AU FIL DES HOMELIES

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LA FOI DOIT GRANDIR

Os 14, 2-10 ; Jn 4, 43-54

Lundi de la quatrième semaine de carême – C

(15 mars 2010)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Capharnaüm : Présence de l'occupant romain

 

F

rères et sœurs, comme l'évangile de l'aveugle de naissance que nous entendions hier, de la même manière l'évangile d'aujourd'hui est un évangile sur la foi. Dans les deux cas, nous assistons à toute une évolution, une lente maturation de cet acte de foi dans le cœur de l'homme concerné.

Dans le cas ce l'aveugle de naissance, cette maturation de la foi est avant tout causée par les réticences que l'aveugle trouve en face de lui pour reconnaître le miracle opéré par celui qui lui a ouvert les yeux. Ses parents se dérobent, les gens qui l'ont vu mendier auparavant hésitent à le reconnaître, les pharisiens lui font répéter plusieurs fois les événements, et quand les pharisiens veulent le jeter hors de la synagogue, hors de la communauté juive, la foi se révèle au cœur de cet homme et il leur dit : "Vous ne comprenez pas ? et pourtant, il m'a guéri !" Ensuite, il rencontre Jésus qui lui dit : "Crois-tu au Fils de l'Homme ?" Il se prosterne et dit : "je crois".

Nous avons donc là une maturation normale dans le cœur de cet aveugle de naissance qui n'avait rien demandé, qui n'avait évidemment rien vu quand Jésus s'était approché de lui, et ce qui est intéressant en particulier dans cette guérison de l'aveugle-né, c'est la grâce de Dieu qui, à travers les événements, travaille son cœur et l'amène à la reconnaissance plénière de la divinité de Jésus.

Aujourd'hui, avec ce fonctionnaire royal c'est un peu différent. L'évolution de la foi de ce païen, vient au fond du manque de foi du père de l'enfant malade. Dès le départ, il demande à Jésus de venir pour guérir son fils. C'est pourquoi Jésus s'exclame : "Vous n'aurez donc jamais la foi, car il vous faut des signes, des prodiges ?" ce que Jésus reproche au fonctionnaire royal c'est d'avoir besoin qu'il vienne en personne, physiquement, auprès de son fils pour qu'il puisse le guérir, ne comprenant pas que la puissance de guérison du Christ se rit des distances et du manque de contact et de présence. Quand le père insiste, alors Jésus le met en face du miracle : "Va, ton fils vit". A ce moment-là le fonctionnaire royal fait un premier pas en avant dans la foi. Il ne se contente plus de demander à Jésus de venir, il accepte que la parole de Jésus suffise à guérir son enfant et il s'en va selon ce que le Christ vient de lui dire.

Effectivement, son enfant est guéri et les serviteurs viennent le lui rapporter, et là encore, nous voyons que sa foi est encore chancelante. Quand ses serviteurs lui annoncent que son fils est guéri, au leu de se prosterner pour rendre grâces, il demande à quelle heure cela s'est passé, pour vérifier que c'est bien l'heure à laquelle le Christ lui avait dit : ton fils vit. Vous le voyez, cette foi est très imparfaite, elle a besoin de signes, de prodiges, et elle veut une vérification. Enfin, à ce moment-là, il est vaincu par les événements et il croit lui et toute sa famille.

Il est intéressant ainsi que l'évangile nous présente un cheminement dans la foi, une maturation de la foi. La plupart des miracles relatés dans l'évangile produisent une sorte de réaction instantanée : "si tu as la foi – Je crois". Ici, nous assistons à quelque chose de beaucoup plus délicat, de beaucoup plus prolongé et la foi et la foi est le fruit ou bien d'un lent travail de la grâce dans le cœur, ou bien d'une mise en face de plus en plus intense de la nécessité du mystère de Dieu. Que nous sachions demander à Dieu d'agir en notre cœur malgré toutes nos faiblesses, nos réticences et qu'il nous convertisse à la foi, c'est-à-dire à la présence lumineuse de son action et de sa vie.

 

 

AMEN

 

 

 
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