire que nous sommes la seule force organique qui a une indépen­dance de pensée et qui ne se contente pas chaque fois que l'idole romaine a parlé de s'écrier : "ce n'est pas un homme, c'est un Dieu qui a parlé". (Actes 12, 22) Les évêques sont entièrement courbés dans la passi­vité et la servilité. Ils ont pour Rome une dévotion sincère, filiale, voire puérile, infantile. Pour eux, Rome, c'est l'Église. Une dame, Madame Fichet, que je cite (il s'agit d'une revue éditée par le Saulchoir) ne savait pas si bien dire, elle explique en réalité la conviction vécue de l'ensemble des évêques serviteurs faits à l'image du régime : le curé à l'égard de son évêque, l'évêque à l'égard du pape ne sont-ils pas l'Église enseignée comme les autres fidèles ? Rome concrètement c'est le pape, c'est tout le système des congrégations qui apparaissent comme étant cette Église bâtie par Jésus sur le roc, et c'est le saint Of­fice qui régente l'Église et courbe tout le monde sous la crainte ou les interventions, il est cette Gestapo suprême, inflexible dont on ne peut discuter les déci­sions." Congar avait passé quatre années en Allema­gne comme officier prisonnier et il savait de quoi il parlait. "Or dans l'affaire des prêtres-ouvriers, on avait porté une décisions que les cardinaux excités et appuyés par un mouvement mondial d'opinion ont fait rapporter." Ici, Congar est mal renseigné :effectivement, les cardinaux Gerlier Feltin et Liénard étaient allés à Rome pour discuter le problème (3-7 novembre 1953) mais ils avaient totalement échoué. Sans doute Congar pense-t-il que le seul fait d'avoir osé contester la prise de position radicale de Rome avait été senti comme une insoumission. "Tout se passe depuis ce fait sans précédent, comme si le saint Office excité lui, par une coterie à arrière-fond politi­que avait juré de faire exécuter sa décision quand même, de recourber sous une obéissance intégrale les nuques un moment relevées et de se venger de ceux qui, à tort ou à raison, étaient estimés être les insti­gateurs d'une résistance. Le fond de la question de l'Église dans l'épisode des dominicains est là. Nous sommes la seule force organique de pensée libre dans l'Église, or du point de vue romain, du saint Office, cela ne doit pas être. Il n'y a pas une communion sur­naturelle à l'intérieur de laquelle dans la communion et la soumission il y aurait une liberté de recherche et de pensée, il y a l'Église qui est le pape et les congré­gations "sibi subjectae" (qui lui sont soumises), le reste n'a qu'à se lever quand le pape ou le saint Office lève le doigt et s'asseoir quand il l'abaisse. En-dehors de cela, il ne peut y avoir qu'une marge étroite de tolérance pour les recherches très spéciales en latin, ou pour la littérature des congrès catholiques spécialisés. Le fond du débat est donc une nouvelle conception de l'Église qu'on veut nous imposer et dont la base est une réduction de tout à l'obéissance et au rapport autorité-subordonné, deuxièmement une nouvelle conception de l'obéissance de style super-jésuitique." Il avait eu aussi quelques démêlés avec des jésuites.

Je voudrais aussi vous citer un autre extrait, pour que vous ne pensiez pas qu'il s'agit d'un révolté, ou de quelqu'un qui veut ruer dans les brancards. Écoutez ce texte : "Au point de vue spirituel où j'en suis actuellement, il n'y a pas de question. Non seu­lement l'obéissance n'en pose aucune, mais je n'ai pas de peine à tout raccrocher soit à la Providence et au plaisir de Dieu, soit au point de référence essentiel: la Résurrection du Christ qui reviendra juger les vi­vants et les morts. Il est ressuscité. A côté de cela mes misères comptent peu et moi "je suis vainqueur". Ce mot de saint Paul s'impose à moi tandis que je rumine ces choses. Mais il reste que tout cela est idiot."

Si je vous ai cité ce texte c'est pour manifester comment peut se perdre le sens de la vérité et de la liberté chrétienne avec "la meilleure intention du monde". Vous imaginez bien que Congar écrit ici n'écrit pas en libertaire, il ne soutient pas je ne sais quelle conception de la liberté de faire n'importe quoi dans l'Église. Il a vraiment en vue l'authentique liberté que donne l'évangile avec les risques réels qu'elle comporte à cause de notre condition de pécheurs. Vouloir épargner aux croyants le discernement et la reconnaissance lucide de sa liberté sous prétexte de sauver une certaine cohésion de la pensée écclésiale qui réduit tout rapport à la vérité à une attitude disci­plinaire, cela n'est pas acceptable ni de la part de ceux qui l'imposent ni de la part de ceux qui se le laissent imposer. Cet homme a compris cela et il a eu le cou­rage de le dire. Par bonheur, nous n'en sommes plus exactement à la même époque, mais cela nous a tous marqués. Et je crains qu'à certains moments quand on veut ouvrir les yeux, nous ayons encore quelques réflexes sécuritaires qui ne sont pas si lointains, et que nous jugions préférable d'ouvrir les yeux sur des ré­alités apparemment très spirituelles, très belles, très élevées peut-être, mais qu'une telle réaction nous dé­tourne de cette réalité que le Christ fit découvrir d'abord à l'aveugle-né quand il lui a ouvert les yeux : la grandeur divine de la liberté humaine que le Christ venait restaurer en lui.

P.S. Le fait que plus tard on ait "utilisé" la ré­flexion théologique du Père Congar dans un sens qui lui est étranger, précisément au moment où cela ne demandait plus aucune audace, et parfois même pou­vait assurer un succès médiatique assez facile, ne re­tire rien à son courage ni à sa profonde loyauté envers l'Église, ni à la lucidité de ses analyses.

 

 

AMEN

 
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