AU FIL DES HOMELIES

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TON FILS VIT !

Os 14, 2-10 ; Jn 4, 43-54

Lundi de la quatrième semaine de carême – B

(11 mars 1991)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

C

e récit fait partie des "signes", des miracles que Jésus a accomplis pour que soit manifesté au monde "qui Il est" et qu'ainsi, Il apparaisse progressivement comme le Sauveur du monde. Ce "signe"est le second que Jésus a posé en Galilée, à son retour de Judée. Pourquoi ce détail ? Parce que le premier avait été posé à Cana "avant de monter à Jérusalem". Or si vous relisiez l'évangile de saint Jean, vous verriez que cet agencement des "signes" de Jésus est extrêmement subtil. Il y a des signes qui sont posés à Jérusalem, d'autres sont posés en Galilée. Les signes qui sont posés à Jérusalem lui attirent généra­lement des ennuis : c'est le cas de la discussion avec l'aveugle-né et ceux qui ont pris parti pour ou contre cette guérison, c'est surtout le cas de la résurrection de Lazare qui lui vaudra les plus grands ennuis car, à partir de là, Il devra se cacher. Tandis que les signes en Galilée sont d'une convivialité plus heureuse. Il s'agit de changer l'eau en vin pour la noce, cela n'a jamais attiré d'ennuis à personne, il s'agit de multiplier les pains, ce qui est également une fort bonne chose, et enfin ce signe galiléen puisqu'il est donné à Cana, de guérir le petit enfant d'un fonctionnaire royal de Capharnaüm.

Vous remarquerez, et c'est ce qu'on avait dit au début, que Jésus avait été bien accueilli par les galiléens. Pourquoi cela ? Parce que le ministère de Jésus en Galilée est comme le rayonnement de ce qu'Il fait à Jérusalem. Les galiléens avaient vu, à Jéru­salem, qui Il était. Et quand Jésus agit au milieu des galiléens, alors que normalement "nul n'est prophète en son pays", Il est accueilli car on reconnaît qu'Il est capable de faire des "signes", on ne conteste pas ces signes, au contraire, on lui en demande. C'est la raison pour laquelle, le fonctionnaire royal demande la gué­rison de son fils, parce que d'une certaine manière, avec tous les galiléens, Il a déjà "accueilli" Jésus comme Celui qui fait de grands signes. Simplement, la manière même dont Jésus accomplit le signe est légèrement différente.

Le fonctionnaire demande que son fils "soit guéri" ? Or Jésus répond : "ton fils vit". Ce n'est pas tout à fait la même chose. C'est sûr qu'être guéri c'est être vivant, mais dans la bouche de Jésus et dans l'évangile de saint Jean "ton fils vit" veut dire beau­coup plus que simplement "être vivant", beaucoup plus que d'avoir simplement recouvré l'intégrité phy­sique du fonctionnement du corps. "Ton fils vit !" veut dire en réalité que "ton fils qui était menacé par la mort reçoit déjà, par anticipation, les bienfaits de la résurrection". C'est pour cela que ce signe est si im­portant. A Cana, Jésus a posé deux grands signes : celui de l'eau changée en vin qui est la joie des noces, la joie de la rencontre de Dieu et de l'homme, à la fois l'Incarnation et la joie dans le Royaume, et le deuxième signe c'est le signe de la victoire sur la mort "Ton fils vit !" c'est-à-dire il vit par la puissance de la Résurrection de Celui-là même qui le guérit et qui est le Christ.

Vous remarquerez comment le fait que le fils soit à nouveau vivant, soit vivant de la vie même de Dieu, ce fait est générateur de l'annonce d'une bonne nouvelle. Les serviteurs n'attendent pas que le père rentre à la maison pour constater par lui-même que son fils est vivant. D'une certaine manière l'efficacité de la vie du Christ est si forte dans l'enfant que les serviteurs eux-mêmes, comme transportés de joie, vont annoncer la nouvelle. Là aussi on a une manière de dire, d'une façon anticipée, comment lorsque les disciples ont reconnu que le Christ était ressuscité, ils n'ont pas pu garder pour eux cette nouvelle, mais ils sont allés l'annoncer à tout le monde.

Qu'en relisant cet évangile, nous ayons nous-mêmes à cœur de redécouvrir à quel point la Parole du Seigneur est capable de nous faire véritablement vivre, de faire de nous pas simplement des hommes guéris de notre péché, ce qui est déjà une bien belle chose car en général ce n'est pas si facile que cela mais qu'elle fasse de nous véritablement des vivants, c'est-à-dire des ressuscités, des hommes et des fem­mes qui aujourd'hui sont remplis de la puissance même de la Parole de Dieu, qui ne la gardent pas dans leur cœur comme dans une sorte de congélateur, mais qui sont capables de l'annoncer a tous ceux qui ont besoin eux aussi d'être guéris et d'entendre cette pa­role "ton fils vit !"

 

 

AMEN

 

 
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