AU FIL DES HOMELIES

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LE TÉMOIGNAGE DU PÈRE

Ex 16, 2-4+9-15 ; Jn 5, 31-47

Jeudi de la quatrième semaine de carême – C

(29 mars 2001)

Homélie du Frère Yves HABERT

 

J

e crois que c'est le dernier témoignage sur Jean le Baptiste, dans l'évangile de Jean. Peut-être est-il déjà mort ? c'est la dernière fois que Jésus en parle. Jean, c'est l'homme du désert, l'homme où cha­que parole compte, le désert, c'est le lieu où chaque arbre compte, où chaque goutte d'eau compte, où cha­que miette compte, c'est le lieu où tout se rassemble, où tout se concentre. Le désert est déjà profond dans le vieux testament, si profond qu'il a fallu quarante ans pour le traverser, mais quand la lumière du Christ monte le désert se fait encore plus profond et plus essentiel ? Chaque parole compte et il y a ce témoi­gnage de Jean. Et le Christ dit, encore que je ne relève pas du témoignage d'un homme.

Pourquoi le Christ ne relève-t-il pas du témoignage d'un homme? Parce qu'un homme ne peut donner que ce qu'il a, sa vie, ses mains pour travailler, son cœur pour aimer, sa voix pour chanter, tandis que le Christ relève d'un autre témoignage : le Christ relève du témoignage de Dieu, car seul Dieu peut donner ce qu'Il est Lui-même, seul Dieu peut donner la vie qu'Il est en Lui-même. Notre vie nous la recevons, nous pouvons la donner mais pas comme Dieu. Ce témoignage de Dieu, c'est le témoignage du Père. Ce chapitre cinquième de Jean, va développer toute l'œuvre du Fils et il présente, avant de parler de la multiplication des pains, dans le grand chapitre sixième du pain de Vie, celui-ci présente le Fils du Père, celui qui ne veut recevoir son témoignage que de son Père, celui qui fait les oeuvres du Père, celui qui veut que ses oeuvres soient comprises comme celles du Père, ou comme celles d'un homme faisant les oeuvres de son Père.

Tout le témoignage du Christ se ramasse dans le témoignage du Fils. Il veut être considéré comme le Fils. Il n'est pas d'abord venu nous apprendre de belles leçons de solidarité, Il n'est pas venu d'abord nous apprendre une espèce d'enseignement qui sera plaqué. Il n'est pas venu pour nous donner une leçon de morale, mais Il est venu nous révéler qu'Il était le Fils, Il est venu nous dire que son enseignement c'est celui du Père, que se comporter dans la vie morale, c'est ce comporter en Fils.

Alors, comment articuler cette relation que nous avons avec nos frères, et cette relation que nous avons avec le Fils ? Si jamais nous sommes fils dans le Fils à ce moment-là tout se résout, si nous sommes fils dans le Fils, nous devenons d'une façon surémi­nente les frères de nos frères et sœurs, nous devenons profondément les frères de chaque homme. Mais il faut d'abord passer par cette relation unique. Avec l'homme c'est toujours double. Ce matin, aux Laudes, la lecture nous présentait les deux fils d'Isaac, Esaü et Jacob, en Luc, chapitre quinzième, les deux fils le prodigue et l'aîné, Caïn et Abel, dans l'évangile en­core, deux volontés, y aller ou ne pas y aller. Mais avec Dieu, c'est toujours unique, ce Fils unique qui traduit notre relation unique que nous avons avec ce Fils, unique et en qui nous sommes frères de chaque homme.

Entrons dans ce désert et dans le témoignage qui en jaillit. Si notre carême était une façon de se comporter comme le Fils du Père, alors nous aurions tout gagné, parce que c'est précisément le Fils qui est ressuscité à Pâques, c'est toute cette part filiale de notre vie qui ressuscitera aussi à Pâques.

 

 

AMEN

 

 
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