AU FIL DES HOMELIES

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LE PAIN DE DIEU

Ex 16, 2-4+9-15 ; Jn 6, 41-51

Lundi de la quatrième semaine de carême – A

(30 mars 1981)

Homélie du Frère Michel MORIN

D

ieu prend soin de nous, il désire que nous puissions vivre avec suffisamment de pain pour nourrir notre corps, avec suffisamment de vêtements pour ne pas avoir froid, avec une maison où nous soyons bien, avec des parents et des amis qui nous aident à vivre chaque jour. Et cela, c'est vrai qui que nous soyons, petit ou grand, jeune ou moins jeune, pauvre ou riche. Devant Dieu, il n'y a aucune différence car tous nous sommes enfants de Dieu, depuis que l'eau de la vie baptismale a coulé sur notre corps.

Mais Dieu veut bien plus que cela. Le soin qu'Il veut nous donner n'est pas simplement la nourriture du corps, tout ce que le pain symbolise dans notre vie aujourd'hui. Il veut nous donner une autre vie qui ne se voit pas, dont on ne peut pas dire : elle est ici, elle est là, en la montrant. Car c'est une vie qui est pour l'intérieur de notre cœur, et c'est une vie qui vient de l'intérieur du cœur de Dieu. Cette vie, c'est toujours par un pain qu'elle nous est donnée pour que nous puissions vraiment croire, pas simplement avec notre esprit, mais aussi avec nos yeux, avec nos mains, avec notre bouche, que nous puissions vraiment croire que Dieu nous donne cette vie.

Et Jésus nous l'a dit dans l'évangile d'aujourd'hui : "Le pain que je vous donne, c'est ma chair", Lui qui est Parole de Dieu. Nous chantions tout à l'heure : "L'homme ne vit pas seulement de pain mais de la Parole de Dieu". Or cette Parole de Dieu, pour que nous puissions en vivre s'est faite pain. Elle s'est faite chair dans le corps et le sang de Jésus-Christ. Si bien que, chaque fois que nous recevons ici dans l'Église, dans la maison des chrétiens ce pain et ce vin, c'est vraiment, de façon efficace la vie de Dieu qui se répand en nous, aussi bien et bien plus fortement que lorsque nous mangeons le pain ordinaire, la vie de notre corps tout entier.

C'est cela être chrétien, c'est cela vivre de Dieu. Nous connaissons beaucoup d'hommes d'aujourd'hui ou d'hier. Ne nommons simplement que Platon ou Marx, si vous voulez. Ces deux personnages qui ont marqué, qui marquent encore l'histoire ont eu une pensée, une certaine analyse de la société, ils ont proposé des modèles d'humanité ou de société. Mais ils sont morts, et, de plus en plus dans le passé. Et cependant, on peut très bien s'inspirer de leur philosophie. On peut très bien reprendre leur analyse. On peut très bien vouloir appliquer, construire l'idée de Dieu, de la société qu'ils ont voulue. Mais on ne peut pas vivre de Platon ou de Marx. Or, on vit de Jésus, parce que Jésus n'est pas une idée, parce qu'Il n'est pas une philosophie. Il n'est pas un projet quelconque sur l'homme ou la société : Il est un vivant.

C'est cela profondément qui marque, ce qui caractérise, ce qui donne le sceau à l'existence chrétienne. Et ce vivant jaillit dans notre cœur. Il n'est pas extérieur à nous. Il n'est pas au-dessus de nous. Il n'est pas à côté de nous, Il est en nous comme une source d'eau vive qui jaillit pour notre vie aujourd'hui et surtout pour la vie éternelle. Et cela nous est signifié, cela nous est donné chaque jour concrètement, au cœur de la messe, au cœur du mystère de la mort et de la résurrection du Christ, au cœur du mystère du vivant, lorsque nous prenons et mangeons simplement ce pain et ce vin en discernant le corps et le sang du Seigneur. C'est notre communion permanente et régulière avec Dieu qui est la source de notre véritable vie. C'est aussi cette communion permanente avec le cœur de Dieu qui est le secret de notre joie intérieure et du rayonnement que nous pouvons avoir sur ceux qui ne connaissent pas encore cette nourriture, sur ceux qui ne connaissent pas encore le goût profond de ce pain et de ce vin, ce goût de l'éternité qui déjà commence dans notre vie.

 

AMEN

 
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