AU FIL DES HOMELIES

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PRENDS TON GRABAT

Gn 7, 1+4-5+10-23 ; Jn 5, 1-18

Mardi de la quatrième semaine de carême – C

(11 mars 1986)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

I

ls se marièrent et eurent beaucoup d'enfants". C'est ainsi que se finissent les bonnes histoires, du moins celles qu'on m'a racontées, et je pouvais ainsi m'endormir l'âme en paix quand j'étais enfant.

Curieusement l'évangile ne parle jamais comme ça et il y a, dans l'évangile un silence éton­nant, celui de la destinée de tous ces paralytiques, infirme, lépreux, boiteux que le Christ a guéris. Il n'est jamais rien dit d'eux après leur guérison et aucun d'eux n'est devenu un personnage important dans l'évangile, aucun d'eux n'est devenu un apôtre. On est un peu sur notre faim, et l'on ne sait rien de la fin de ces infirmes ou de tous ceux qui ont recouvré la vie ou la santé grâce à l'intervention du Christ.

Ce silence de l'évangile est quelque peu signi­ficatif et nous aide à comprendre le texte de ce jour. En effet, je pense que cette guérison ramène celui qui a été guéri à la pleine liberté. Et c'est un peu ce que veut dire ce grabat que Jean met tant de soin à souli­gner. Jésus dit précisément : "Lève-toi ! Prends ton grabat et marche !" C'est d'ailleurs sur ce fameux grabat que va se porter la dispute avec les juifs qui vont reprocher à l'infirme guéri de porter ce grabat le jour du sabbat. Et l'ancien infirme va répondre : "Celui qui m'a guéri m'a dit : "Prends ton grabat et marche!"

"Prends ton grabat !" c'est finalement se re­trouver dans la vie, avec cette liberté devant soi, avec toute cette possibilité de choisir ou de ne pas choisir de suivre le Christ. Et nous pouvons comprendre, pour nous-même, en ce temps de carême et de péni­tence, analogiquement, la guérison, le pardon que nous demandons à Dieu pour nos péchés ne va pas miraculeusement effacer toute notre liberté. Nous avons, nous aussi, à nous lever, à prendre notre gra­bat, c'est-à-dire cette croix, et à marcher. Et si l'évan­géliste tient vraiment à souligner autant ce grabat, et je pense que c'est bien révélateur de la croix qu'il faut porter à la suite du Christ, c'est parce qu'il veut dire que la guérison vient restaurer complètement la vie, avec la liberté. Le pardon, c'est vraiment le don de la vie. Nous nous retrouvons non pas comme au niveau zéro mais avec une plénitude de vie y compris la li­berté qui est dedans.

Ainsi c'est la vie même de Dieu qui est don­née, c'est-à-dire cette liberté d'enfants de Dieu. Et c'est ainsi que nous devons nous avancer pendant ce temps de carême en enfants confiants, joyeux, em­portant notre grabat.

 

AMEN

 

 

 
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