AU FIL DES HOMELIES

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REVIENS!

Os 14, 2-10 ; Jn 4, 43-54

(14 mars 1988)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Les Bassots : Le Père 

C

e texte d'Osée est un appel plein de tendresse, plein de douceur que Dieu adresse à son peuple. "Reviens ! Reviens vers Celui qui est ton Seigneur, ton Dieu ! Certes, tes fautes t'ont fait trébucher, mais reçois dans ton cœur ma parole. Reviens au Seigneur et dis lui : "Enlève toutes nos fautes et donne-nous le bonheur !"

Cet appel plein de douceur de Dieu à l'égard de son peuple c'est celui qui s'adresse à chacun d'entre nous. Notre vie est faite de beaucoup d'incertitudes, d'éloignements, de beaucoup de moments où nous ne pensons peut-être pas assez à la présence de Dieu dans notre vie, mais sans cesse Dieu nous appelle : "Reviens !" Inlassablement, Dieu nous demande de revenir à lui, à lui qui est notre Seigneur. Certes, nos fautes nous ont vu trébucher sans cesse sur ce chemin, mais revenons auprès de Dieu qui peut enlever toutes nos fautes, et surtout nous rendre le bonheur. Rien d'autre ne peut nous sauver. Aucune des choses humaines ne peut nous sauver. Osée dit : "La puissance de la Syrie, la puissance des chevaux, la puissance militaire ne pourra pas te sauver". Ce ne sont pas les dieux que tu te fabriques toi-même, tes certitudes, tes assurances, ton argent qui peuvent te sauver, mais c'est auprès de Dieu seul que celui qui est orphelin, celui qui dans son cœur est désemparé peut trouver la compassion et être guéri car Dieu nous aime de bon cœur.

       C'est donc auprès de Dieu, tout au long de notre vie, que nous sommes attendus, que nous sommes désirés. Car Dieu, comme un Père, ne cesse de nous appeler à lui, de nous demander de revenir vers lui ; Dieu ne cesse d'ouvrir son cœur de miséricorde et de compassion pour que nous puissions y trouver refuge et bonheur. Toute la vie de l'homme, c'est ce double mouvement d'un égarement sans cesse recommencé vers toutes sortes d'illusions, et puis cet appel de Dieu qui, inlassablement, veut nous ramener à Lui. Et quand nous célébrons les obsèques de l'un d'entre nous, c'est ce double mouvement qui trouve en quelque sorte son accomplissement. Comme chacun d'entre nous, celui que nous aimons a recherché son Seigneur, et à certains moments aussi, s'est éloigné ou égaré, mais sans cesse la parole de Dieu a retenti dans son cœur : "Reviens !" Moi seul, je peux te donner le bonheur, moi seul je peux enlever toute faute ! Rien ne peut te sauver que moi seul qui donne à chacun la compassion et la consolation."

       Dieu nous aime, Dieu nous aime avec infiniment de tendresse et de douceur. Il est, dit le prophète "comme une rosée", une rosée vivifiante, une source d'eau vive. Et il nous permet de fleurir, de donner du fruit. Il permet que nos racines s'enfoncent comme celles du peuplier. Il nous donne la magnificence de l'olivier et le parfum des arbres du Liban. Et nous pouvons revenir nous asseoir à son ombre car Il nous exauce et nous regarde. "Moi, je t'exauce, je te regarde !" Le regard de Dieu est sur nous, tout au long de notre vie. Non pas un regard qui juge mais un regard de père, un regard d'ami, un regard de compassion et de tendresse, un regard de désir, car Dieu désire que nous nous laissions toucher par lui et que nous revenions vers lui et qu'Il nous emmène avec lui et qu'Il nous donne le bonheur et cette rosée vivifiante.

       C'est pourquoi nous croyons de toutes nos forces que celui qui vient de nous quitter rencontre ce Dieu d'amour, ce Dieu de compassion, ce Dieu de tendresse, ce Dieu de pardon, qu'il rencontre ce Dieu qui toujours, pour lui comme pour chacun d'entre nous, a désiré le bonheur. Car nous sommes les enfants de Dieu, car celui qui vient de nous quitter est l'enfant de Dieu et Dieu, sans cesse, s'est penché sur lui avec le désir de lui donne toute sa tendresse et tout son amour. Et maintenant Il peut le recevoir près de Lui, dans ses bras, être pour lui cette rosée vivifiante, être pour lui le pardon et la douceur, et lui donner de s'asseoir à son ombre pour fructifier, pour fleurir, pour répandre le parfum d'une vie partagée dans la tendresse de Dieu.

       Ceci, Dieu le confie à notre foi. Nous n'avons pas d'évidences de cette présence de Dieu ; nous n'avons pas d'évidences de cette vie éternelle, mais comme au père de l'enfant malade de l'évangile, Dieu adresse à chacun de nous cette parole qui veut susciter notre foi. Non pas pour voir des prodiges, non pas pour voir des miracles ou des choses extraordinaires mais pour ouvrir en profondeur notre cœur à sa parole, Le reconnaître dans l'obscurité de la foi et avec cette force profonde que Dieu veut nous communiquer. Oui, Dieu peut nous relever comme Jésus a relevé le fils de ce fonctionnaire royal. Dieu peut nous relever et Il nous relèvera tous de la mort. Il relèvera celui qui est décédé parmi nous, comme chacun d'entre nous, pour une résurrection de joie. Et Dieu sera pleinement la rosée de nos cœurs et de nos âmes. Il nous donnera pleinement de produire du fruit et cette floraison de grâce qu'Il veut mettre en nos cœurs.

       C'est plus qu'une espérance, c'est la certitude de notre foi. Et quand l'un d'entre nous nous quitte, notre cœur est déchiré, notre cœur est brisé par la souffrance, mais en même temps, comme une petite lumière au milieu de la nuit, notre foi nous conduit vers cette certitude que Dieu est plus fort que la mort, que l'amour de Dieu est plus fort que toutes les fautes des hommes, que la rosée de Dieu est vivifiante et que, avec lui, nous sommes dans la vie, sur le chemin de la vie, que nous sommes pris à son ombre pour trouver vigueur, produire fleurs et fruits et vivre pleinement une vie d'abondance.

       Que cette pensée soit dans notre cœur en même temps que la souffrance et la douleur, non pas seulement comme une consolation mais comme une lumière, une certitude, une force, une vérité qui nous permet de vivre.

       AMEN


 

 

 
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