AU FIL DES HOMELIES

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LE DISCOURS DE LA VIE

Is 49, 8-16 ; Jn 5, 19-30

Mercredi de la quatrième semaine de carême – C

(1er avril 1992)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

N

ous sommes habitués, dans l'évangile selon saint Jean, à entendre des discours : le dis­cours du pain qui descend du ciel, le dis­cours de la lumière du monde, etc... Ici nous avons aussi un discours de Jésus à la foule, discours sur l'œuvre du Fils. J'aimerais plutôt baptiser ce discours comme le discours de la vie.

C'est en effet de la vie que le Seigneur Jésus nous parle. Ce terme de vie, de vivre, de vivant re­vient environ huit fois dans le passage que nous ve­nons d'écouter et il s'agit bien pour le Christ de nous faire remonter à la source de vie. Jésus ne parle pas de la vie comme nous nous l'entendons parfois. Il n'est pas un biologiste ou un généticien qui essaie de tra­quer la vie, Il ne cherche pas à dire comment la vie évolue, comment elle se manifeste en nous, mais plutôt d'où elle nous vient. Nous, lorsque nous parlons de la vie, nous parlons de ce qui nous est naturel, de notre vie de tous les jours de ce qui nous permet d'exister, de penser, d'agir ou d'aimer. C'est aussi la vie de relations, vie qui se manifeste par des actes. Mais le Christ ne s'arrête pas sur cette vie.

Il nous parle de la vie surnaturelle, une vie dont nous ne prenons pas souvent conscience. Il nous est plus facile de parler de la vie naturelle et nos actes tendent ou à protéger notre vie ou à la détruire. Cette vie est pourtant l'objet d'un des commandements : "Tu ne tueras point !" Mais il nous arrive de ne pas favo­riser toute la plénitude de cette vie naturelle. Et en même temps il ne nous est pas non plus aisé de favo­riser, de laisser s'épanouir en nous la vie surnaturelle. Ce n'est pas qu'il y ait antagonisme entre vie naturelle et surnaturelle, mais la vie surnaturelle peut connaître en nous un aspect négatif ou un aspect de mort. Bien souvent nous ne prenons pas soin de cette vie spiri­tuelle en nous, vie qui doit s'originer dans la vie du Père. Voilà la vie dont nous parle Jésus. Cette vie, Il la tient du Père et elle est faite "pour ressusciter les morts". Aussi, par deux fois dans ce discours, le Sei­gneur Jésus parle de ceux qui "ressusciteront des morts" parce qu'ils recevront la Parole de vie.

Voilà comment nous pouvons vivre de la vie de Dieu, en écoutant sa Parole. "En vérité, en vérité, Je vous le dis, celui qui écoute Ma Parole et croit à Celui qui M'a envoyé a la vie éternelle !" Et encore : "N'en soyez pas étonnés, elle vient l'heure où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront la voix du Fils de Dieu et sortiront. Ceux qui ont fait le bien pour une résurrection de vie." Donc pour nous, le moyen de vivre de cette vie même de Dieu, de ce qu'Il est venu nous apporter ne plénitude, c'est de vivre de sa Parole. Dieu nous donne sa Parole pour que nous en vivions. C'est la Parole du Verbe de vie, mais c'était déjà la Parole créatrice du livre de la Genèse. Quand Dieu parle, quand Dieu dit, cela existe, cela est créé et cela vit. Tandis que nous, hélas, nous vivons souvent de paroles condamnatrices dans un jugement, dans des paroles mortifères qui enferment l'autre dans un carcan, la Parole de Dieu au contraire est vivi­fiante, elle nous permet de vivre pleinement au-delà de nous-même.

Cette Parole vivifiante c'est bien celle du Verbe que nous écoutons quand nous lisons les évan­giles, quand nous essayons de suivre ce que le Sei­gneur nous dit tous les jours de notre vie. C'est aussi cette Parole faite chair qui se donne à travers le pain et le vin consacrés. Sachons pendant ce temps de ca­rême ou, justement, nous avons à faire en nous le partage entre l'accessoire, l'inutile et ce qui est pre­mier, fondamental, laisser toutes ces œuvres de mort, toutes ces œuvres de péché, toutes ces paroles inutiles pour nous ressourcer à la Parole de Dieu qui est Pa­role de vie. Ce carême doit nous conduire à la Résur­rection de Jésus, c'est-à-dire à être remplis de sa vie. C'est pourquoi nous pouvons nous poser cette ques­tion quand nous venons communier à la Parole, au corps et au sang du Christ : Sommes-nous vraiment des vivants ? Sommes-nous prêts à accueillir la vie dans notre vie de tous les jours ?

 

 

AMEN

 

 
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