AU FIL DES HOMELIES

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L’EUCHARISTIE, SOURCE DE VIE ÉTERNELLE

Ex 16, 2-4+9-15 ; Jn 5, 31-47

Jeudi de la quatrième semaine de carême – B

(30 mars 2006)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, pendant tout ce carême, nous vous l’avons déjà dit souvent, nous accompagnons les catéchumènes qui vont recevoir dans la nuit de Pâques, le sacrement du baptême. Et en accompagnant les catéchumènes, nous sommes invités à revivre notre propre baptême, le baptême que nous avons reçu pour beaucoup d’entre nous, il y a bien longtemps, pour quelques-uns de façon plus récente, ce baptême qui ne se limite pas au moment de la célébration, qui ne cesse de rejaillir en eau vive tout au long de notre existence chrétienne dont il est la source permanente.

C’est la raison pour laquelle le plus grand nombre des lectures que nous faisons pendant ces messes de carême nous parlent du baptême et nous invitent à scruter à travers le témoignage symbolique des Écritures, le sens de ce baptême. Beaucoup de ces lectures nous parlent de l’eau vive, cette eau promise à la samaritaine, cette eau qui ouvre les yeux de l’aveugle-né, et cette eau est bien entendu celle du baptême. Seulement n’oublions pas que l’initiation chrétienne, celle qui est reçue dans la nuit pascale par les catéchumènes, c’est non seulement le sacrement de l’eau, ce sacrement fondamental, base de toute notre vie, mais c’est aussi le sacrement de la confirmation qui achève le baptême, et c’est aussi le sacrement de l’eucharistie. Car cette eucharistie que nous recevons tout au long de notre vie chaque dimanche, pour certains d’entre nous, chaque jour, cette eucharistie s’est originée dans l’initiation chrétienne, dans le baptême. C’est au jour du baptême, ayant été vivifiés par cette eau de l’eau de l’Esprit Saint, que les néophytes, ceux qui viennent de naître, s’avancent vers l’autel du Seigneur pour prendre part à ce repas qui est le repas de la communauté chrétienne, dans laquelle ils viennent d’entrer par le baptême, à laquelle ils sont agrégés par la force de l’Esprit Saint.

En étant invités à revivre avec les catéchumènes qui s’y préparent, notre propre baptême, nous sommes invités aussi à nous ressourcer dans cette eucharistie à laquelle nous avons été conviés et à laquelle aujourd’hui encore, nous allons participer. C’est la raison pour laquelle nous lisions tout à l’heure ce passage de l’Exode où les enfants d’Israël dans le désert, assaillis par la faim, qui murmurent contre Moïse et contre Dieu, ces enfants d’Israël vont recevoir le signe de la manne. Cette manne dont l’Ancien Testament nous dira qu’elle est le pain des anges descendue du ciel. Cette manne dont Jésus surtout nous dira qu’elle n’est que la préparation et la figure de l’eucharistie. Quand Jésus a multiplié les pains, autre signe avant-coureur de l’eucharistie, toutes les foules le suivent, émerveillées. Jésus leur dit : vous me suivez parce que je vous ai donné le pain pour votre corps, et il vous a rassasié tout votre saoul, mais le vrai pain, le pain véritable, celui qui ne nourrit pas seulement le corps, mais aussi le cœur et l’âme, ce véritable pain qui descend du ciel, c’est même. "Vos pères ont mangé la manne dans le désert". Jésus le dit en toutes lettres, mais ce n’était qu’un signe et c’est pourquoi, ils sont morts quand même. Celui qui mangera ce pain, le pain nouveau, le pain vivant, vivra à jamais. La vie que ce pain inaugure en notre chair, en notre cœur, en notre âme, cette vie que figure ce pain, est une vie éternelle.

Oui, frères et sœurs, par l’eucharistie reçue depuis notre baptême, par cette eucharistie, repas de la communauté chrétienne, nous recevons en nous le germe de la vie éternelle. L’eucharistie, c’est la présence réelle du corps et du sang du Christ, du corps du Christ ressuscité, du sang du Christ assis à la droite du Père. Ce corps et ce sang que nous recevons dans le pain et le vin, c’est non pas un corps passible, un corps voué à la mort, c’est le corps du Christ qui a traversé la mort pour une vie sans fin. C’est pourquoi ce pain que nous mangeons, ce vin que nous buvons, sont en nous dès maintenant, dès aujourd’hui, le germe, l’inauguration, le commencement de cette vie qui n’aura pas de fin. C’est le principe de la résurrection de notre chair au dernier jour. D’eucharistie en eucharistie, comme le dit saint Irénée, notre corps s’accoutume à la vie, notre corps s’imprègne petit à petit de cette vie qui n’aura pas de fin. Et comme le dit encore saint Irénée, quand au dernier jour de notre vie terrestre, notre corps sera enfoui dans la terre, ce sera comme le grain de blé, pour que ce grain de blé renaisse en plate vivante pour une vie nouvelle. Notre corps enfoui dans la terre comme le grain de blé revivra comme ce grain de blé dans une plante, il revivra par la résurrection de la chair en vie éternelle. Une vie éternelle qui est celle tout à la fois de notre cœur, de notre âme, de notre esprit, de notre corps. Nous sommes tout entiers promis à la vie et c’est cela que nous venons chercher chaque jour, c’est cela que les catéchumènes vont recevoir pour la première fois dans la nuit de Pâques afin que désormais associés à ce repas de fête qui est celui de toute la communauté chrétienne, ils ne cessent avec chacun d’entre nous, de se nourrir de résurrection.

Frères et sœurs, que notre communion eucharistique ne perde pas de sa saveur en se répétant, au contraire, qu’elle s’approfondisse chaque jour, qu’elle donne une densité nouvelle à notre chair promise avec notre âme, à l’éternité.

 

 

AMEN

 

 

 
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