AU FIL DES HOMELIES

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LE PÈRE TRAVAILLE TOUJOURS

Gn 7, 1+4-5+10-23 ; Jn 5, 1-18

Mardi de la quatrième semaine de Carême – B

(4 avril 2000)

Homélie du Frère Yves HABERT

 

M

on Père travaille toujours". Même pendant la messe. Je vous propose une lecture un peu naïve de cet évangile. Je suis saisi de constater combien Jésus aime la compagnie de la foule, il aime la compagnie des impotents, des aveu­gles, des boiteux, de tous ceux qui se pressent, qui ont une envie folle de guérir, qui se pressent autour de l'eau. Mais il y a quelque chose qui me frappe aussi, c'est que contrairement aux synoptiques, où la pro­blématique revient très souvent : "Est-il permis de faire le bien, est-il permis de travailler le jour du sabbat ?" ici, c'est le seul miracle, c'est le seul signe de l'évangile saint Jean qui est accompli un jour de sabbat. C'est le seul, tous les autres, Cana, hier le fils du fonctionnaire royal, la multiplication des pains, l'aveugle-né, même si on le rappelle un peu, ce n'est pas précisément un jour de sabbat. Il y a comme une espèce d'articulation, et avec une lecture un peu naïve, on pourrait en partant de ce point qu'on a dégagé, voir comme une sorte de parallélisme entre les signes qui sont accomplis avant et les signes qui sont accomplis après. Avant, il y a Cana, le premier des signes, l'eau changée en vin, ensuite la guérison du fils du fonc­tionnaire royal, il y a aussi une samaritaine qui s'in­tercale entre les deux, et quand on voit les signes qui sont offerts après, il y a la multiplication des pains, toute une foule affamée, il y a la résurrection de La­zare, et au milieu, il y a une femme adultère. C'est comme si les chapitres se répondaient l'un à l'autre, comme si le vin multiplié appelait un jour la multipli­cation des pains, comme si la guérison du fils du fonctionnaire royal appelait le nouveau départ dans la vie de Lazare, comme si l'eau vive que cherchait la samaritaine trouvait à s'accomplir dans le pardon of­fert à la femme adultère. Il y a comme un effet de miroir.

Si saint Jean introduit ainsi la problématique du sabbat à ce moment-là, c'est peut-être pour dire que ce qui sera donné après ce signe, c'est-à-dire le Pain de Vie, le pardon de Dieu, et la Vie plus forte que la mort, c'est que tout cela sera signe dans le mystère de Pâques, sera signe dans ce grand sabbat de Dieu, quand un jour, après le déluge de la Passion, quand les eaux sont montées jusqu'au sommet du Golgotha, quand il n'y avait plus de place sur terre sinon quand le Fils avait tout récapitulé en Lui sur sa croix. Donc les eaux sont montées jusque-là, quand le cœur s'est ouvert, quand les eaux du déluge ont en­fermé la vie sous la terre, on se dit que là, après ce déluge, dans la mystère du tombeau, dans le mystère de la terre recouverte d'eau, il y avait le Père, qui tra­vaille toujours, même quand son Fils est sous terre. Et le Père qui travaille toujours dit à son Fils : "Lève-toi, prends ton grabat, cette condition mortelle que tu as choisie pour sauver les hommes, et marche, va main­tenant, consoler la Madeleine".

 

AMEN

 

 

 
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