AU FIL DES HOMELIES

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CHEMIN DE FOI

Os 14, 2-10 ; Jn 4, 43-54

(23 mars 2009)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

Cana de Galilée

F

rères et soeurs, le texte que nous venons d'entendre dans l'évangile de saint Jean est fort intéressant, car il ne se contente pas de nous raconter une guérison opérée par Jésus, mais il nous fait suivre pas à pas l'évolution de la foi du père de cet enfant malade. Le fonctionnaire royal est venu demander à Jésus un miracle, et sa foi est à ce moment-là celle qui s'attend à des choses extraordinaires, qui en même temps n'est pas très sûre de ce qu'il demande, puisque Jésus va lui répondre : "Si vous ne voyez pas de signes et des prodiges alors vous ne croirez pas". Jésus semble déçu que la foi de cet homme ne s'attache qu'à des miracles et à des merveilles. Mais le fonctionnaire royal insiste : "Viens vite avant que mon enfant ne meure". Il pense donc que c'est la présence de Jésus, peut-être les gestes qu'il fera, peut-être qu'il touchera cet enfant avec sa main, qui pourra produire la guérison miraculeuse qu'il attend. 

       Jésus l'invite à aller plus loin. Il n'est pas nécessaire qu'il descende pour toucher l'enfant afin de le guérir, la parole suffit : "Va, ton fils vit". Il invite donc le fonctionnaire royal à creuser son attitude de foi, à ne pas s'attendre simplement à des merveilles, mais à croire que la parole de Jésus déjà suffit à guérir. 

       Le fonctionnaire royal avance dans la foi, il prend au sérieux cette parole de Jésus et sans avoir encore rien vu, il s'en va confiant. Jésus lui a dit : "Ton fils vit", il accorde créance à cette parole de Jésus. Et effectivement, tandis qu'il descend de Cana vers Capharnaüm qui est au bord de la mer de Galilée, des serviteurs viennent lui dire que son fils est vivant. Sa foi est encore fragile, parce qu'il a besoin d'une confirmation. Le fonctionnaire royal demande à ses serviteurs à quelle heure cela s'est produit pour pouvoir vérifier que c'est bien en accord avec les paroles de Jésus. Les serviteurs lui disent : "C'était hier, à la septième heure". Du coup, là, il croit vraiment, d'une certaine manière il a eu la preuve que la parole de Jésus est efficace et il croit, lui et toute sa maison. 

       L'intérêt de ce texte c'est de nous montrer que l'itinéraire de la foi n'est pas toujours très simple et que nous n'avons pas toujours une foi à transporter les montagnes qui nous permet de croire en Jésus de manière absolue. Nous avons souvent besoin de preuves, de signes, de prodiges, nous avons besoin de toutes sortes d'événements qui vont aider à confirmer notre foi. La miséricorde de Dieu est grande, et même si notre foi est encore bien fragile, Dieu y répond. 

       Nous avons d'ailleurs un texte un peu analogue dans l'évangile de saint Marc, où là aussi, un père vient demander à Jésus la guérison de son fils qui est atteint d'épilepsie. Le père dit : "Si tu peux quelque chose, viens à notre aide". Jésus lui répond : "Si tu peux ? Tout est possible si tu crois". Il l'invite ainsi à aller plus loin et le père répond : "Je crois, mais viens en aide à mon peu de foi". Jésus guérit l'enfant épileptique malgré la foi vacillante du père. 

       Approchons-nous avec confiance du Christ même si notre foi est encore fragile, même si elle n'est pas entièrement accrochée à la parole de Dieu telle quelle, le Seigneur aura pitié de nous. Il nous guérira. 

 

       AMEN


 

 

 
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