AU FIL DES HOMELIES

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JESUS, PLEINEMENT DIEU ET FILS DE DIEU

 Is 49, 8-16 ; Jn 5, 31-47
Mercredi 9 mars 2016
Homélie du frère Daniel Bourgeois

 

 

F

 

rères et Sœurs, nous entrons maintenant dans ces passages souvent un peu difficiles de l’évangile de Jean, passages qui sont les éléments les plus profonds de la révélation, car il s’agit pour Jésus de dire qui il est. Vous le savez, quand on doit on doit enseigner ou révéler quelque chose, il faut en général avoir des diplômes. Ça ne veut pas dire que les gens les plus diplômés sont les meilleurs pédagogues (hélas en France, on en sait quelque chose), mais normalement, c’est une garantie que celui qui enseigne, celui qui révèle, celui qui apprend, peut dire qu’il a les capacités de révéler. C’est précisément ce que Jésus essaie de faire comprendre à son auditoire.

 

 

Quand Jésus commence à faire des gestes, des signes, des miracles, et qu’en plus il donne un enseignement, dans tous les évangiles mais plus spécialement dans saint Jean, il est immédiatement contesté. Ce qu’il dit ne plaît pas, paraît être blasphématoire, inaudible et mérite généralement au moins un jugement, un procès et peut-être une condamnation. C’est d’ailleurs ce qui se passera dans ce moment de l’histoire où Jésus ayant voulu jusqu’au bout assumer la tâche de la révélation, a fini par être rejeté et à mourir, pour des raisons assez obscures ayant trait au blasphème.

 

 

Ici, au chapitre 5 de l’évangile de Jean, Jésus commence à expliquer sur quoi est fondée sa capacité d’agir et d’enseigner. C’est là où nous touchons immédiatement le cœur de la révélation chrétienne. Jésus dit « Tout ce que je fais, je vois le père qui le fait et je ne fais que ce qu’il me demande de faire ». Et même chose pour la parole ou pour le jugement : ce qu’il dit ou ce qu’il juge, ce n’est pas lui qui en a l’initiative, c’est le père. Et c’est précisément ça tout le cœur de la révélation chrétienne. C’est parce que Jésus est dans une relation absolument unique, incomparable et d’une certaine manière pour nous inimaginable avec son père qu’il peut dire à propos de tout ce qu’il fait que ça vient, non pas de lui en tant que pure initiative, mais du cœur même de son père. Donc, tout ce qu’il va accomplir et réaliser pour nous, et dire et révéler, ce n’est pas lui qui le fait de son propre chef, de sa propre initiative, mais c’est parce que tout ce qui lui est donné de faire, lui est donné par son père. Pour nous les chrétiens, quand nous disons que Jésus est Dieu (et fondamentalement c’est le dogme de la Trinité), cela ne veut pas dire qu’il est Dieu qui a toute l’initiative, mais il est Dieu parce que quelqu’un en Dieu lui a donné d’être Dieu de tout éternité.

 

 

C’est ça être fils. Etre fils, ce n’est pas un processus de gestation, de génération, c’est le fait que tout ce que le fils fait est enraciné, voulu, suscité par l’amour du père qui lui donne de l’accomplir et de le réaliser. C’est pour ça que nous avons petit à petit, au fur et à mesure que nous avons pris conscience de l’importance de ces paroles de l’évangile de Jean et de l’enseignement de Jésus qu’on en est arrivé à cette proclamation du Dieu un et trois. C’est à dire Dieu est unique, le fils est Dieu comme le père. C’est le même Dieu, ils sont tous les trois, père, fils et saint Esprit, totalement et pleinement Dieu. Mais il y a Dieu en tant qu’il est source et Dieu en tant qu’il lui est donné d’être l’artisan et le réalisateur du Salut. C’est ça la filiation : avec un pouvoir divin, avec une nature divine, avec tous les éléments qui le constituent comme Dieu, Jésus agit cependant toujours comme Dieu, mais comme le père le lui demande.

 

 

Frères et sœurs, quand nous disons aujourd’hui que nous sommes fils de Dieu, c’est que nous essayons chacun à notre manière et selon la grâce qui nous est donnée, de réaliser cette filiation. Quand nous disons que nous sommes fils de Dieu, nous ne parlons pas d’un privilège d’initiative, de liberté, d’autonomie ou d’indépendance. Nous disons que ce que nous sommes nous a été donné par Dieu, et plus encore par Dieu le père par son fils. Et donc s’il nous est donné d’être fils comme le fils, ce n’est pas pour nous auto-exalter, nous auto-affirmer, mais c’est pour dire que tout ce que nous sommes, nous le devons à celui qui a voulu nous le donner par l’œuvre de son fils. Et c’est pour ça que dès le début, quand Jésus explique cela, la chose qu’il vise en priorité, c’est la résurrection. Car quand nous ressuscitons, ce n’est pas une filiation ou un résultat de nos efforts ou de nos mérites ou autre, c’est le fait qu’à ce moment-là la filiation qui a été inaugurée en nous par le baptême, par la grâce du Christ et par l’Esprit Saint, trouve à ce moment-là l’accomplissement. Et c’est là que Jésus dit qu’au moment du jugement, c’est lui qui viendra nous réveiller dans les tombeaux, c’est-à-dire nous communiquer la plénitude de cet état de fils de Dieu.

 

 

 
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