AU FIL DES HOMELIES

Photos

QUARANTE JOURS, SIX DIMANCHES DE CARÊME POUR RECONNAÎTRE LE VISAGE DU FILS DE DIEU

Is 42, 6-7+14-18 ; Ep 5, 8-14 ; Jn 9, 1-41
Quatrième dimanche de carême - année A (6 mars 2005)
Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

"Le tentateur s'approcha et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains". Et Jésus répondit au tentateur par l'Écriture, par la Parole. Premier dimanche de notre Carême liturgique.

"Et de la nuée, une voix disait : Celui-ci est mon Fils Bien-Aimé en qui j'ai mis tout mon amour. Ecoutez-le". La voix du Père s'est fait entendre, désignant le Fils. Dimanche de la Transfiguration, deuxième de notre Carême liturgique.

"La Samaritaine dit à Jésus : Seigneur, je vous que tu es un prophète. Je sais que le Messie doit venir, celui qu'on appelle Christ. Quand Il viendra, Il nous dévoilera tout. Jésus lui dit : c'est moi, celui qui te parle". La Samaritaine dit : "venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait, ne serait-Il pas le Christ ?" Les samaritains, un peu plus tard disaient à la femme : "Ce n'est pas sur tes dires que nous croyons, nous l'avons nous-mêmes entendu, et nous savons que c'est vraiment lui le Sauveur du monde". Dimanche de la Samaritaine, troisième dimanche de notre Carême liturgique.

"Le rencontrant, Jésus dit à l'aveugle de naissance : crois-tu au Fils de l'Homme ? Il répondit: Et qui est-il Seigneur, que je croie en lui ? Jésus lui dit : Tu le vois, c'est lui qui te parle. Alors, il déclara: Je crois Seigneur, et il se prosterna devant lui". Dimanche de l'aveugle-né, quatrième dimanche de notre Carême liturgique.

"Jésus dit à Marthe : Ton frère Lazare ressuscitera. - Je sais dit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection au dernier jour. Jésus lui dit : Moi, je suis la résurrection et la vie. Qui croit en moi même s'il meurt, vivra. Et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu ? – Elle lui dit : Oui Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde". Dimanche de la résurrection de Lazare, cinquième dimanche de notre Carême liturgique.

"Or, Jésus sur la croix, poussant de nouveau un grand cri rendit l'Esprit. Quant au centurion et aux hommes qui, avec lui, gardaient Jésus, à la vue du déisme et de ce qui se passait, ils furent saisis d'une grande frayeur, et dirent : vraiment, celui-ci était Fils de Dieu". Dimanche des Rameaux et de la Passion, sixième dimanche de notre Carême liturgique.

Le tentateur, depuis longtemps sait que Jésus est Fils de Dieu, il le dit, mais il le tente : prouve-le.

Depuis longtemps, le Père sait qui est son Fils, mais Il veut le faire savoir, Il veut le faire connaître, Il dit : "C'est mon Bien-Aimé. En lui j'ai mis tout mon amour."

Cela fait certainement longtemps que la Samaritaine va et vient entre sa ville et le puits, entre sa vie ordinaire et ses différents maris. Elle voulait voir un homme, et cet homme lui dit : "C'est moi celui qui te parle". Et d'autres hommes, à la suite de la Samaritaine, qui peut-être attendaient depuis longtemps disent : "nous croyons, nous confessons qu'Il est le Sauveur du monde".

Sur le bord du chemin, près du Temple, l'aveugle de naissance, depuis longtemps aurait aimé voir, lui aussi, quelque chose de ce monde, aurait aimé pas simplement écouter une voix, mais voir un homme. Il dit : "Qui est-il celui que je veux voir ?" Et in entend cette réponse : "Tu le vois, c'est moi qui te parle, je suis le Fils de l'Homme".

Cela fait longtemps que Marthe est une amie de Jésus. Cette amitié a marqué sa vie. Mais sa vie s'arrête aussi avec la mort de Lazare, son frère bien-aimé, et il est certainement difficile pour Marthe de dire quelque chose. Pourtant malgré la perte de l'être aimé, elle fait confiance à l'Ami, elle y croit : "Oui Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde".

Cela fait certainement longtemps que le centurion et que les hommes qui gardaient Jésus près de la croix avaient vu d'autres hommes mourir dans leurs guerres et dans leurs batailles. Jésus n'était pas le premier homme à mourir sur une croix dans l'empire romain. Pourtant, saisis de peur, ils se rendent compte que quelque chose s'est passé, qu'ils pressentaient peut-être depuis longtemps et qui se révèle. Ils ne peuvent que constater. Ont-ils la foi ? Dieu seul sait, mais ils disent : "Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu".

Quarante jours, un Carême. Six dimanches de Carême pour confesser le Christ, pour reconnaître le Fils de Dieu, pour percevoir le Fils de l'Homme, pour confesser le Sauveur du monde, pour proclamer le Bien-Aimé, l'amour répandu, pour constater la divinité d'un homme.

Quarante jours, six dimanches de Carême pour dire la foi, pour faire confiance, pour éprouver la fidélité.

Quarante jours, six dimanches de Carême, peut-être pour être tenté de poser cette question à Jésus : "Es-tu vraiment le Fils de Dieu ? Ne peux-tu pas changer quelques pierres en pains ?" Pour être peut-être dans une sorte de contemplation et de transfiguration, et se laisser saisir de l'intérieur dans la prière ou l'adoration par la plénitude de l'amour qui envahit le cœur de celui qui se prosterne devant Dieu.

Quarante jours, six dimanches de Carême, pour être peut-être comme la Samaritaine, nous rendant compte de tout ce que nous avons fait, de tous nos maris, et pourtant être si heureux de savoir ce que nous avons fait, car en somme, nous avons trouvé le Sauveur du monde, celui qui nous réconcilie.

Quarante jours, six dimanches de Carême pour être peut-être comme l'aveugle-né, aveugles depuis fort longtemps, mais aussi baptisés depuis fort longtemps, et découvrir dans tous les fils d'hommes le visage du Fils de l'Homme, le confesser et dire : "Je crois Seigneur".

Quarante jours, six dimanches de Carême, pour être peut-être comme Marthe, perdue dans la tristesse, perdue face à la mort de celui que l'on aime, mais comme Marthe, retrouvant confiance, comme Marthe, découvrir Jésus, l'Ami de tous les hommes, l'Ami de la Vie, l'Ami qui ressuscite, l'Ami qui est Christ qui vient dans le monde.

Quarante jours, six dimanches de Carême, peut-être pour se sentir tellement loin, aussi loin qu'un centurion ou des gardes qui n'avaient jamais entendu parler d'un Dieu d'amour et qui content au-delà de tout séisme, au-delà de toute croix, au-delà de toute souffrance, qu'il y a une présence, quelqu'un dont on put ire : "Vraiment, même dans cette croix, même dans ce séisme, il est le Fils de Dieu".

Frères et sœurs, peu importe que nous arrivions avec plutôt un visage façonné par le premier, ou le deuxième ou le sixième dimanche de Carême, peu importe le temps ou l'époque à laquelle nous arrivons. Peu importe si nous avons pris le train en route avec le premier dimanche de Carême, ou si nous n'y arriverons que lorsque tout s'est tu devant le silence de la croix. Le tout, c'est de se laisser interroger par Jésus : "Crois-tu au Fils de l'Homme ?" – "Et qui est-il Seigneur, pour que je croie ?" – "Tu le vois, c'est lui qui te parle".

 

AMEN

 

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public